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	<title>MedFilm PPRD - Contributions [fr]</title>
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		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T14:05:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un film durablement frappé par la censure&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans. Durant cette période, quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. A l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, s’ajoutent d&#039;autres raisons : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparu au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton cité en réf. dans la fiche Medfilm) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne, cité en réf. dans la fiche Medfilm). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let there be light&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947le remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; réalisé en 1947, oriente l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux soldats marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement embauchés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix de commentaire est éloquent sur ce point : la guerre a causé les troubles qui paralysent le psychisme des survivants. La caméra montre des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé. Dimitri Tiomkins y est crédité pour la musique ; Stanley Cortez pour la photographie ; Walter Huston (père de John Huston) pour la lecture du commentaire. Cf. HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
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		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T14:01:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un film durablement frappé par la censure&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans. Durant cette période, quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. A l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, s’ajoutent d&#039;autres raisons : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparu au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton cité en réf. dans la fiche Medfilm) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne, cité en réf. dans la fiche Medfilm). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let there be light&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947le remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; réalisé en 1947, oriente l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux soldats marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement embauchés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix de commentaire est éloquent sur ce point : la guerre a causé les troubles qui paralysent le psychisme des survivants. La caméra montre des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44809</id>
		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T14:00:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un film durablement frappé par la censure&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans. Durant cette période, quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. A l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, s’ajoutent d&#039;autres raisons : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparu au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton cité en réf. dans la fiche Medfilm) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne, cité en réf. dans la fiche Medfilm). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let there be light&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947le remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; réalisé en 1947, oriente l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux soldats marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement embauchés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix de commentaire est éloquent sur ce point : la guerre a causé les troubles qui paralysent le psychisme des survivants. La caméra montre des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44808</id>
		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T13:59:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un film durablement frappé par la censure&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans. Durant cette période, quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. A l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, s’ajoutent d&#039;autres raisons : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparu au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton cité en réf. dans la fiche Medfilm) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne, cité en réf. dans la fiche Medfilm). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let there be light&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947le remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; réalisé en 1947, oriente l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux soldats marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement embauchés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Préambule&#039;&#039; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix de commentaire est éloquent sur ce point : la guerre a causé les troubles qui paralysent le psychisme des survivants. La caméra montre des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans tous les cas, John Huston donne admirablement à voir ce qui sont les névroses de guerre, dont les premières études remontent aux nombreux cas cliniques entraînés par la Première Guerre mondiale et dont la psychiatrie moderne se saisit pour mettre au point de nouveaux traitements.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44807</id>
		<title>Let there be light</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44807"/>
		<updated>2025-08-26T13:58:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un remake conciliateur de &#039;&#039;Let there be light&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947le remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; réalisé en 1947, oriente l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux soldats marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement embauchés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Préambule&#039;&#039; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix de commentaire est éloquent sur ce point : la guerre a causé les troubles qui paralysent le psychisme des survivants. La caméra montre des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans tous les cas, John Huston donne admirablement à voir ce qui sont les névroses de guerre, dont les premières études remontent aux nombreux cas cliniques entraînés par la Première Guerre mondiale et dont la psychiatrie moderne se saisit pour mettre au point de nouveaux traitements.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44806</id>
		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T13:57:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
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|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Un remake conciliateur de &#039;&#039;Let there be light&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947le remake fictionnalisé de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; réalisé en 1947, oriente l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans. Durant cette période, quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. A l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, s’ajoutent d&#039;autres raisons : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparu au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton cité en réf. dans la fiche Medfilm) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne, cité en réf. dans la fiche Medfilm). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux soldats marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement embauchés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Préambule&#039;&#039; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix de commentaire est éloquent sur ce point : la guerre a causé les troubles qui paralysent le psychisme des survivants. La caméra montre des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans tous les cas, John Huston donne admirablement à voir ce qui sont les névroses de guerre, dont les premières études remontent aux nombreux cas cliniques entraînés par la Première Guerre mondiale et dont la psychiatrie moderne se saisit pour mettre au point de nouveaux traitements.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44805</id>
		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T13:56:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans. Durant cette période, quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. A l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, s’ajoutent d&#039;autres raisons : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparu au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton cité en réf. dans la fiche Medfilm) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne, cité en réf. dans la fiche Medfilm). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux soldats marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement embauchés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Préambule&#039;&#039; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix de commentaire est éloquent sur ce point : la guerre a causé les troubles qui paralysent le psychisme des survivants. La caméra montre des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans tous les cas, John Huston donne admirablement à voir ce qui sont les névroses de guerre, dont les premières études remontent aux nombreux cas cliniques entraînés par la Première Guerre mondiale et dont la psychiatrie moderne se saisit pour mettre au point de nouveaux traitements.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44804</id>
		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T13:51:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
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|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans. Durant cette période, quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. A l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, s’ajoutent d&#039;autres raisons : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparu au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton cité en réf. dans la fiche Medfilm) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne, cité en réf. dans la fiche Medfilm). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux soldats marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement embauchés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Préambule&#039;&#039; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix de commentaire est éloquent sur ce point : la guerre a causé les troubles qui paralysent le psychisme des survivants. La caméra montre des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce fait, l’existence de &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947 est sans doute l’explication la plus éloquente de la censure : entièrement fictionnalisé , le remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; révèle, moins une volonté de l’armée de corriger les controverses, que d’orienter l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’adaptation de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; montre finalement comment le médium du cinéma devient le véhicule idéal pour promouvoir l’idéologie de la psychiatrie américaine, laquelle se préoccupe davantage de diffuser par ce biais les intérêts politiques et institutionnels de la branche de diffuser, que de livrer un savoir médical .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut regretter que l’intention initiale de John Huston n’ait pas toujours été comprise puisqu’il ne s’agissait pas pour lui de montrer la psychiatrie sous l’angle d’une science magique qui guérit chaque patient atteint de &#039;&#039;shell-shock&#039;&#039;. Il a cherché surtout à indiquer la possibilité « d’ouvrir le chemin » vers un diagnostic et un traitement adaptés, et ce grâce au développement de méthodes psychothérapeutiques à même de traiter les blessures mentales. Le ton du film est d’ailleurs à la prudence (la guérison est progressive, dit-il), même si l’aspect « miraculeux » des thérapies a fini par occulter cette importante nuance : « &#039;&#039;the fact that he walks now does not mean that his neurosis has been cured - That will require time but the way has been opened for the therapy to follow&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans tous les cas, John Huston donne admirablement à voir ce qui sont les névroses de guerre, dont les premières études remontent aux nombreux cas cliniques entraînés par la Première Guerre mondiale et dont la psychiatrie moderne se saisit pour mettre au point de nouveaux traitements.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44803</id>
		<title>Let there be light</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44803"/>
		<updated>2025-08-26T13:44:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnelle est placée au cœur du récit, suscitant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans, durant lesquelles quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. Si l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, à celui-ci s’en ajoute d’autres : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparus au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux combattants marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement engagés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix over qui commente la séance d’accueil est éloquent sur ce point : la guerre est la vectrice des troubles qui paralysent le psychisme des survivants, la caméra montrant des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce fait, l’existence de &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947 est sans doute l’explication la plus éloquente de la censure : entièrement fictionnalisé , le remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; révèle, moins une volonté de l’armée de corriger les controverses, que d’orienter l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’adaptation de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; montre finalement comment le médium du cinéma devient le véhicule idéal pour promouvoir l’idéologie de la psychiatrie américaine, laquelle se préoccupe davantage de diffuser par ce biais les intérêts politiques et institutionnels de la branche de diffuser, que de livrer un savoir médical .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut regretter que l’intention initiale de John Huston n’ait pas toujours été comprise puisqu’il ne s’agissait pas pour lui de montrer la psychiatrie sous l’angle d’une science magique qui guérit chaque patient atteint de &#039;&#039;shell-shock&#039;&#039;. Il a cherché surtout à indiquer la possibilité « d’ouvrir le chemin » vers un diagnostic et un traitement adaptés, et ce grâce au développement de méthodes psychothérapeutiques à même de traiter les blessures mentales. Le ton du film est d’ailleurs à la prudence (la guérison est progressive, dit-il), même si l’aspect « miraculeux » des thérapies a fini par occulter cette importante nuance : « &#039;&#039;the fact that he walks now does not mean that his neurosis has been cured - That will require time but the way has been opened for the therapy to follow&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans tous les cas, John Huston donne admirablement à voir ce qui sont les névroses de guerre, dont les premières études remontent aux nombreux cas cliniques entraînés par la Première Guerre mondiale et dont la psychiatrie moderne se saisit pour mettre au point de nouveaux traitements.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44802</id>
		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T13:43:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;Production du film&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La prise en charge psychiatrique en 1946&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnele est placée au cœur du récit, renforçant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans, durant lesquelles quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. Si l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, à celui-ci s’en ajoute d’autres : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparus au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux combattants marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement engagés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix over qui commente la séance d’accueil est éloquent sur ce point : la guerre est la vectrice des troubles qui paralysent le psychisme des survivants, la caméra montrant des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce fait, l’existence de &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947 est sans doute l’explication la plus éloquente de la censure : entièrement fictionnalisé , le remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; révèle, moins une volonté de l’armée de corriger les controverses, que d’orienter l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’adaptation de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; montre finalement comment le médium du cinéma devient le véhicule idéal pour promouvoir l’idéologie de la psychiatrie américaine, laquelle se préoccupe davantage de diffuser par ce biais les intérêts politiques et institutionnels de la branche de diffuser, que de livrer un savoir médical .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut regretter que l’intention initiale de John Huston n’ait pas toujours été comprise puisqu’il ne s’agissait pas pour lui de montrer la psychiatrie sous l’angle d’une science magique qui guérit chaque patient atteint de &#039;&#039;shell-shock&#039;&#039;. Il a cherché surtout à indiquer la possibilité « d’ouvrir le chemin » vers un diagnostic et un traitement adaptés, et ce grâce au développement de méthodes psychothérapeutiques à même de traiter les blessures mentales. Le ton du film est d’ailleurs à la prudence (la guérison est progressive, dit-il), même si l’aspect « miraculeux » des thérapies a fini par occulter cette importante nuance : « &#039;&#039;the fact that he walks now does not mean that his neurosis has been cured - That will require time but the way has been opened for the therapy to follow&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans tous les cas, John Huston donne admirablement à voir ce qui sont les névroses de guerre, dont les premières études remontent aux nombreux cas cliniques entraînés par la Première Guerre mondiale et dont la psychiatrie moderne se saisit pour mettre au point de nouveaux traitements.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Let_there_be_light&amp;diff=44801</id>
		<title>Let there be light</title>
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		<updated>2025-08-26T13:40:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Let there be light&lt;br /&gt;
|anneeProd=1946&lt;br /&gt;
|formatFilm=35 mm&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=John Huston&lt;br /&gt;
|paysProd=États-Unis&lt;br /&gt;
|languesOrigine=en&lt;br /&gt;
|archives=United States National Library of Medicine&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|duree=58&lt;br /&gt;
|Clé de tri=Let there be light&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Validée&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Audrey Beeler&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-1&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses »  ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « &#039;&#039;Environ 20% de tous les blessés au combat dans l&#039;armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l&#039;hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n&#039;est pas à attendre lorsqu&#039;il s&#039;agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. &#039;&#039;&#039;Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film fait partie d&#039;un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la &#039;&#039;Navy&#039;&#039; ou d&#039;autres divisions de l&#039;armée américaine dans les années 1940 et 1950.&lt;br /&gt;
Ce corpus comprend :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Exhaustion]] (1943)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Introduction To Combat Fatigue]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The Inside Story]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[The_N.P._Patient]] (1944)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Irritability]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Insomnia]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Assignment Home]] (1945)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Fatigue Psychosomatic Disorders]] (1946)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Shades of grey]] (1948)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer]] (1954)&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist]] (1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : &#039;&#039;Report from the Aleutians&#039;&#039; en 1943, &#039;&#039;The Battle of San Pietro&#039;&#039; en 1945, ainsi que &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; en 1946.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix de commentaire ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnele est placée au cœur du récit, renforçant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Il n&#039;a jamais été diffusé car il a été censuré par l&#039;armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première projection de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; a lieu dans le cadre privé de l’armée au Pentagone, séance à laquelle John Huston n’assiste pas. S’ensuit de nombreuses controverses au sein des autorités militaires, certains accusant le long métrage de faire de la propagande pacifiste, en cherchant, entre autres, à décourager de potentielles nouvelles recrues. L’armée choisit d’annuler l’avant-première publique initialement planifiée au Musée d’Art Moderne de New York et interdit ensuite toute exploitation publique du film de John Huston . Malgré les protestations pour lever l’interdiction de diffusion du film, la censure durera trente-cinq ans, durant lesquelles quelques rares projections privées seront données devant des associations de santé mentale , toujours dans le cadre strictement privé de l’armée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons d’une telle censure restent encore aujourd’hui sujet à discussion, d’autant plus que John Huston répond parfaitement à la commande qui consistait à faire un film de propagande au bénéfice de l’armée. Si l’effet potentiellement démoralisateur sur les futures recrues est un argument récurrent dans la littérature critique et académique, à celui-ci s’en ajoute d’autres : l’armée aurait voulu préserver l’identité des personnes filmées, alors que Huston avait obtenu d’elles leur accord signé (mais ces documents semblent avoir mystérieusement disparus au moment où le cinéaste se défend d’avoir commis une faute éthique) (voir Edgerton) ; le film mettrait trop frontalement en question le mythe du soldat américain, fort et viril ; il développerait un discours contradictoire, partagé entre célébration de la psychiatrie moderne et mise en évidence de la fragilité des soldats, entre efficacité d’une cure-éclair de huit semaines et insistance sur la longévité nécessaire du processus de guérison (voir Köhne). Selon Richard Ledes, les choses sont encore plus complexes : la conception essentiellement psychique du trauma défendue par le film – qui se réfère à la théorie freudienne selon laquelle, derrière une névrose de guerre se cache un trauma personnel plus profond, lié à la vie affective et sexuelle – ne correspond pas au modèle de trauma que la nouvelle psychiatrie psychanalytique souhaite promouvoir après la guerre. Soucieux d’acclimater les préceptes psychanalytiques à la culture américaine d’après-guerre, les psychiatres américains défendent une conception sociale et environnementale des troubles psychiques. Leur pragmatisme les pousse en effet à mettre l’accent davantage sur les causes extérieures du trauma que sur les conflits psychiques internes à l’individu, l’enjeu consistant à maintenir le paradigme de l’intégration, de la réconciliation et de l’adaptation sociale qui sera au cœur de la psychologie du moi des années 1950.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Communications et événements associés au film={{HTCom&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film a fait partie de la sélection &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039; du Festival de Cannes en 1981.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu avant la censure, l’armée américaine autorise l’utilisation des plans du film en guise d’illustrations pour un article traitant du syndrome « d’épuisement au combat »  paru dans la revue &#039;&#039;Life Magazine&#039;&#039;, le 29 septembre 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début 1947, compte tenu les controverses suscitées par la décision de censure, l’armée américaine passe commande, auprès du cinéaste Joseph Henabery, d’un remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; basé en grande partie sur les dialogues et les situations du documentaire original, mais entièrement joué par des acteurs. Sorti en 1948, le long métrage intitulé &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; traite toujours du sujet des psychonévroses, mais selon une perspective idéaliste qui sauvegarde l’intégrité du mythe du « guerrier ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1962, l’anthologie du film de guerre et de paix de Robert Hugues obtient également la permission de publier des images du film, malgré l’interdiction de toute diffusion publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de plusieurs personnalités d’Hollywood , la censure est levée en 1980 et la toute première projection publique du film a lieu le 16 janvier 1981, au théâtre Talia à New-York. La même année, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; est présenté au Festival de Cannes dans la section spéciale &#039;&#039;Un certain regard&#039;&#039;. Cette dernière permet de mettre en lumière un cinéma moins conventionnel que celui sélectionné dans la section officielle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Le ministère des affaires militaires aspire à éduquer le grand public américain vis-à-vis de la réalité des psychonévroses de guerre, en ciblant tout particulièrement les industries : l’armée souhaitait en effet démontrer aux employeurs que les soldats blessés psychiquement peuvent réintégrer la vie civile en ayant suivi un traitement psychothérapeutique adapté et rendu possible par la psychiatrie moderne . L’inquiétude remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque l’on constate que de nombreux combattants marqués psychiquement par les combats, sont très difficilement engagés, et ce en raison d’une méconnaissance de la névrose réduite souvent à un état dépressif ou à une instabilité .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Dès les premières minutes du film, John Huston ne fait aucun éloge de l’art de la guerre et des forces armées malgré la victoire des alliés, concentrant son regard sur des hommes meurtris par des horreurs contre lesquelles personne n’est naturellement préparé. Le discours de la voix over qui commente la séance d’accueil est éloquent sur ce point : la guerre est la vectrice des troubles qui paralysent le psychisme des survivants, la caméra montrant des vétérans la tête baissée, le visage sans expression et le regard perdu (« born and bred in peace, educated to hate war, they were overnight plunged into sudden and terrible situations. Every man has his breaking point »). Ce regard empathique permet non seulement une identification au soldat, mais aussi une remise en question de l’image traditionnelle du guerrier vaillant et victorieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce fait, l’existence de &#039;&#039;Shades of Grey&#039;&#039; réalisé en 1947 est sans doute l’explication la plus éloquente de la censure : entièrement fictionnalisé , le remake de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; révèle, moins une volonté de l’armée de corriger les controverses, que d’orienter l’opinion publique vers une image plus flatteuse du soldat fragilisé par la guerre. Il s’agit donc de défendre des valeurs patriotiques, des intérêts politiques , ainsi que la réputation de l’armée dont l’héroïsme doit rester intact aux yeux des civils . &#039;&#039;Shade Of Grey&#039;&#039; s’emploie en effet à alimenter le mythe du guerrier à l’esprit indestructible, en présentant le champ de bataille comme un simple stimulus réveillant des peurs inhérentes à chaque homme. Le soldat traumatisé n’a plus alors qu’à s’en remettre au psychiatre qui bénéficie d’un pouvoir magique de guérison, ce qui permet au passage de mettre en exergue le caractère passager et remédiable de la névrose de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’adaptation de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; montre finalement comment le médium du cinéma devient le véhicule idéal pour promouvoir l’idéologie de la psychiatrie américaine, laquelle se préoccupe davantage de diffuser par ce biais les intérêts politiques et institutionnels de la branche de diffuser, que de livrer un savoir médical .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut regretter que l’intention initiale de John Huston n’ait pas toujours été comprise puisqu’il ne s’agissait pas pour lui de montrer la psychiatrie sous l’angle d’une science magique qui guérit chaque patient atteint de &#039;&#039;shell-shock&#039;&#039;. Il a cherché surtout à indiquer la possibilité « d’ouvrir le chemin » vers un diagnostic et un traitement adaptés, et ce grâce au développement de méthodes psychothérapeutiques à même de traiter les blessures mentales. Le ton du film est d’ailleurs à la prudence (la guérison est progressive, dit-il), même si l’aspect « miraculeux » des thérapies a fini par occulter cette importante nuance : « &#039;&#039;the fact that he walks now does not mean that his neurosis has been cured - That will require time but the way has been opened for the therapy to follow&#039;&#039; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans tous les cas, John Huston donne admirablement à voir ce qui sont les névroses de guerre, dont les premières études remontent aux nombreux cas cliniques entraînés par la Première Guerre mondiale et dont la psychiatrie moderne se saisit pour mettre au point de nouveaux traitements.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Notes complémentaires={{HTNotes&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=En 2006, La &#039;&#039;National Film Preservation Foundation&#039;&#039; procède à une importante restauration visuelle et sonore de &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;. En 2012, le film est entièrement remasterisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Musique&#039;&#039;&#039; : Dimitri Tiomkins&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Photo&#039;&#039;&#039; : Stanley Cortez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Voix off&#039;&#039;&#039; : Walter Huston (père de John Huston)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Sources&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HAMMEN, Scott, « At war with the army : John Huston made a great war trilogy. Now if we could just see it », &#039;&#039;Film Comment&#039;&#039;, vol. 16, no2, mars-avril 1980, pp.19-23.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948)&#039;&#039; in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Lowy Vincent &amp;amp; Cantor David, &#039;&#039;Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s&#039;&#039; in &#039;&#039;Health Education Films in the Twentieth Century&#039;&#039;, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C. A. Morgan III, &#039;&#039;From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue&#039;&#039; (1945-1948), in &#039;&#039;Signs of life, Cinema and Medicine&#039;&#039;, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005, pp. ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CROCQ, Louis, « La culpabilité du soldat occidental », &#039;&#039;Revue des Deux Mondes&#039;&#039;, mars 2011, pp. 129-148 [en ligne] :  https://www.jstor.org/stable/44193025?seq=1#metadata_info_tab_contents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EDGERTON, Gary, « Revisiting the Recordings of Wars Past: Remembering the Documentary Trilogy of John Huston », in Gaylyn Studlar &amp;amp; David Desser (dir.), &#039;&#039;Reflections in a Male Eye. John Huston and the American Experience&#039;&#039;, Washington-Londres, Smithsonian, 1999, pp. 33-61.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
KÖHNE, Julia Barbara, « Gegenläufige Erzählungen. Filmische Verfertigung individualer und kollektiver Heilung und ihre Subversion – LET THERE BE LIGHT (1945/6) von John Huston », &#039;&#039;Medizinhistorisches Journal&#039;&#039;, vol. 52, n°2/3, 2017, pp. 180-218.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEDES, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;: John Huston’s Film and the concept of trauma in the United Sates after WWII », conférence donnée. Le 13 novembre 1998 dans le cadre de l’association psychanalytique &#039;&#039;Après-coup&#039;&#039; [pdf en ligne].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LOWE, Bryce, &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039;, Library of Congress, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MCBRIDE, Joseph, « Casualties of the Spirit: Liberating John Huston’s &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946)  », Brightlightfilms, 11 juin 2017 [en ligne] : &lt;br /&gt;
https://brightlightsfilm.com/casualties-spirit-liberating-let-there-be-light-john-huston-1946/?__cf_chl_captcha_tk__=pmd_h7JxQR9nOsM2bdylZjGATmfYecInUVm.opvHeRLcRW8-1635260395-0-gqNtZGzNA5CjcnBszQel#.YX gYAJrP02w&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMMON, Scott, « &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; (1946) et its Restoration », &#039;&#039;Filmpreservation&#039;&#039;, 2012 [en ligne], URL : https://www.filmpreservation.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.egora.fr/actus-pro/societe/nevrose-de-guerre-et-fatigue-de-combat-la-face-cachee-du-debarquement-en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans [https://www.youtube.com/watch?v=GDIWjlqauNk l&#039;épisode du 22 juillet 2025 du podcast That Was Us], l&#039;acteur Griffin Dunne explique qu&#039;il a regardé le film &#039;&#039;Let There Be Light&#039;&#039; pour se préparer à jouer le rôle de Nicky Pearson, un vétéran de la guerre du Vietnam qui souffre du syndrome de stress post-traumatique dans la série [https://www.imdb.com/fr/title/tt5555260/ This Is Us]. (Consulté le 30 juillet 2030.)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-001@616-003@616-009@616-01@616-07@616-08@616.89&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=L%27histoire_de_Marius_:_un_enfant_diff%C3%A9rent&amp;diff=44800</id>
		<title>L&#039;histoire de Marius : un enfant différent</title>
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		<updated>2025-08-26T13:37:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=L&#039;histoire de Marius : un enfant différent&lt;br /&gt;
|serie=Les documents santé&lt;br /&gt;
|anneeDiff=2003&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Couleur&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jean Crepu&lt;br /&gt;
|paysProd=France&lt;br /&gt;
|languesOrigine=fr&lt;br /&gt;
|stesProd=France 2; Image et Compagnie&lt;br /&gt;
|archives=INA&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|intervenants=Dominique Morcrette&lt;br /&gt;
|duree=39&lt;br /&gt;
|Vidéo sur FTP=l_histoire_de_marius_un_enfant_diff_rent&lt;br /&gt;
|Audience=Nationale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Ébauche&lt;br /&gt;
|diffusion=Télévision&lt;br /&gt;
|avertissements=Standard&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Non&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Non&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Non&lt;br /&gt;
|Animateur=Non&lt;br /&gt;
|Voix off=Oui&lt;br /&gt;
|Interview=Oui&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Oui&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Elena Dreyer; Charlotte Gauran; Emma Palanque; Élisabeth Fuchs&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-11&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Reportage réalisé par Jean Crepu en 2003, avec la participation de médecins, neurologues, orthophonistes et enseignants, qui aborde une maladie rare chez un jeune garçon : la dysphasie phonologico-syntaxique et qui dévoile les difficultés pour son entourage à le maintenir en milieu ordinaire et à trouver l’aide paramédicale nécessaire pour remédier au trouble de l’enfant.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Générique principal={{HTGén&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=(Générique de début)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une production IMAGE &amp;amp; COMPAGNIE Avec la participation de FRANCE 2 / L’histoire de Marius un enfant différent / Un film de Jean CREPU&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Générique de fin)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisation Jean CREPU / Montage Liliane LIFCHITZ / Image Jean CREPU / Son Patrick IMBERT Olivier CABANIS / Musique Originale Benoît PIMONT / Mixage Alain CHASSANG Carine CHAMPAGNE / Conformation Nino DIFONZO / Synthétiseur Sacha SUBASIC / Direction de Production Philippe NICOLAS / Assistante de Production Amélie JUAN / Administration de Production Marie-Josée LAUZANNE / Produit pour Image &amp;amp; Compagnie par Frank DAVID / Producteur Délégué Serge MOATI / Une production Image &amp;amp; Compagnie Avec la participation de France 2 / Avec la participation du Centre National de la Cinématographie / copyright 2003 IMAGE &amp;amp; COMPAGNIE / Unité de Programmes Documentaires Yves JEANNEAU Caroline GLORION / Administrateur de Production Anh ROQUET / Atelier de Production Clotilde BESLON / Remerciements Serge OUSTIAKINE Sarah PÉNICHON Dr Jean-Pierre LASSERE Claude DRONNE Noëlle KHODJA Dominique MORCRETTE Luc CHAPELAIN Brigitte Le BRIS / Ministère de l’Education Nationale Inspection académique de Haute Garonne Ecole primaire des Capucins de Cazères Inspection académique des Yvelines Ecole primaire de Bennecourt AAD – Association Avenir Dysphasie&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&amp;quot;Documentaire consacré au combat que mène la mère de Marius, un petit garçon atteint de dysphasie, pour son intégration à l&#039;école primaire. Interview fil rouge entrecoupée par des séquences du quotidien de Marius, en famille ou à l&#039;école.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;histoire de Marius débute par trois mots barbares prononcés par un neurologue alors qu&#039;il a tout juste cinq ans : &amp;quot;Dysphasie phonologico-syntaxique&amp;quot;. Trois mots pour désigner un handicap rare : bien que ne présentant aucun déficit auditif ni intellectuel, Marius éprouve d&#039;immenses difficultés dans l&#039;apprentissage et dans l&#039;usage de la parole. Victime d&#039;une grave maladie à sa naissance, en 1995, il a pourtant grandi presque normalement. Il s&#039;est mis à marcher, à jouer, à comprendre les mots des adultes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pas à parler. Le trouble qui l&#039;atteint reste en partie mystérieux pour les chercheurs même s&#039;ils estiment que des facteurs d&#039;ordre génétique ou neurobiologique pourraient en être à l&#039;origine. Passé le choc et la prise de conscience du handicap, la question de la scolarisation de l&#039;enfant est rapidement devenue une priorité pour ses parents : école &amp;quot;ordinaire&amp;quot; ou institut spécialisé ? Pour Sophie, sa mère, la réponse est apparue évidente : &amp;quot;Je veux que mon enfant puisse être scolarisé à l&#039;école publique, qu&#039;il ait droit à cette &amp;quot;école pour tous&amp;quot;. Je me battrai pour que ça se fasse dans de bonnes conditions&amp;quot;. Avec les professeurs et les thérapeutes, elle a donc signé un &amp;quot;contrat d&#039;intégration scolaire&amp;quot;, de manière à coordonner les actions autour de l&#039;enfant. Mais le combat est difficile, forcément difficile. L&#039;attention que requiert cet enfant dont les acquisitions sont beaucoup plus lentes que la moyenne nécessite un temps et une formation que les professeurs n&#039;ont pas toujours. L&#039;intervention de précepteurs extérieurs à la classe est circonscrite au strict minimum, faute de moyens. Les spécialistes que doit régulièrement consulter Marius exercent à des kilomètres... C&#039;est cette lutte incessante qu&#039;a décidé de filmer le réalisateur Jean Crépu : &amp;quot;Marius fréquentait la même école que mes enfants. J&#039;ai appris à le connaître, à deviner dans ses yeux pétillants toute la malice qu&#039;il ne pouvait exprimer par des mots. Peu après, ce sont ses parents que j&#039;ai commencé à découvrir. Des parents combatifs qui, comme tous les parents du monde, voulaient le meilleur pour leurs enfants. Le combat de Sophie, sa ténacité, son dynamisme, m&#039;a semblé une merveilleuse leçon de vie&amp;quot;.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;[Source : InaMediaPro]&#039;&#039;&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;&#039;Évolution de la notion de dysphasie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Autrefois appelée &amp;quot;aphasie congénitale&amp;quot; par Léon Vaisse, directeur de l&#039;institut national des jeunes sourds-muets de Paris, puis &amp;quot;audimutité&amp;quot; par [[Pers:Julian_de_Ajuriaguerra|Julian de Ajuriaguerra]] en 1958, la dysphasie doit également son nom  à [[Pers:Julian_de_Ajuriaguerra|Julian de Ajuriaguerra]]. Dans son Manuel de psychiatrie de l&#039;enfant publié en 1970, il décrit les enfants dysphasiques de la façon suivante : &amp;quot;Il s&#039;agit d&#039;enfants présentant un trouble de l&#039;intégration du langage sans insuffisance sensorielle ou phonatoire, qui peuvent, quoique avec difficulté, communiquer verbalement et dont le niveau mental est considéré comme normal. Les désordres présentés par ces dysphasiques se caractérisent par un trouble de la réception et de l&#039;analyse du matériel auditivo-verbal, des désordres dans l&#039;agencement des éléments syntaxiques constituants du récit et des difficultés dans les mises en relation lexicales, le vocabulaire lui-même n&#039;étant pas un critère suffisant. Il y a une homogénéité relative du déficit entre compréhension-réalisation-support-sémantique. Ainsi, la compréhension verbale des dysphasiques n&#039;est quasiment jamais normale, et ils présentent tous des troubles de la parole. En fait, la communication dont ils sont capables est surtout physionomique et non épicritique ; les ensembles sont appréhendés grâce à des approximations verbales et à des apports extra-verbaux importants. Du point de vue intellectuel, les dysphasiques, malgré leur déficit du langage, arrivent à résoudre des problèmes complexes, impliquant un certain degré d&#039;abstraction. (...)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans un grand nombre de cas, il existe un désordre affectif précoce qui entre dans le cadre des investissements, pour les uns par manque de besoin de relation, pour les autres par manque d&#039;organisation perceptivo-verbale entraînant une altération des modes de relation.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l&#039;ensemble, l&#039;avenir scolaire de ces enfants est assez compromis. (...)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ces sujets ne sont pas seulement des mal-parlants ; ils sont organisés sous une forme particulière de personnalité et leur rééducation devra s&#039;engager par l&#039;ouverture d&#039;un dialogue sans contrainte, en tenant compte de leur déficience de mobilité intellectuelle et de leurs difficultés d&#039;échanges affectifs (...)&amp;quot;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, parallèlement au mot &amp;quot;dysphasie&amp;quot;, d&#039;autres termes étaient également utilisés , notamment &amp;quot;trouble spécifique du langage&amp;quot;, &amp;quot;trouble primaire du langage&amp;quot; et &amp;quot;trouble spécifique du langage oral&amp;quot;. À cette époque, le diagnostic était  posé en fonction de critères d&#039;exclusion (notamment absence d&#039;un trouble du développement intellectuel, d&#039;un déficit sensoriel ou neurologique et d&#039;un trouble envahissant de la personnalité).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En 2017, constatant que le problème de fluctuation terminologique était le même en anglais qu&#039;en français, la psychologue britannique Dorothy Bishop rassemble 59 experts anglophones (orthophonistes, psychologues, médecins, enseignants spécialisés, audiologiste, représentants des familles...) au sein de Catalise, un projet multidisciplinaire et international pour faire émerger un consensus terminologique. Le [https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0158753#sec006 rapport] (consulté le 21 août 2025) du groupe propose le terme &amp;quot;trouble développemental du langage&amp;quot; ou TDL (dans sa traduction française) qui est largement adopté. Néanmoins, la [https://www.ameli.fr/sites/default/files/Documents/NGAP%2001.07.2025.pdf Nomenclature Générale des Actes Professionnels] utilise encore le terme &amp;quot;dysphasie&amp;quot; dans sa version du 1er juillet 2025 (Consulté le 21 août 2025). Le diagnostic du TDL ne comporte plus de critères d&#039;exclusion. Parmi les critères d&#039;inclusion, on note les éléments suivants :&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*le TDL affecte les habiletés à comprendre et à s’exprimer à l’aide du langage (atteinte possible de différentes composantes du langage, dont l’expression ou la compréhension des sons, des phrases ou du discours, le vocabulaire et l’accès lexical, le traitement et la mémoire verbale, ainsi que la pragmatique et l’ajustement au contexte de communication)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Les difficultés apparaissent habituellement en bas âge, persistent à long terme et ont des conséquences sur la vie quotidienne, sociale et scolaire des personnes atteintes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Le TDL n’a pas de cause connue.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Le TDL s’accompagne souvent d’autres difficultés ou troubles neurodéveloppementaux dont l’étiologie n’est pas claire, apparait complexe ou multifactorielle. Exemples : troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie/dysorthographie), TDAH, trouble développemental de la coordination, etc.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan professionnel, la réforme de 2002 avait renforcé la formation des orthophonistes, étendue à cinq années, intégrant davantage de stages cliniques et de connaissances en neurosciences et en linguistique. Pourtant, malgré ces avancées, le terrain restait profondément marqué par le manque de spécialistes et les disparités régionales. Le reportage illustre crûment ce que l’on appelle aujourd’hui les déserts médicaux : de vastes territoires où l’accès à un orthophoniste était (et reste parfois encore) extrêmement limité, prolongeant les délais de prise en charge et aggravant les inégalités sociales et territoriales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dysphasie, bien que reconnue comme un trouble spécifique, peinait encore à s’imposer dans les représentations collectives. Nombre d’enfants comme Marius étaient mal compris, parfois assimilés à tort à des élèves peu motivés ou présentant un retard global. Cette méconnaissance, y compris parmi certains professionnels, retardait l’identification du trouble et la mise en œuvre de solutions adaptées. Sur le plan médical, des figures comme le Pr Michel Habib, neurologue, jouaient un rôle majeur en démontrant l’origine neurodéveloppementale de la dysphasie, tandis que la neuropsychologue Monique Plaza approfondissait la compréhension des profils cognitifs des enfants concernés. Leurs travaux contribuaient à mieux cerner ces troubles, mais leur diffusion vers le grand public et le milieu scolaire restait encore partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, des orthophonistes engagés comme Dominique Morcrette participaient activement à faire évoluer les pratiques. Par son travail de formatrice, ses publications cliniques et son engagement pour une prise en charge individualisée, elle sensibilisait la profession à la diversité des profils dysphasiques, à l’importance d’un dépistage précoce et à la nécessité d’un accompagnement pluridisciplinaire coordonné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En somme, L’histoire de Marius a capté un moment crucial pour l’orthophonie en France : une époque de transition, où la connaissance des troubles du langage se renforçait, mais peinait encore à irriguer les pratiques et les politiques publiques. À travers le regard porté sur Marius, ce documentaire pose avec force la question de la reconnaissance, de l’accès aux soins, et du droit fondamental à une scolarité et une vie épanouies pour chaque enfant, quel que soit son trouble.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce reportage se fonde sur deux fils rouges à la fois entremêlés et distincts. Il y a d&#039;une part une personne adulte, la mère de Marius, dont les témoignages face caméra et les conversations avec les professionnels qui s&#039;occupent de son fils construisent une sorte d&#039;anamnèse de l&#039;enfant, de son évolution et de ses difficultés, essentiellement par rapport aux exigences scolaires. D&#039;autre part, le portrait de Marius lui-même, filmé dans sa vie quotidienne chez lui et en classe, suscite un contraste souvent important avec les propos de sa mère. Même si les spectateurs non avertis peuvent très bien se rendre compte des difficultés linguistiques du petit garçon (grâce à des plans très rapprochés), ils remarquent surtout qu&#039;il est souriant, fait montre d&#039;une grande joie de vivre, qu&#039;il a le contact facile et ne semble pas inhibé du tout par son trouble du langage. Au contraire, il lève la main pour répondre en classe, sollicite l&#039;adulte, parle librement à son frère, etc. Interrogé par le médecin sur ses points forts, il répond même qu&#039;il sait bien lire, c&#039;est-à-dire qu&#039;il n&#039;a pas conscience de ses difficultés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La proximité du caméraman permet également au spectateur de suivre Marius et sa mère partout (dans la maison familiale, en classe, chez le psychomotricien, dans une réunion de CCPE, chez le neurologue, chez l&#039;orthophoniste), tout en prenant conscience de la lourdeur des prises en charge nécessaires à travers le fait qu&#039;on les retrouve fréquemment en voiture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la mère semble porter cette charge seule et oublier qu’elle peut être épaulée par des professionnels comme le lui rappelle l’enseignante qui essaye de la décharger de ce poids tandis qu&#039;elle est au bord des larmes à la fin du reportage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce documentaire a été diffusé pour la première fois le samedi 8 mars à 13h47, ce qui suggère une prédestination à tout type de public. La manière dont la thématique est abordée, celle de la dysphasie et du parcours qui en découle pour la mère de Marius, se veut donc accessible et facile à comprendre pour des personnes qui n’en ont peut-être jamais entendu parler. Cependant, la voix-off est là pour donner des indications à propos de la situation. Le choix musical est assez minimaliste puisque la plupart des pistes musicales entendues sont uniquement composées de notes de piano. On retrouve d’ailleurs cet instrument lors de la dernière scène du reportage dans laquelle Marius s’exprime à travers les notes. Du point de vue de l’enfant, le reportage renvoie l’image d’un Marius qui semble heureux et épanoui, intégré dans son école d’origine par le corps enseignant ainsi que les élèves et épaulé par des professionnels comme le psychomotricien ou le neurologue. Néanmoins, la situation se retrouve bouleversée par le déménagement, l’intégration étant à reconstruire auprès de personnes différentes dans la nouvelle région, mais cela ne semble pas démoraliser l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le choix effectué du point de vue de la réalisation a été de combiner de nombreux témoignages de la mère de Marius pendant toute la durée du documentaire, qui entrecoupaient des moments de vie de Marius ou de sa mère. En effet, on compte beaucoup de plans dans lesquels cette dernière s’adresse directement à la caméra pour exprimer son ressenti vis-à-vis de son parcours et de celui de Marius, le premier étant celui d’une mère qui se bat pour que son fils puisse développer ses apprentissages et s’épanouir malgré sa différence, le second celui d’un enfant qui évolue avec cette différence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, on peut constater que le caméraman ne reste pas dans l’ombre. On comprend même, vers la fin, que caméraman et réalisateur sont la même personne puisque la voix-off s’exprime à la première personne du singulier. Cette personne est aussi le perchman, élément constaté lors de la séquence dans laquelle Marius s’amuse avec le micro. Le caméraman interagit avec les protagonistes au cours de plusieurs séquences, notamment lors d’une scène dans laquelle Marius joue avec un château fort en plastique, ou encore lorsque le caméraman pose des questions à la mère de Marius dans la voiture. Ces divers échanges ainsi que les multi-facettes du réalisateur permettent peut-être de rendre, aux yeux du spectateur, les conditions de tournage du reportage plus authentiques, plus « humaines », créées par les différents moments de complicité entre Marius et le réalisateur, ainsi que par la proximité de ce dernier avec la famille : le reportage donne l’impression d’entrer dans la vie de la mère et donc de se sentir imprégné par son combat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs séquences tournées en voiture (pour un rdv chez le psychomotricien, le médecin et l&#039;orthophoniste) montrent combien le handicap de Marius pèse également sur les autres membres de la famille. C&#039;est la mère de l&#039;enfant qui doit se charger de tous les trajets (le père étant déjà parti dans la région parisienne&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Dans « L’histoire de Marius : un enfant différent » de Jean Crepu, la santé et la médecine sont dévoilées comme des outils à la fois pleins d’espoir et marqués par des doutes face à l’handicap de l’enfant. En effet, les médecins veulent comprendre et diagnostiquer la particularité de Marius, mais c’est un enjeu de taille. Malgré les consultations, les professionnels de santé ne parviennent pas toujours à poser un diagnostic clair et donnent des réponses souvent imprécises ou insatisfaisantes pour les parents et notamment la mère de Marius. C’est dans ce cas que la mère mène un combat incessant pour son fils afin d’atteindre son ultime objectif : construire une intégration pour Marius et le scolariser dans un établissement public et gratuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate que le reportage relate les nombreuses recherches de la part de la mère et son implication dans la progression de Marius. Elle va mener un projet avec l’équipe éducative de l’école constituée des enseignants pour le maintien en milieu ordinaire de Marius dans un premier temps. Puis elle fera de nombreuses démarches auprès d’orthophonistes qui ne lui conviendront pas forcément. S’y ajoute la distance géographique de certains orthophonistes, une autre problématique pour le suivi de Marius qui emmènera sa mère à persévérer dans ses recherches. De ce fait, ce documentaire reflète une vision nuancée de la médecine, à la fois nécessaire mais pas toujours efficiente car des enfants comme Marius ont besoin certes d’un accompagnement solide et de traitements, mais aussi d’une dimension humaine soit de personnes disposant de qualités humaines telles que l’écoute, le soutien, l’adaptation et la patience. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La santé n’est plus simplement une question de guérison physique, mais un long parcours, émotionnellement lourd, où le diagnostic devient une quête existentielle pour la famille.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Sur France 2 le 8 mars 2003, à 13h45.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Grand public.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;&#039;Introduction : la découverte du handicap de Marius&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le documentaire s’ouvre sur un travelling dans lequel Marius produit des onomatopées (&amp;quot;yayaya&amp;quot;) en roulant à toute vitesse en direction de la caméra (et donc du spectateur) sur un jouet à pédale qui tracte une remorque en plastique. Il donne l&#039;impression d&#039;un petit garçon débordant de vie et de joie. Des éléments du générique (informations sur la production) apparaissent en surimpression. La scène semble se dérouler dans le jardin familial. Simultanément, le titre du documentaire &amp;quot;L’histoire de Marius un enfant différent&amp;quot; apparaît au centre de l’image (&amp;quot;L’histoire de Marius&amp;quot; étant inscrit dans une police plus grande que &amp;quot;un enfant différent&amp;quot;). Une musique se fait entendre en même temps. Le  nom de &amp;quot;Jean CREPU&amp;quot;, réalisateur du film, s&#039;affiche. La musique, simplement composée de notes aux piano sur une tonalité mineure, est un peu inquiétante et donne un sentiment d’étrangeté. En réalité, c&#039;est une &amp;quot;virgule sonore&amp;quot; qui reviendra à plusieurs reprises dans ce documentaire.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fondu au noir. Une femme témoigne assise sur une chaise de jardin devant une porte-fenêtre ouverte. Le cadre dans lequel est filmé le plan ainsi que les éléments de son discours indiquent qu’il s’agit de la mère de Marius. Elle raconte les circonstances de la découverte des lésions cérébrales de son enfant. Marius est né &amp;quot;en pleine forme, cinq doigts, cinq doigts de pied, impeccable&amp;quot;. Vingt-quatre heures après leur retour chez eux, Marius ne prenant pas de lait, ses parents l&#039;ont amené aux urgences pédiatriques. C’est à ce moment qu’ils ont appris que leur bébé faisait des convulsions néonatales. Une IRM a mis en évidence des lésions cérébrales. Après un séjour de trois semaines à l’hôpital, ils l&#039;ont ramené chez eux, manifestement sans explication. Les soignants leur ont juste dit : &amp;quot;On ne sait pas s&#039;il sera normal ou pas.&amp;quot; Cette séquence est accompagnée d&#039;une série photos formant un diaporama qui présente ce &amp;quot;beau bébé&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’évolution de Marius&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La musique s’arrête, puis une scène s’ouvre dans laquelle on voit Marius dans la salle de bain en train de se faire couper les ongles par sa mère et de chanter. Mère et fils rient ensemble, ce qui suggère une complicité entre les deux. S’ensuit une autre séquence de témoignage de la mère. Cette fois-ci, elle est habillée différemment que dans la précédente : elle porte un t-shirt jaune, l’environnement semble ensoleillé et les oiseaux chantent, ce qui laisse penser que la séquence a été tournée un autre jour que celui du plan similaire de la séquence précédente. Cette séquence transmet une impression positive, tant dans le visuel que dans les paroles : en effet, la mère explique que le père de Marius et elle se sont mis à « compter les points » (01:25), c&#039;est-à-dire qu&#039;ils étaient très attentifs aux acquisitions de Marius, qu’il a marché au bout d’un an mais qu’il ne gazouillait pas. Le fait que Marius se mette à marcher au même âge que les autres enfants et qu&#039;il ait l&#039;air de &amp;quot;s&#039;éclater&amp;quot; a permis aux parents de « se libérer » (02:02). Ils se sont mis à « positiver la vie » (02:09) et ont eu envie d’avoir un autre enfant pour lequel tout s&#039;est très bien passé. Néanmoins, &amp;quot;le langage ne venait pas&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Vie quotidienne&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La séquence débute avec un plan sur le jardin, sans musique, avec les bruits de la pluie et de l’orage. Ce plan contraste avec la séquence précédente puisqu’on passe d’un environnement ensoleillé à un environnement pluvieux et orageux. Il y a ensuite un plan sur trois enfants, Marius, son petit frère et sa petite sœur, dans la cuisine avec leur mère au moment du petit déjeuner. Marius fait comprendre qu&#039;il ne veut pas aller à l’école parce qu&#039;il pleut. La mère parle avec les enfants du temps pluvieux et orageux. On constate dans cette séquence que Marius s&#039;exprime essentiellement par juxtapositions de mots : &amp;quot;pas l’école&amp;quot; (02:25) certainement pour signifier &amp;quot;on ne va pas aller à l’école&amp;quot;, &amp;quot;aussi éclair&amp;quot; (02:58) pour &amp;quot;il y avait aussi des éclairs&amp;quot;, contrairement à son frère qui forme des phrases complexes &amp;quot;tu sais que ça peut détruire une maison&amp;quot;. (02:54) Néanmoins, on constate également que Marius n&#039;hésite pas à s&#039;exprimer et participe à la conversation familiale sans la moindre gêne ou inhibition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le diagnostic&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La séquence contient un nouveau témoignage, face caméra, de la mère dans le jardin encore différemment habillée des autres plans similaires. Les premières images de cette séquence sont composées d&#039;un plan resserré sur Marius en train de faire un exercice (peut-être de lecture), tandis que sa mère prononce pour la première fois le mot &#039;&#039;dysphasie&#039;&#039;. Le fait que la caméra soit aussi près de Marius créé une proximité entre l’enfant et le spectateur, comme si ce dernier &amp;quot;entrait&amp;quot; dans son univers. La séquence se termine par le plan face caméra sur la mère. Cette séquence résonne comme une annonce qui ressemble peut-être à ce que les parents ont vécu lorsque le diagnostic de leur fils a été établi : la mère mentionne que c&#039;est le docteur Lasserre qui leur a parlé de &amp;quot;dysphasie phonologico-syntaxique&amp;quot;. (03:21) Il est difficile de savoir si le médecin leur a donné des explications sur ce terme. En tout cas, il semble qu&#039;elle n&#039;ait absolument pas compris à ce moment-là ce que cela signifiait ni à quoi elle devrait s&#039;attendre concernant l&#039;évolution de son fils : &amp;quot;On n&#039;avait pas tout à fait conscience non plus de la chose.&amp;quot; Elle dit aussi « entre une différence et un handicap, il y avait vraiment une montagne » (03:31), indiquant par là qu&#039;il leur a fallu du temps pour comprendre (accepter) que leur fils était porteur d&#039;un handicap. Le temps passant, elle a dû se faire à l&#039;idée car elle finit par dire : &amp;quot;Eh oui, c’était un handicap&amp;quot;, avec une petite grimace incrédule. (03:39)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Échange entre Marius et le caméraman&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La scène s’ouvre avec un plan sur le couloir à l’étage de la grande maison familiale. La maison semble très calme. C&#039;est une séquence d&#039;interactions entre Marius et le caméraman. Marius lui montre son château fort et insiste sur la fait que ce n&#039;est pas un simple château mais bien un château &#039;&#039;fort&#039;&#039;. Cependant, comme l’enfant ne forme pas de phrases construites, la communication est difficile.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ensuite, Marius est intrigué par la caméra et le micro du caméraman : il s’approche et regarde la micro : &amp;quot;micro petit&amp;quot; (04:32). Il fait le parallèle avec son château fort qui produit des sons : &amp;quot;entend château fort parle&amp;quot;. (04:42) C&#039;est manifestement un enfant qui est très intéressé par les choses qui l’entourent. La séquence se termine sur un fondu noir puis la musique reprend.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La dépression de Marius&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un fondu entrant noir accompagne un travelling dans lequel on voit Marius marcher dans la rue avec son cartable, à proximité de ce qui semble être une école. On le devine aux paroles de la mère qui dit que &amp;quot;les problèmes ont de nouveau recommencé quand il a fallu le scolariser&amp;quot;. La musique est très brève puisqu’elle s&#039;arrête au bout de quelques secondes. On voit ensuite un plan de la mère qui explique comment Marius a vécu son entrée à l’école, synonyme de grande souffrance pour lui et ses parents. &amp;quot;Le début, ça a été très, très dur.&amp;quot; Marius a fait une dépression et la communication avec sa famille, jusque-là restée préservée par les gestes à défaut des mots, en a été altérée. L’école était pour lui &amp;quot;une torture&amp;quot;. Il a souffert d&#039;énurésie et d&#039;encoprésie. La mère de Marius parle de cette période avec émotion, cela s’entend dans sa voix et elle évite beaucoup de regarder la caméra. Elle explique ensuite que face au mal-être de Marius, la famille a entamé des démarches pour le faire entrer dans un établissement spécialisé, mais à cause de la distance et des kilomètres à parcourir pour s’y rendre (deux heures de trajet chaque jour pour l&#039;enfant), ils ont renoncé à ce projet après que la maman de Marius a rencontré l&#039;institutrice de CP. Ce plan est interrompu par un autre plan dans lequel Marius feuillette un livre sur les chiffres avec des animaux. Le plan sur la mère de Marius se termine par un fondu sortant noir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Marius à l’école&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La séquence s’ouvre sur un fondu noir. Deux plans sur des élèves en train de jouer ou lire dans la cour de récréation se succèdent. À (07:03) débute un autre plan filmé depuis la cour de récréation sur lequel on voit Marius encore à l’extérieur de l’école, qui marche en direction de l’entrée avec sa maman, son frère et sa sœur. Il marche seul derrière eux, en observant la cour. Plan rapproché sur Marius qui rit. Durant ces plans, une voix off masculine, celle du caméraman de la séquence du château fort, explique que Marius termine son année de cours préparatoire et qu’il est aujourd’hui en contrat d’intégration scolaire. Son &amp;quot;handicap&amp;quot;, la &amp;quot;dysphasie, cette difficulté non pas à comprendre, mais à parler, ce labyrinthe que représente pour lui le langage&amp;quot; (07:16) est connue de tous les élèves de la classe en cette fin d&#039;année. L’énonciation de cette phrase est accompagnée d’un plan sur les élèves de la classe qui marchent dans le couloir, Marius en tête de rang, souriant à côté de l’un de ses camarades.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
À partir de (07:26), plusieurs plans sur la vie en classe s’enchainent. Le maître fait une leçon sur les symboles présents sur les produits dangereux. Marius semble comprendre le cours et y être attentif. À (07:48), la caméra recule. Elle est orientée sur Marius qui regarde avec attention le professeur faire son cours. Plus la caméra s’éloigne du visage de Marius, plus on distingue les élèves présents autour de lui. Cela renforce, pour le spectateur, le sentiment d’intégration de Marius dans le groupe classe. Ce plan se poursuit par une prise de parole de Marius sur le sujet de la leçon. On voit qu’il a du mal à s’exprimer mais que les autres élèves et l’enseignant ont l’habitude et lui laissent le temps qu’il faut. L’enseignant demande le calme à la classe afin de pouvoir l&#039;écouter. (08:00) On entend même un élève dire le prénom de Marius à (08:06), comme s’il l’incitait aussi à prendre la parole, ce qui montre que les autres élèves de la classe sont acteurs de l’intégration de Marius. Marius présente un bégaiement clonique important et utilise beaucoup les gestes pour se faire comprendre. Malgré ses difficultés d’expression orale, il continue à participer. Le professeur l’inclut en le faisant intervenir mais est obligé de lui poser une question pour confirmer qu’il a bien saisi son intervention : &amp;quot;Tu parles des feux de forêt ?&amp;quot; Cependant, le fait qu&#039;il ne reformule pas ce que l&#039;enfant a dit donne à penser qu&#039;il ne l&#039;a probablement pas compris. (08:48)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Marius chez le psychomotricien&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cette séquence s’ouvre sur un plan dans lequel la mère aide Marius à sortir de la voiture. La voix off masculine débute quelques secondes après l’ouverture de la scène, à (09:03). On comprend alors que Marius se rend chez le psychomotricien, M. François Brulet, qui l’a aidé à sortir de sa dépression. Marius et sa mère se rendent dans le cabinet. &amp;quot;Dans ce lieu où il n&#039;est pas obligé de parler pour s&#039;exprimer, Marius a progressivement trouvé sa place.&amp;quot; Ce commentaire est accompagné d’images de Marius qui semble se défouler : il donne des coups de pieds, lance des balles, court, tout en souriant. Le psychomotricien incite Marius à se mouvoir : &amp;quot;Je te regarde démolir ce camp très, très fort.&amp;quot; (09:43) Il semble entrer dans son monde en partageant le plaisir du jeu avec lui, en établissant un &amp;quot;dialogue&amp;quot; par le mouvement (par exemple, chacun démolit le camp de l&#039;autre à son tour) et en lui donnant des consignes qu&#039;il doit respecter. La voix off fait le bilan de cette année de prise en charge rééducative : &amp;quot;Marius ne vit plus l&#039;école dans la souffrance mais le pari de l&#039;école dite &#039;ordinaire&#039; n&#039;est pas gagné pour autant. Marius n’est plus en maternelle, il se confronte aux apprentissages, comme tout autre enfant, et c’est bien là tout l’enjeu du projet d’intégration scolaire.&amp;quot; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Virgule sonore.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan fixe sur une voiture qui roule au loin pour servir de transition avec la séquence qui suit. Marius et sa mère rentrent à la maison après la séance chez le psychomotricien. La musique redémarre seulement pendant ce plan. (10:15)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La lecture chez Marius&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La mère de Marius est assise sur un lit avec ses trois enfants, elle leur lit la bande dessinée &#039;&#039;Tintin au Congo&#039;&#039;. Les enfants sont en pyjama et la lumière de la pièce est allumée, ce qui laisse penser que la scène a été filmée le soir. Elle ne se contente pas uniquement de lire mais interagit avec Marius pour le rendre acteur et non pas seulement spectateur de ce moment. Elle voudrait qu&#039;il lise quelque chose et l&#039;interroge : &amp;quot;Est-ce que là, Milou, il dit quelque chose ?&amp;quot; Marius répond : &amp;quot;Aboie.&amp;quot; à plusieurs reprises alors que sa mère voudrait manifestement qu&#039;il lise l&#039;une des bulles attribuée à Milou. Cette courte séquence révèle une autre difficulté de l&#039;enfant, qui relève plutôt du domaine narratif et sémiotique. En effet, il n&#039;est pas certain qu&#039;il fasse le lien entre les bulles de la BD et le dialogue des personnages.Il semble qu&#039;il soit très fixé sur le rôle de Milou en tant que chien et qu&#039;il ne puisse pas l&#039;imaginer comme un personnage qui pense et parle (ce qui est bien entendu l&#039;un des ressorts humoristiques des bandes dessinées de Tintin). Par ailleurs,  Marius comprend-il (au moins en partie) le déroulement de l&#039;histoire ? À (10:48), la voix-off masculine débute pour annoncer au spectateur qu’en ce moment, la vie de famille est différente puisque la famille va déménager et que le père est déjà parti dans la région où il a démarré un nouveau travail. La voix-off explique également que Marius va redoubler son année de CP dans sa nouvelle école à la rentrée prochaine et qu’il sera dans la même classe que son petit frère, Hippolyte. La séquence se termine sur un fondu noir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les derniers jours du premier CP de Marius&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les élèves entrent en classe, le cameraman les filme de dos, à leur hauteur, pour donner aux spectateurs une impression de proximité. Le maitre accueille les enfants. Ils utilisent une méthode de lecture mixte intitulée &#039;&#039;Frisapla la sorcière&#039;&#039;, on observe un garçon lire et sa camarade qui est en train de tailler son crayon. À (11:26), Marius, vêtu d’un t-shirt orange, est assis à sa place et est accompagné par son enseignant. Le maitre, en chemise à carreaux et pantalon noir, est accroupi à son niveau pour l’aider. &amp;quot;Frisapla arrive&amp;quot; lit Marius mais le maitre rétorque : &amp;quot;Non, là tu inventes&amp;quot;. Marius a manifestement beaucoup de mal à déchiffrer. Au même moment, des élèves de la classe se lèvent pour montrer leur travail au maitre mais il leur ordonne de rester assis. Cependant, tout en se consacrant à Marius, il reste attentif aux mouvements des autres élèves dans la classe. Il essaie de faire déchiffrer &amp;quot;Frisapla a mal à la tête&amp;quot; mais l&#039;enfant est en très grande difficulté et le maître lui souffle essentiellement toute la phrase petit à petit. Il se lève pour s&#039;occuper d&#039;autres enfants. L&#039;élève qui est assis devant Marius l’aide à finir la phrase en lui mimant le mot de la fin : &amp;quot;tête&amp;quot;.  Une fois la réponse trouvée, Marius demande l’approbation de son camarade en lui disant &amp;quot;J’entoure ?&amp;quot;. À (13:10), il se retourne, lance un regard au cameraman et affiche un petit sourire de satisfaction car il a réussi à terminer l&#039;exercice. Il lui montre l’exercice sur son cahier. Le maitre vérifie et approuve sa réponse : &amp;quot;Voilà, super !&amp;quot;, sans se rendre compte que l&#039;enfant n&#039;a rien fait lui-même. À (13:20), plan général de la classe, le maitre demande de ranger le travail. Marius court en riant vers la sortie de l&#039;école. Il jette un coup d’œil derrière lui, comme s&#039;il faisait la course avec le caméraman. La chanson &#039;&#039;Quand on a que l’amour&amp;quot; de Jacques Brel démarre. (13:24)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un tour en voiture&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La musique se poursuit et le volume augmente. Elle provient de la voiture de la mère de Marius avec un plan sur la route puis sur la mère de profil. Elle porte des lunettes de soleil. Le temps est clair et beau. Marius est dans la voiture également, vêtu d’un t-shirt bleu et rouge. Il joue avec des jumelles et réagit tout à coup, au moment où Jacques Brel chante &amp;quot;Quand on n&#039;a que l&#039;amour pour parler aux canons...&amp;quot; Marius dit à son petit frère qui est assis à côté de lui et qui baille : &amp;quot;Parler aux canons ! Ça parle pas, les canons.&amp;quot; Sa surprise et son incompréhension montrent qu&#039;il s&#039;interroge sur l&#039;emploi figuré du langage. On peut également remarquer que sa phrase est bien construite dans une situation où il s&#039;exprime de façon très spontanée, sans avoir à répondre à une question posée par autrui. Son frère tourne la tête comme s’il y avait quelqu’un d’autre à côté d’eux (probablement leur petite sœur) et répète : &amp;quot;Ça parle pas les canons&amp;quot;, avec un petit sourire en coin. La séquence se termine sur un fond noir et la musique s’arrête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Réunion de CCPE&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La caméra suit le maitre de Marius qui marche dans les couloirs de l’école (14:17). L&#039;enfant va bientôt quitter son école parce que la famille déménage dans les Yvelines. La réunion qui a lieu dans son école actuelle regroupe la mère et l&#039;instituteur de Marius, son psychomotricien, le docteur Lasserrre (que l&#039;on verra en consultation à partir de (21:00)), une jeune femme non identifiée et une femme d&#039;âge mûr qui est probablement inspectrice de l’Éducation Nationale. Il s&#039;agit vraisemblablement d&#039;une réunion de la commission de circonscription de l&#039;enseignement préélémentaire et élémentaire (CCPE). &amp;lt;br&amp;gt; La mère de Marius est vêtue de façon un peu plus formelle que lors des séquences précédentes, ce qui reflète probablement l&#039;importance qu&#039;elle accorde à cette réunion. Elle commence son intervention sur un ton positif mais exprime finalement à mots couverts sa déception par rapport au manque d&#039;acquisitions réalisées par son fils. En même temps, son expression est un peu vague (emploi du pronom &amp;quot;on&amp;quot;), peut-être pour ne pas risquer de se mettre à dos l&#039;institution scolaire :  &amp;quot;Aujourd&#039;hui, je pense qu&#039;on a fait une année positive. On a réussi des choses. On aurait pu faire mieux si on avait réussi à matérialiser nos projets, parce qu&#039;en soi, j&#039;ai quand même le sentiment qu&#039;on n&#039;a rien matérialisé. Si, la réussite, elle est dans la confiance de Marius, voilà... Mais qu&#039;a-t-on vraiment fait au niveau pédagogie différenciée ? Là, je suis pleine de questions.&amp;quot; L’enseignant reconnaît qu’il lui est très difficile de repérer les périodes où Marius se trouve en difficulté parce qu&#039;il doit se consacrer à l&#039;ensemble de la classe. Il explique que Marius a eu un &amp;quot;décrochage&amp;quot; à moment donné, ce qui a augmenté ses difficultés. L&#039;instituteur et la mère de Marius se rejoignent sur le besoin d&#039;un &amp;quot;enseignant spécialisé qui pourrait intervenir au sein de la classe et épauler l&#039;enseignant (...)&amp;quot;. La maman rappelle qu&#039;un plan d&#039;action annoncé par Jack Lang (ministre de l&#039;Éducation nationale du 27 mars 2000 au 6 mai 2002) deux ans auparavant prévoyait la formation d&#039;enseignants spécialisés sur les troubles du langage. Elle demande où sont ces enseignants. Pendant qu&#039;elle parle, la caméra filme la femme qui est probablement inspectrice de l&#039;Éducation nationale. Cette dernière répond avec un certain cynisme et sans vouloir comprendre le sentiment d&#039;urgence de la maman de Marius : &amp;quot;Vous vous renseignerez dans la circonscription où vous irez.&amp;quot; La mère de Marius poursuit avec un calme exemplaire : &amp;quot;Marius perd beaucoup de temps car les années passent et les acquisitions sont indispensables à ce jour. Ce n&#039;est pas à 18 ans qu&#039;il pourra faire ces acquisitions.&amp;quot; (16:08) Le psychomotricien, assis à côté d&#039;elle, hoche la tête pour exprimer son accord. Lorsqu&#039;il prend la parole, il fait le bilan de l&#039;évolution de Marius dans son travail avec lui. &amp;quot;Maintenant, il a accepté son handicap (...) Cela lui permet maintenant d&#039;être disponible pour entrer dans ces apprentissages, la lecture et l&#039;écriture.&amp;quot; On peut supposer que c&#039;est à l&#039;issue de cette réunion de CCPE et sur la base de ces arguments qu&#039;est prise la décision de faire redoubler le CP à Marius. (16:25)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Leçon de chant&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Gros plan sur Marius entouré de ses camarades, probablement dans la salle de gym de l&#039;école. Son regard est fixé sur un point situé au-delà du spectateur. Une mélodie au piano démarre et les enfants se mettent à chanter une chanson à gestes. Marius commence à chanter avec un peu de retard. Il paraît assez bien connaître la chanson et fait les mêmes gestes que les autres élèves mais généralement avec moins de précision. Assez rapidement, il se met à faire le guignol, peut-être distrait par la présence de la caméra. L’enseignant, souriant, chante avec les enfants et fait les gestes en même temps qu&#039;eux. Marius continue à se dissiper, il regarde vers le plafond comme si quelque chose l’intriguait (17:25) puis son regard se dirige vers le cameraman, ce qui nous donne l’impression au spectateur de faire partie de la scène. Une fillette dirige son regard dans la même direction, Marius la prend par le cou de manière un peu vive. Peut-être est-il arrivé aux limites de sa mémorisation de la chanson, ce qui expliquerait qu&#039;il s&#039;ennuie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La récré&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Marius joue au ballon dans la cour de récréation. Il dribble, envoie la balle au loin d&#039;un coup de pied adroit, crie et s’amuse avec ses copains. Commentaire de la voix off : &amp;quot;Marius vit sa vie de petit garçon. On finirait par en oublier sa différence, signe d’une intégration réussie, une image positive, trop peut-être…&amp;quot; (18:08)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Discordance entre le rythme de Marius et celui de l&#039;école&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;interview face caméra de la mère de Marius, chez elle, dans son jardin, se poursuit (cf. la toute première séquence). Elle exprime son inquiétude par rapport à la grande lenteur des progrès de Marius qui ne sera pas toléré par l&#039;école à long terme : &amp;quot;Moi, je m&#039;en fiche que ses acquisitions soient lentes. Par contre, l&#039;école ne s&#039;en fiche pas, du coup il sera jeté de l’école, parce que l&#039;école, au bout de tel âge, tu ne peux plus rester si t&#039;en es que là.3  » (18:30) Elle réitère la nécessité pour Marius d’avoir une aide pour avancer plus vite afin de pouvoir être maintenu en milieu ordinaire. (18:35)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Goûter dans le jardin, la fin d’une aventure&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La mère accueille toute la classe dans le hall d&#039;entrée de leur maison. Marius a invité tous ses copains pour un goûter dans le jardin. Ce sont ses derniers moments avec sa classe de CP avant son déménagement. Le maitre est là également en débardeur noir, parmi les enfants (19:04), &amp;quot;Tout le monde a les oreilles bien ouvertes ?&amp;quot; demande-t-il, puis ils donnent les consignes pour que les enfants ne se mettent pas en danger : &amp;quot;Tout le jardin, vous pouvez y aller, sauf la piscine  ne pas aller dans la piscine et sauf grimper très haut dans les arbres.&amp;quot; Un homme en tee-shirt rose est assis sur un banc à l&#039;arrière plan. C&#039;est peut-être le père de Marius. C&#039;est le seul moment du reportage où on l&#039;aperçoit. Son poste dans une autre région l&#039;a-t-il empêché d&#039;être présent lors de la majeure partie du tournage ? Considère-t-il que la question des difficultés de Marius est du ressort de son épouse ? Le reportage ne contient aucune explication sur son &amp;quot;invisibilité&amp;quot; (il est même très peu fait référence à lui en dehors du fait que la famille va devoir déménager parce qu&#039;il a changé de travail.)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les enfants rigolent et courent dans le jardin. Le temps est très beau. La mère de Marius arrose les enfants avec un tuyau d&#039;arrosage. Marius saisit le tuyau et les arrose à son tour. Le maitre pose des devinettes à un groupe d&#039;enfants : &amp;quot;On va voir si vous devinez&amp;quot;, dit-t-il aux enfants assis (19:27).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Deux fillettes ont trouvé un hérisson mort. Marius s’est muni d’une pelle (19:50) et commence à creuser. Il explique : &amp;quot;Plus vivant, mort, a plus. Jamais. C&#039;est vrai, hein.&amp;quot; Manifestement, il enterre le hérisson. &amp;quot;Enfoncé, plus voir, plus voir.&amp;quot; Les fillettes le regardent faire. L&#039;une d&#039;elle dit : &amp;quot;Il est enterré.&amp;quot; (20:20). Quelques instants plus tard, plan oblique sur Marius assis immobile sur un banc blanc, le regard fixé sur le sol. Son visage qui laisse paraitre de la peine. Ses copains rentrent chez eux avec le maitre. (20:39). &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La voix-off de la vidéo donne de nouvelles précisions : &amp;quot;Si la cause de la dysphasie de Marius est d’ordre neurologique, ses problèmes de santé à la naissance n&#039;en sont pas forcément la cause. L&#039;origine de ce trouble est actuellement à l&#039;état d&#039;hypothèse. On évoque des facteurs génétiques. probablement d’origine génétique. La dysphasie est aujourd’hui reconnue comme un handicap rare. Une fois le diagnostic posé, les familles restent souvent dans un grand isolement. (20:55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Dernier bilan de langage chez le neurologue&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Marius tient la main de sa mère. Ils se dirigent, pour un dernier bilan de langage, vers le cabinet du neurologue qui a diagnostiqué la dysphasie . Le médecin (qui était présent lors de la réunion de CCPE vue précédemment) est assis à son bureau face à Marius et sa mère (21:08). Il demande à la mère d’évoquer dans quels domaines Marius est bon et dans quels domaines il ne l&#039;est pas. Elle se tourne vers son fils : &amp;quot;Alors, Marius ?&amp;quot;, pour l’inciter à répondre à répondre lui-même (21:18). L&#039;enfant répond d&#039;un air de parfaite évidence qu&#039;il sait bien lire. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan à hauteur de Marius qui joue avec un stylo. Le médecin veut le faire compter jusqu’à 5 à l’endroit et à l’envers mais l&#039;enfant reste complètement bloqué. Le neurologue évoque &amp;quot;la faiblesse de la mémoire immédiate&amp;quot; (21:50). Il lui fait faire d’autres exercices tels que &amp;quot;les prénoms (...) pour voir sa réalisation des sons&amp;quot;. Plan sur le visage dubitatif de la mère de Marius. Le médecin dit des prénoms que Marius doit répéter : &amp;quot;Jacques, Muriel, Florence…&amp;quot; L&#039;enfant prononce &amp;quot;Frolence&amp;quot;. Il bute également sur le prénom &amp;quot;Jocelyne&amp;quot; (22:16). Le cameraman le filme de très près. Petit à petit, Marius parait moins concentré (22:25) et le docteur lui demande s’il est fatigué ou s’il veut abandonner. Il répond &amp;quot;non&amp;quot; en souriant. Gros plan sur le visage de Marius et de sa mère. Leur complicité et leur amour est palpable. &amp;quot;C’est pas le style à abandonner&amp;quot;, affirme-t-elle pour montrer que Marius est un garçon courageux qui veut progresser. Les gros plans poursuivent sur Marius jusqu’à (22:46). La maman parle de leur déménagement et de l’intégration de Marius dans un nouvel établissement scolaire. Elle explique que l’école là-bas a très peur car &amp;quot;ils n&#039;ont jamais vu un enfant dysphasique&amp;quot; (23:15) et parle d’une part de l’importance de son maintien en CP &amp;quot;pour avoir les bases avant d&#039;aller plus loin&amp;quot; (23:28) et d’autre part, de son intégration scolaire dans un milieu ordinaire. C’est un réel bonheur de voir que c’est un enfant qui peut vivre en intégration scolaire ordinaire&amp;quot;, dit-elle (23:35). Pour elle, c&#039;est un pari qu&#039;ils ont gagné. Il reste maintenant les acquisitions mais elle reste confiante : &amp;quot;On va y arriver&amp;quot;, dit-elle (23:49). Cependant le médecin insiste sur le fait que ça va être &amp;quot;un chemin de galère&amp;quot;. Il semble vouloir la préparer à de nombreuses difficultés à venir mais elle ne l&#039;entend qu&#039;à peine. Elle a manifestement besoin de cet optimisme un peu aveugle pour continuer à tenir le coup dans un environnement (le milieu scolaire) où elle est peu entendue et où les besoins de son fils sont mal compris. Après le départ de Marius et de sa mère, le médecin face caméra s’inquiète de la fin de sa deuxième année de CP. Pour lui, le problème ne se sera pas amélioré d&#039;ici là et il faudra se reposer la question d&#039;un &amp;quot;système de préceptorat&amp;quot; ou d&#039;une &amp;quot;classe spécialisée pour enfants dysphasiques&amp;quot; car &amp;quot;il a quand même un trouble qui est net&amp;quot;. (24:20)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1er jour dans la nouvelle école&#039;&#039;&#039; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Gros plan sur le panneau d&#039;entrée d&#039;une ville. Nous sommes à Bennecourt dans les Yvelines, le nouveau lieu de résidence de Marius et sa famille. Le plan s&#039;ouvre sur un grand angle qui montre Marius, sa maman et son petit frère qui partent de la maison, traversent la route et marchent en direction de la nouvelle école des deux garçons. On peut interpréter cette scène comme le symbole d&#039;un nouveau départ. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Toujours comme un repère, la maman et les deux garçons arrivent devant l’école et se mêlent aux autres enfants. Ici, le plan est plus rapproché pour que le spectateur puisse bien voir les expressions faciales de la maman et des enfants. Virgule sonore en mode mineure un peu plus longue que les autres qui crée une atmosphère un tout petit peu inquiétante. La maman, l’air effectivement un peu inquiet, tient ses fils par la main. Elle semble un peu perdue et dit : &amp;quot;Je pense qu’il faut rentrer&amp;quot;. (24:48)&lt;br /&gt;
La maîtresse fait la bise aux élèves qui entrent dans la classe. Certains des élèves et parents présents jettent un coup d’œil vers la caméra (24:56)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Marius, dans la cour de récréation, regarde sa maman de l’autre côté de la grille, qui lui fait signe de la main, il à l’air légèrement déboussolé mais pas inquiet. (25:09)&lt;br /&gt;
Les enfants se mettent en rang et rentrent en classe. La maîtresse, bienveillante, leur dit se d’asseoir où ils veulent. (25:23)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ensuite, elle demande à une élève si elle veut bien laisser sa place à Marius, “juste pour aujourd&#039;hui”, pour qu’il soit à côté de son frère car il ne connait personne (elle devrait dire qu&#039;ils ne connaissent personne puisqu&#039;après tout Hippolyte est nouveau également). En même temps, Marius, toujours debout près de la porte alors que les autres élèves sont assis prononce un &amp;quot;non&amp;quot; retentissant. Est-ce pour refuser d&#039;aller s&#039;asseoir à côté de son frère ? Refuse-t-il la nouvelle école ? Quand la maîtresse lui demande où il veut s&#039;asseoir, il répond &amp;quot;rien&amp;quot;. Les élèves ont l’air perplexe. Ici encore, les visages sont filmés en plan rapproché pour une meilleure visualisation de leurs réactions. (25:49)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une mère persévérante&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le caméraman filme la maman de Marius en plan rapproché. Nous avons presque l’impression qu’elle s’adresse aux spectatrices et spectateurs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans la cuisine, il fait sombre, le léger contre-jour illustre peut-être un certain désespoir de la mère. &lt;br /&gt;
Dans cette scène, elle s’affaire dans la cuisine tout en s’adressant directement au caméraman. Elle dit n’avoir pas vraiment avancé, avoir rencontré une orthophoniste avec qui &amp;quot;ça ne va [probablement] pas aller&amp;quot;. On ressent sa lassitude face à ce combat. Mais elle ajoute qu’elle va en rencontrer une autre rapidement et &amp;quot;si il faut, une autre, une autre&amp;quot;. On sent aussi sa détermination et son courage à travers ses mots. (26:09)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Puis, assise sur une chaise à l’extérieur, sur la terrasse ou dans le jardin, semble-t-il, elle est au téléphone. On entend une voix de femme au bout du fil; On devine qu’elle converse avec une orthophoniste. La maman lui dit l&#039;âge de Marius et semble lui demander si elle a un autre patient du même âge que Marius, peut-être dans le but de se rassurer. Ici, la scène est filmée en gros plan pour davantage de compréhension de l’échange. (26:23)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La lumière du jour évoque la lueur d&#039;un espoir naissant, à l’inverse de la scène dans la cuisine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Immersion dans la classe de Marius&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans la classe de Marius, plan sur plusieurs élèves assis au premier rang (dont Marius et Hippolyte) et la maîtresse debout. On visualise alors le quotidien en classe de Marius de façon assez globale. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La maîtresse parle aux enfants, elle leur explique la consigne de l’exercice : &amp;quot;Si il reconnaît son nom, il lève la main et je lui donne son petit prénom. S&#039;il ne reconnaît pas, on le met de côté.&amp;quot; Elle adopte un ton léger et bienveillant, pour leur faire comprendre que ne pas savoir, ce n’est pas grave. (26:29)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un premier élève, Alexis, lève la main et prend son prénom. La maîtresse demande aux enfants de parler bien fort car cet exercice permet aussi aux nouveaux de connaître les prénoms de leurs camarades. Ainsi, tous les enfants arrivant au CP en provenance de classes de grande section de maternelle différentes peuvent se sentir inclus dans le groupe-classe.(26:40)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Très gros plan sur Marius de profil, sa fiche prénom à la main. Son prénom est écrit de trois façons différentes ; en majuscule scripte, en minuscule scripte et en minuscule cursive. La maîtresse lui demande comment il veut écrire son prénom. Il choisit la première : en majuscule scripte. Ce choix  paraît logique car l’écriture en majuscule est la plus facile à réaliser. (26:45) &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan rapproché sur Marius de profil. La maîtresse dit que ce carton va leur servir très souvent. Marius demande à dessiner un poisson pour décorer sa fiche, la maîtresse accepte et demande s&#039;il préfère dessiner au crayon ou au feutre, ce à quoi il répond qu’il veut le faire au feutre. (26:57) &lt;br /&gt;
L&#039;institutrice fait le tour de classe et vient voir le travail de Marius. Elle le félicite et l’encourage à continuer son œuvre : &amp;quot;C’est bien ça, tu fais tout le tour, ok?”. Marius acquiesce, son feutre à la bouche. Il à l’air à l’aise avec le travail demandé. (27:06)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous voyons ensuite Marius dessiner, en très gros plan puis en plan moyen, avec, en voix off, un commentaire de la maman s’adressant au cameraman : &amp;quot;Marius suit l&#039;enthousiasme de son frère et de sa sœur mais de lui-même, non. Je pense que s&#039;il pouvait rester dans ses petits chaussons, protégé, ça l&#039;arrangerait aussi. Il a envie d&#039;aller aux autres [sic] mais il a toujours cette peur qui fait que c&#039;est moins facile.&amp;quot; (27:30)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Sur une mélodie assez enlevée au piano, plan sur les élèves qui travaillent (Marius a l&#039;air d&#039;observer ce que font certains d&#039;entre eux) puis sortent en récréation. Marius lui, reste dans la classe. Son visage est filmé en gros plan. Il est assis à sa place, seul. Une certaine perplexité se lit sur son visage. Cette scène est difficile à comprendre. S&#039;isole-t-il volontairement , Comment a-t-il exprimé à l&#039;enseignante son souhait de rester seul dans la classe ? Les autres enfants jouent dans la cour, dans la joie et les rires. Plan lointain sur la maîtresse agenouillée devant Marius, près de la porte de la classe. Elle lui tient les épaules. Peut-être est-elle en train de l&#039;encourager à sortir avec les autres. (28:03)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Rendez-vous à l’inspection académique&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Gros plan sur le panneau de l’inspection académique qui signifie que nous changeons de séquence. Reprise de la même mélodie au piano que lors de la séquence précédente. (28:06) &lt;br /&gt;
La maman de Marius, filmée en plan d’ensemble, marche d’un pas décidé dans le couloir menant au bureau d’une femme qui est peut-être l&#039;inspectrice d&#039;académie ou l&#039;une de ses collaboratrices. (28:19) Cette dernière est filmée en plan moyen, assise à un bureau, en face de la maman de Marius que nous voyons de dos. Alternance de champs et contre-champs durant tout l’entretien, ce qui nous plonge intimement dans cet échange. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La représentante de l&#039;inspection académique propose de &amp;quot;mettre une heure par semaine&amp;quot; (elle parle probablement de l&#039;intervention d&#039;un enseignant spécialisé auprès de Marius) pour &amp;quot;différencier le travail et l&#039;adapter autrement que dans le grand groupe-classe.&amp;quot; Elle a conscience que cela &amp;quot;pourrait être encore mieux&amp;quot; mais elle essaie de convaincre la mère de Marius que &amp;quot;ça n&#039;est pas rien&amp;quot; et qu&#039;ils (l&#039;inspection académique ? L&#039;Éducation Nationale ?) n&#039;ont pas &amp;quot;les moyens de mettre un précepteur derrière chaque enfant&amp;quot;. Ce mot de &amp;quot;précepteur&amp;quot; qui évoque une pratique révolue selon laquelle les familles riches, voire aristocratiques, engageaient un précepteur pour faire instruire leur enfant, ce qui, accessoirement, lui évitait de se mêler au petit peuple des écoles publiques, est injurieux. Ce que demande la mère de Marius, ce n&#039;est pas un traitement de faveur, réservé à une sorte d&#039;élite, mais que l&#039;on donne à son fils les moyens de suivre une scolarité ordinaire, malgré son handicap. (28:50) &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La maman entend ces propos mais insiste sur son souhait de construire une intégration qui reste profitable et durable dans le temps. Elle mentionne l’importance des apprentissages fondamentaux qui sont nécessaires à Marius pour entrer dans sa future vie d’adulte autonome. Déterminée et anxieuse, elle dit : &amp;quot;C’est aujourd&#039;hui que le combat se mène.&amp;quot; (29:25)&lt;br /&gt;
Son interlocutrice explique qu’il n’y a pas de refus mais que c’est un travail de collaboration, ce à quoi la maman de Marius répond : &amp;quot;Je pense que l’on construit les choses et je suis consciente qu’il ne faut pas aller à la colère pour avancer et construire ensemble.&amp;quot; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Elle ajoute d’un ton très sûr et avec un sourire sincère qu’elle veut que son enfant soit scolarisé en établissement public et qu’il ait droit à &amp;quot;cette école pour tous, cette école gratuite.&amp;quot; &lt;br /&gt;
Avec un regard déterminé, elle conclut en disant qu’elle se battra pour que ça se fasse, et dans de bonnes conditions.  &lt;br /&gt;
Son interlocutrice, compréhensive, répond alors : &amp;quot;J’espère que vous n’aurez pas trop à vous battre.&amp;quot; Le calme dont fait preuve la maman de Marius face à une interlocutrice qui a essentiellement recours à la langue de bois est impressionnant. En même temps, on observe une différence assez nette avec la séquence du bilan de langage chez le neurologue. En effet, à la fin de ce bilan, le téléspectateur était en droit de se demander si la maman de Marius était vraiment consciente de la gravité du handicap de Marius. L&#039;optimisme et l&#039;énergie dont elle faisait preuve masquaient-ils des illusions sur les possibilités de progrès du petit garçon ? Par contraste, lors de l&#039;entretien à l&#039;inspection académique, c&#039;est elle qui est obligée d&#039;insister sur le fait que les difficultés de Marius nécessitent bien plus de soutien qu&#039;une heure de travail individualisé par semaine. (29:58)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Retrouvailles avec la maman après la première journée d’école&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La journée est finie. Plan d’ensemble sur les enfants de CP qui sortent de l&#039;école. Puis, plan rapproché sur Marius et son frère qui retrouvent leur maman derrière la grille et l’embrassent. La maman, souriante, dégage un certain soulagement en les voyant. Cette bienveillance maternelle et constante émane d’elle une fois encore.  &lt;br /&gt;
Elle prend longuement Marius dans ses bras et semble lui dire : &amp;quot;Ça y est&amp;quot;, comme poursignifier qu’un nouveau cap a été franchi ou tout simplement que la première journée dans la nouvelle école est terminée. Elle lui chuchote des paroles à l’oreille. (30:18)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Puis, pour clore la séquence, plan d’ensemble sur toute la famille (?) de dos en train de marcher sur le trottoir : la mère de Marius porte sa fille, Marius est porté par un homme qui est probablement son père et Hippolyte marche un peu en retrait. (30:21) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En voiture vers le cabinet de l’orthophoniste !&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le caméraman filme la route depuis la place du passager, sûrement pour une meilleure immersion dans le reportage, pendant que la voiture roule en direction du cabinet de l’orthophoniste. Il s’adresse au spectateur en voix off en disant que l’an passé, Marius pouvait suivre ses séances d’orthophonie au sein même de l’école, mais que l’expérience n’a pas pu se renouveler en région parisienne. (30:25)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Puis, plan rapproché sur la maman de Marius, de profil, en train de conduire tout en s’adressant au caméraman. Elle annonce la distance entre leur domicile et le cabinet : 12km. &amp;quot;Ça fait une trotte, il y a 12 km et 12 km ça fait perdre beaucoup du temps et les orthophonistes ont beaucoup de travail.&amp;quot; On entend Marius, à l’arrière, en train de jouer. Sa maman tout en parlant avec le caméraman, garde un œil sur son fils et rit brièvement en l’entendant s&#039;amuser. Elle ajoute (30:44) Elle ajoute ensuite qu&#039;à cause de la distance, les séances d&#039;orthophonie à l&#039;école ne sont pas possibles : &amp;quot;Ça aurait été quelqu&#039;un à trois kilomètres, ça aurait pu se négocier, je pense.&amp;quot; (30:51)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le caméraman, toujours en voix off, lui demande s&#039;il n&#039;était pas possible de trouver quelqu&#039;un à trois kilomètres, ce à quoi elle lui répond que ça dépend : &amp;quot;Trouver une orthophoniste, oui. Maintenant trouver une orthophonie qui sache ce qu’est la dysphasie, le trouble du langage et que surtout c’est notre seul moyen de rééducation pour l’avenir, non, c’est pas facile, non.&amp;quot; (30:15)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Séance d’orthophonie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Marius et sa maman semblent être en retard. À peine garés, la maman ferme la voiture et dit à Marius de se dépêcher puis ils partent en courant en direction du cabinet d’orthophonie. (31:21)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Gros plan sur un écran d’ordinateur sur lequel figure un exercice que Marius fait avec l’aide de l’orthophoniste. &amp;quot;Attention, attention, attention… Voilà.&amp;quot;, dit cette dernière pour l’encourager. Plan plus large sur Marius et l’orthophoniste, de dos, assis devant l’ordinateur. Marius ne semble pas à l’aise avec l’exercice. L’orthophoniste lui dit d’écouter encore s&#039;il ne se rappelle plus : /lo/, /fa/. Elle lui demande de la regarder et articule la syllabe /lo/ en faisant les gestes de la méthode phonético-gestuelle de Suzanne Borel-Maisonny correspondants. (31:43)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;enfant se trompe encore. L&#039;orthophoniste insiste à nouveau sur /lo/ et le son /l/. Elle tente de le rassurer en lui disant qu’il l’a appris l’année dernière, c&#039;est-à-dire qu&#039;il l&#039;a peut-être oublié depuis. Il y parvient enfin : &amp;quot;T’as vu ? /lo/&amp;quot;, lui dit-elle.  (32:01)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan rapproché sur l’orthophoniste qui s&#039;assoit à son bureau. Elle s’adresse à la maman de Marius et lui dit que dès qu’on parle d’évaluation et qu’elle &amp;quot;sort un paquet de tests&amp;quot;, Marius se crispe. Elle procède donc pour l’instant autrement et l’observe, même si &amp;quot;ce n&#039;est pas très scientifique&amp;quot;. (Il faut rappeller que cette orthophoniste, Dominique Morcrette  Elle avoue placer de temps en temps un test, mine de rien. La maman est d’accord avec cette façon de faire. &amp;quot;Oui je pense qu’il vaut mieux du spontané&amp;quot;, explique-t-elle. (32:22)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan global sur l’orthophoniste, Marius en train de jouer à emboîter des pots puis des tonneaux gigognes, et sa maman. L’orthophoniste rappelle qu’elle a pris Marius d’urgence et que les orthophonistes ont des listes d&#039;attente de six mois, ce dont la maman, l’air dépité, a conscience. Mais l’orthophoniste ajoute qu’elle aura des disponibilités à partir de la Toussaint. (32:37)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Échange entre Marius et le caméraman &#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan d’ensemble de Marius et son frère dans le salon. Marius joue, assis par terre, tandis que son frère regarde la télé, assis sur le canapé. Le caméraman parle en voix off. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il dit que depuis sa rencontre avec Marius, il filmait un petit garçon qui dévorait la vie. &amp;quot;Encore une image positive qui faisait de lui un enfant presque comme les autres&amp;quot;, affirme-t-il. Puis il explique que ce jour-là, pour la première fois, Marius lui a parlé de la dysphasie, avec ses mots et ses images à lui.   &lt;br /&gt;
Plan rapproché sur Marius en train de jouer avec une voiture, l’air concentré. Dos à la fenêtre, il est légèrement à contre jour. Le caméraman attire son attention : &amp;quot;Bon, Marius, on a parlé de placard.&amp;quot; Toujours concentré sur son jeu, Marius répond : &amp;quot;dedans, placard, la /dis avi/, dedans le placard.&amp;quot; Le caméraman répond juste &amp;quot;ouais&amp;quot;, pour signifier qu&#039;il l&#039;écoute. Il lui demande ensuite où se trouve le placard, ce à quoi Marius répond : &amp;quot;Dans la tête&amp;quot; et il ajoute &amp;quot;Et requin dedans aussi.&amp;quot; “Dans le placard ?” demande le caméraman, ce à quoi Marius répond “oui”. Le Cameraman dit : &amp;quot;Et il peut la manger ?&amp;quot; Marius le corrige : &amp;quot;Non, avaler. Au bout de quelques instants,il répète &amp;quot;avaler&amp;quot;, toujours très absorbé par son jeu, raison pour laquelle les temps d’attente de ses réponses sont longs. (33:45)&lt;br /&gt;
&amp;quot;Pour toujours ?&amp;quot;, relance le caméraman. Marius met quelques secondes avant de répondre : &amp;quot;Toujours toujours !&amp;quot; L’air enjoué. Le caméraman lui demande s&#039; il la met souvent au placard. Marius répond par l’affirmative et ajoute : &amp;quot;Et fermé à clé.&amp;quot; (34:06)&lt;br /&gt;
Dans cette séquence, il est clairement question de dysphasie (/dis avi/). Elle montre que Marius est conscient de ses difficultés et qu&#039;il a trouvé un moyen symbolique de s&#039;en débarrasser (l&#039;enfermer dans un placard dans sa tête, avec un requin qui va l&#039;avaler). On constate aussi qu&#039;il s&#039;exprime avec plus de facilité (juxtapositions de mots et petits assemblages de mots tout faits sans bégaiement) quand la conversation est indirecte, c&#039;est-à-dire qu&#039;il fait autre chose pendant qu&#039;il parle (ici, il semble essayer de démonter un jouet) et ne se retrouve pas en situation de face à face avec un interlocuteur qui attend explicitement de lui qu&#039;il &amp;quot;produise&amp;quot; du langage. C&#039;est une situation de communication beaucoup plus authentique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Nouvelle réunion de concertation&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan d’ensemble où on aperçoit la maman de Marius entrer dans l’école de son fils. Puis plan rapproché sur la maîtresse de Marius en train de parler. On aperçoit une autre personne de dos et devinons que quatre personnes au moins sont présentes à la réunion. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La maîtresse raconte un exploit de Marius. Ce dernier est venu au tableau et a lu la totalité des mots demandés. On sent sa fierté quand elle ajoute que toute la classe a applaudi Marius en disant : &amp;quot;Tu nous épates !&amp;quot; (34:31)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Filmée de profil, ce qui augmente l’impact de ses propos, elle explique comment Marius a procédé et dit qu’il y est parvenu malgré le gros effort que cela lui a demandé. Elle ajoute : &amp;quot;Cette lenteur, je veux l’intégrer à ce petit groupe de 4-5 enfants qui sont eux même en difficulté, et pour ça j’aimerais bien quelqu&#039;un qui puisse me donner un sacré coup de main.&amp;quot; La caméra est braquée quelques instants sur la maman de Marius, l’air triste et plein d&#039;espoir à la fois. L&#039;institutrice poursuit : &amp;quot;Il faut que je puisse sortir de la classe éventuellement avec ce petit groupe. Si je sors de la classe, il me faut un pédagogue à l&#039;intérieur.&amp;quot; (34:56)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Puis la caméra filme une autre femme qui prend la parole (peut-être l&#039;inspectrice ou une conseillère pédagogique), toujours en plan rapproché pour donner de l’importance aux paroles prononcées de chaque personne présente. Elle affirme être d&#039;accord avec ce qui est dit, néanmoins elle souligne une impossibilité de répondre à cette &amp;quot;offre&amp;quot; (qui est en fait une demande et pas une offre). (35:04)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan sur la maman de Marius, l’air décomposé. Encore une fois, malgré les dispositions législatives (voir paragraphe Contexte), le souhait d&#039;intégration en milieu scolaire ordinaire qu&#039;elle a pour son fils se heurte au manque de moyens et ou à l&#039;immobilisme de l&#039;Éducation nationale. Même si ce n&#039;est pas la situation de Marius qui a motivé le déménagement de la famille, le changement de région n&#039;y a rien fait, cette femme continue à se heurter à des murs.&lt;br /&gt;
Plan rapproché sur la maman de Marius qui essuie une larme et l&#039;enseignante à la grille de l&#039;école, probablement tout de suite après la réunion. La maîtresse rassure la maman et essaie de la faire relativiser en lui disant que le chemin se fera, mais petit à petit. Elle dit qu’ils vont réussir à créer ce petit groupe dont elle a parlé et espère avancer dans la méthode d’apprentissage de l&#039;écriture, de la lecture et la progression. Elle évoque une collaboration avec l&#039;orthophoniste pour pouvoir en apprendre davantage sur la dysphasie puis transmettre ces informations à ses collègues et favoriser l&#039;intégration du petit garçon (sous-entendu, dans les années à venir). Elle conseille aussi à la maman de Marius de prendre de la distance : &amp;quot;Ne vous battez pas pour l&#039;enseignant, l’enseignant peut aussi se battre.&amp;quot; Mais on peut imaginer que ce conseil soit extrêmement difficile à entendre par cette dame qui ne rencontre aucun soutien de la part de l&#039;institution en tant que telle. (35:51) &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;institutrice termine en disant qu’ils ont accepté un enfant avec un handicap et qu’ils vont aller jusqu&#039;au bout. Elle conclut par ces mots : &amp;quot;Pour l’instant je le vois heureux et c’est déjà pas mal.&amp;quot;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cette bienveillance fait sens. La maman de Marius, qu’on voit maintenant en gros plan, a un air légèrement rassuré, bien que relativement sceptique malgré tout, certainement parce qu&#039;elle a maintenant conscience, comme elle l&#039;a exprimé dans les séquences précédentes, à la fois du temps qui passe et de la sévérité du handicap de son fils. (36:03)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Balade dans la nature&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Plan en mouvement, le caméraman court derrière Marius en le filmant. Ce dernier à l’air joyeux, un sac sur le dos et un sachet en plastique à la main, il se retourne brièvement et sourit, tout en continuant sa course sur un chemin de terre bordé d’arbres verts. (36:14)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Puis d’un autre point de vue, on aperçoit Marius et son frère se dirigeant en courant vers la caméra. Il fait beau, la scène respire la bonne humeur. les deux enfants vont peut-être cueillir des mûres ou des myrtilles. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Hippolyte s&#039;exclame qu&#039;il voit leur maison. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Puis, plan sur Marius de dos qui s&#039;éloigne sur le chemin suivi par le chien de la famille. Cette scène répond à la toute première dans laquelle Marius s&#039;avançait vers le caméraman (et donc le spectateur) sur un petit tracteur à pédale. Ici, le film étant presque fini, il quitte le spectateur pour poursuivre son chemin. (36:37)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Cours de piano&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Au premier plan, Marius est assis à côté d’un professeur de piano. Ils jouent une mélodie à quatre mains. &lt;br /&gt;
À l&#039;arrière-plan, on remarque son sœur, son frère et sa mère. Ils observent Marius en souriant, l’air bienveillant. Marius a l&#039;air concentré. La caméra se rapproche progressivement de son visage pour montrer son sourire de plus en plus rayonnant, de même que le professeur. Celui-ci dit : &amp;quot;Et là, tous les deux ensemble, on termine.&amp;quot; Marius plaque le dernier accord et s&#039;exclame : &amp;quot;Encore !&amp;quot; (37:15)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Générique de fin&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le générique se déroule sur fond sonore : Marius continue à jouer sa mélodie au piano, sous les conseils avisés de son professeur. La mélodie est joyeuse mais présente des fausses notes, avec un rythme un peu bancal, peut-être comme un autre symbole de la personnalité et de la vie du petit héros de ce documentaire.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Références={{HTRéf&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=L&#039;orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l&#039;enfant de 3 à 6 ans, Rééducation orthophonique, Paris, mars 2002, n°209.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Bishop, Dorothy VM, Snowling, Margaret J, Thompson Paul A, Greenhalgh, Trisha, and the CATALISE-2 consortium, [https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28369935/ Phase 2 of CATALISE: A multinational and multidisciplinary consensus study of problems with language development: Terminology], Journal of Child Psychology and Psychiatry, octobre 2017, vol. 58(10), pp.1068-1080. (Consulté le 25 août 2025.)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
De Ajuriaguerra, Julian, Manuel de psychiatrie de l&#039;enfant, Paris, Masson et Cie, 1970.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Derumigny, Michèle, [https://www.auvergne-perinat.org/wp-content/uploads/2022/03/consensus-catalise-identification-et-terminologie-des-troubles-du-langage.pdf &amp;quot;Consensus CATALISE (Bishop,... 2016-2017) : identification et terminologie des troubles du langage&amp;quot;], Réseau de santé en périnatalité d&#039;Auvergne. (Consulté le 25 août 2025.)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Touzin, Monique (dir.), Les Dysphasies, Rééducation orthophonique, Paris, juin 2007, n°230.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Vaisse, Léon, [https://www.persee.fr/doc/bmsap_0301-8644_1866_num_1_1_4208 &amp;quot;Des Sourds-muets et de certains cas d&#039;aphasie congénitale&amp;quot;], Bulletins de la Société d&#039;anthropologie de Paris, 1866, IIe série, Tome 1, pp. 146-150.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
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		<title>Traduction:1887</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;{{FicheSousTitres&lt;br /&gt;
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}}&lt;br /&gt;
{{SousTitres&lt;br /&gt;
|nature=Sous-titres&lt;br /&gt;
|langues=fr&lt;br /&gt;
|auteurs=Élisabeth Fischer-Fuchs&lt;br /&gt;
|validLing=Élisabeth Fischer-Fuchs&lt;br /&gt;
|fichiers=A Brother for Susan fr.stl; A Brother for Susan fr.srt&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{SousTitres&lt;br /&gt;
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|auteurs=Élisabeth Fischer-Fuchs&lt;br /&gt;
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		<title>Magazine féminin : orthophonie</title>
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		<updated>2024-03-28T16:28:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Magazine féminin : orthophonie&lt;br /&gt;
|anneeProd=1966&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
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|paysProd=France&lt;br /&gt;
|languesOrigine=fr&lt;br /&gt;
|stesProd=ORTF&lt;br /&gt;
|archives=INA&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|intervenants=Lucile Cooperman&lt;br /&gt;
|duree=5&lt;br /&gt;
|Audience=Locale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Ébauche&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|diffusion=Télévision&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Oui&lt;br /&gt;
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|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Non&lt;br /&gt;
|Animateur=Oui&lt;br /&gt;
|Voix off=Non&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Non&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Anna Hopp&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-2; Crp:Corpus-11&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=La rééducation du langage chez les enfants.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Après une courte introduction, nous assistons à une séance de rééducation d&#039;un enfant ayant été opéré à la suite d&#039;une division palatine. Elle lui pose des questions, et lui fait répété des syllabes ou des nombres. On nous montre ensuite un schéma d&#039;une explication de l&#039;opération à la suite d&#039;une division palatine. Ensuite, nous assistons à une autre séance de rééducation, l&#039;enfant doit répéter des mots, des syllabes et suivre les instructions de son orthophoniste. &lt;br /&gt;
Après ces petits reportages, M.COOPERMAN remercie les orthophonistes, et parle d&#039;une association de parents qui se sont réunis pour offrir aux parents dont les enfants souffrent de troubles du langage, l&#039;aide d&#039;orthophonistes qualifiées. Elle met ensuite en garde les parents pour que ceux-ci n&#039;attendent pas trop longtemps avant d&#039;emmener leurs enfants chez une orthophoniste.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;&#039;Vers 1760 :&#039;&#039;&#039; L&#039;abbé de l&#039;Épée met au point des &#039;&#039;&#039;méthodes d&#039;éducation des enfants sourds.&#039;&#039;&#039; Il crée &#039;&#039;&#039;l&#039;alphabet dactylologique.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1795 :&#039;&#039;&#039; Le docteur Jean Itard fait les &#039;&#039;&#039;premières tentatives d&#039;éducation ou de rééducation du langage&#039;&#039;&#039; auprès de Victor, l&#039;enfant sauvage retrouvé en Aveyron.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1829 : Apparition du mot &#039;&#039;orthophonie&#039;&#039; en France.&#039;&#039;&#039; Le docteur Colombat crée l&#039;Institut orthophonique de Paris, pour le &amp;quot;redressement de la parole&amp;quot;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1925 : Le docteur Victor Veau, chirurgien à l&#039;hôpital Saint Vincent de Paul à Paris fait appel à une phonéticienne et grammairienne, Suzanne Borel&#039;&#039;&#039; pour qu&#039;elle observe les personnes porteuses de fente labio-palatine qu&#039;il a opérées et essaie de  les aider à améliorer leur articulation et leur parole. Elle commence ses premières rééducations de manière expérimentale.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1927 : Publication des travaux de Suzanne Borel dans le livre du Dr Veau, &#039;&#039;Division palatine.&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1929 : Publication des résultats des premières rééducations de Suzanne Borel dans la &#039;&#039;Revue de phonétique.&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fin des années 1920 : Ouverture d&#039;un service de &amp;quot;rééducation de tous les troubles de la parole&amp;quot;&#039;&#039;&#039; (au Service des enfants assistés, rue d&#039;Enfer à Paris ?). Les rééducations sont assurées par Suzanne Borel. Elle crée une &#039;&#039;&#039;nouvelle consultation à l&#039;hôpital Saint-Michel&#039;&#039;&#039; (Paris) avec le Dr Veau.&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1930 : Un seul service hospitalier assure les rééducations de la voix,&#039;&#039;&#039; celui du Dr Tarneaud (fondateur de la Société française de phoniatrie) à l&#039;hôpital Lariboisière et à l&#039;hôpital Bellan. Elles sont confiées à l&#039;une des premières collaboratrices de Suzanne Borel : &#039;&#039;&#039;Claire Dinville.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1930 : À la faculté de médecine de Paris, création du premier cours de laryngologie et phoniatrie&#039;&#039;&#039; (en 10 leçons) dispensé par le Dr Tarneaud et Suzanne Borel.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1933 et suiv. : Suzanne Borel collabore avec des phonéticiens et divers médecins spécialistes&#039;&#039;&#039; (pédiatres, psychiatres, ORL, stomatologues, radiologues). Elle initie des travaux de radiologie qui déboucheront sur les &#039;&#039;&#039;&amp;quot;acougrammes phonétiques&amp;quot;&#039;&#039;&#039; (audiogrammes phonétiques) au travers de l’étude &amp;quot;d’orthodiagrammes&amp;quot; des voyelles et consonnes. Ce sont ces travaux rigoureux qui donneront naissance un peu plus tard aux &#039;&#039;&#039;guide-langues.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les stagiaires qui entourent Suzanne Borel suivent un enseignement clinique dont la durée n’est jamais inférieure à quatre ou cinq ans et elles acquièrent, à leur gré, les notions théoriques en suivant des cours (psychologie, linguistique, phonétique, etc.) dispensés au sein de l’Université.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1937 :&#039;&#039;&#039; Suzanne Borel rencontre le Dr Edouard Pichon (médecin pédiatre, psychanalyste, linguiste et écrivain) à St Vincent de Paul et s’intéresse désormais aux aspects psycholinguistiques de la communication, au développement psychique de l’enfant et de l’adolescent et au bégaiement. ils font paraître une œuvre commune : &#039;&#039;Le bégaiement, sa nature et son traitement.&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ainsi, le domaine de l’orthophonie s’élargit au langage oral et à ses troubles.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1942 :&#039;&#039;&#039; S. Borel entre en contact avec le Dr Simon, collaborateur de Binet, auteurs de &#039;&#039;L’Échelle métrique de l’intelligence&#039;&#039; (test Binet-Simon). Suzanne Borel publie de nombreux articles dans le Bulletin Binet-Simon qui lui est entièrement ouvert. Elle y publiera la quasi-totalité de ses tests.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un pilier essentiel de l’orthophonie est en train de se construire : celui du bilan orthophonique.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1946 : Suzanne Borel-Maisonny travaille sur les troubles instrumentaux des enfants&#039;&#039;&#039; (dyslexie, dysgraphie, troubles du schéma corporel) avec le neuropsychiatre [[Pers:Julian_de_Ajuriaguerra]] au sein de l&#039;équipe de recherche pluridisciplinaire en psychologie et psychopathologie de l&#039;enfant de l&#039;hôpital Sainte-Anne-Henri-Rousselle (avec M. Auzias, J. Bergès, N. Galifret-Granjon, H. Gobineau, D. Koechlin, I. Lézine, I. Santucci, G. Soubiran, M. Stambak, R. Zazzo).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1955 : Premières attestations d&#039;études d&#039;orthophonie&#039;&#039;&#039; délivrées suite aux travaux de Suzanne Borel-Maisonnby, fondatrice de cet enseignement en France. (Formations organisées à Paris puis Lyon et Marseille.)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1957 : Création de l&#039;école de formation des rééducateurs de la dyslexie&#039;&#039;&#039; à l&#039;initiative de Claude Chassagny.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1959 : Création du Syndicat national des orthophonistes (SNO)&#039;&#039;&#039; qui deviendra la FNO par la suite. &#039;&#039;&#039;À Strasbourg, création de l&#039;ADOPSED&#039;&#039;&#039; (Association d&#039;orthopédagogues, psychopédagogues spécialisés dans la rééducation des enfants dyslexiques et le pédagogie curative générale) par un groupe d&#039;enseignants du CMPP de Strasbourg (dont Georges Fronsacq qui assure la présidence de l&#039;ADOPSED pendant plusieurs années), afin de promouvoir les recherches sur l&#039;inadaptation scolaire et former des rééducateurs de dyslexie. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1963 : Création de l&#039;Association des rééducateurs de la parole, du langage écrit et de la voix (ARPLOEV), et de la revue &#039;&#039;Rééducation orthophonique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1964 : Statut légal de la profession.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La loi du 10 juillet institue un diplôme national : le &#039;&#039;&#039;Certificat de capacité d&#039;orthophoniste (C.C.O.)&#039;&#039;&#039;. Les orthophonistes figurent au Livre IV du Code de la Santé Publique. La profession, le titre d&#039;orthophoniste et le domaine de compétences sont protégés en France. La profession est réglementée. L&#039;orthophoniste est un professionnel de santé conventionné avec l&#039;Assurance Maladie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La même année, en réaction au refus de le SNO de prendre en compte certains diplômes pour l&#039;attribution du titre d&#039;orthophoniste par la &amp;quot;Commission de qualification&amp;quot; - notamment les formations de &amp;quot;rééducateurs de la dyslexie, dysorthographie et dyscalculie&amp;quot; assurées sous la responsabilité de Claude Chassagny à Lyon, Georges Fronsacq à Strasbourg et Roger Mucchielli à Nantes, ainsi que le diplôme de &amp;quot;technicien spécialisé en rééducation orthophonique&amp;quot; délivré par l&#039;Institut de psychologie appliquée et d&#039;hygiène mentale de l&#039;université de Clermont-Ferrand (formation assurée par le docteur Doussinet, psychiatre), les praticiens formés à Clermont-Ferrand créent le Syndicat national indépendant des orthophonistes (SNIO). Ils obtiennent gain de cause : le diplôme de Clermont-Ferrand est reconnu. Les rééducateurs de dyslexie se constituent également en syndicat : le Syndicat national des rééducateurs de dyslexie (SNRD)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1965 : Reconnaissance des formations de rééducateurs de dyslexie.&#039;&#039;&#039; Mise en place des premiers centres de formation d&#039;orthophonie dans les facultés de médecine. (NB : À Strasbourg, la formation de rééducateurs en dyslexie puis d&#039;orthophonistes à partir de 1973 a été assurée par l&#039;ADOPSED jusqu&#039;en 1985. La première promotion formée à l&#039;école d&#039;orthophonie de la faculté de médecine de l&#039;université de Strasbourg est la promotion 1987-1991)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pour une chronologie plus complète (jusqu&#039;en 2021) de la profession d&#039;orthophoniste, des textraits des textes réglementaires et quelques éléments démographiques, voir [[Crp:Corpus-2]]&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1966 : 52% des ménages possèdent un téléviseur noir et blanc. 5000 heures d’émissions ont été produites. Dans la distribution des programmes, les actualités représentent près de 20 % des émissions, le sport 7 %, les variétés 13,5 %, les films 23 % et la jeunesse 6,5 %&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film étant une émission de télévision, la présentatrice s&#039;adresse aux téléspectateurs en regardant directement la caméra, on a donc l&#039;impression qu&#039;elle nous regarde dans les yeux. Pendant les séances d&#039;orthophonie, il arrive que les enfants fixent la caméra, ou bien le trajet d&#039;un tire langue oriente le regard du téléspectateur vers la bouche de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Cette vidéo a surtout une vertu préventive, l’orthophonie y est présentée comme une solution pour les enfants ayant été opéré de division palatine, ou ayant des troubles du langage. Le statut légal de la profession a été décrétée il y a seulement 2 ans, peu de gens connaissent encore cette médecine. &lt;br /&gt;
Mme Cooperman encourage les parents à ne pas hésiter à aller chez une orthophoniste, et à suivre le parcours de leurs enfants.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=A la télévision.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Télévisuel&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-08@616.31&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Magazine_f%C3%A9minin_:_orthophonie&amp;diff=32981</id>
		<title>Magazine féminin : orthophonie</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Magazine_f%C3%A9minin_:_orthophonie&amp;diff=32981"/>
		<updated>2024-03-28T16:28:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Magazine féminin : orthophonie&lt;br /&gt;
|anneeProd=1966&lt;br /&gt;
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|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Après une courte introduction, nous assistons à une séance de rééducation d&#039;un enfant ayant été opéré à la suite d&#039;une division palatine. Elle lui pose des questions, et lui fait répété des syllabes ou des nombres. On nous montre ensuite un schéma d&#039;une explication de l&#039;opération à la suite d&#039;une division palatine. Ensuite, nous assistons à une autre séance de rééducation, l&#039;enfant doit répéter des mots, des syllabes et suivre les instructions de son orthophoniste. &lt;br /&gt;
Après ces petits reportages, M.COOPERMAN remercie les orthophonistes, et parle d&#039;une association de parents qui se sont réunis pour offrir aux parents dont les enfants souffrent de troubles du langage, l&#039;aide d&#039;orthophonistes qualifiées. Elle met ensuite en garde les parents pour que ceux-ci n&#039;attendent pas trop longtemps avant d&#039;emmener leurs enfants chez une orthophoniste.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;&#039;Vers 1760 :&#039;&#039;&#039; L&#039;abbé de l&#039;Épée met au point des &#039;&#039;&#039;méthodes d&#039;éducation des enfants sourds.&#039;&#039;&#039; Il crée &#039;&#039;&#039;l&#039;alphabet dactylologique.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1795 :&#039;&#039;&#039; Le docteur Jean Itard fait les &#039;&#039;&#039;premières tentatives d&#039;éducation ou de rééducation du langage&#039;&#039;&#039; auprès de Victor, l&#039;enfant sauvage retrouvé en Aveyron.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1829 : Apparition du mot &#039;&#039;orthophonie&#039;&#039; en France.&#039;&#039;&#039; Le docteur Colombat crée l&#039;Institut orthophonique de Paris, pour le &amp;quot;redressement de la parole&amp;quot;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1925 : Le docteur Victor Veau, chirurgien à l&#039;hôpital Saint Vincent de Paul à Paris fait appel à une phonéticienne et grammairienne, Suzanne Borel&#039;&#039;&#039; pour qu&#039;elle observe les personnes porteuses de fente labio-palatine qu&#039;il a opérées et essaie de  les aider à améliorer leur articulation et leur parole. Elle commence ses premières rééducations de manière expérimentale.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1927 : Publication des travaux de Suzanne Borel dans le livre du Dr Veau, &#039;&#039;Division palatine.&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1929 : Publication des résultats des premières rééducations de Suzanne Borel dans la &#039;&#039;Revue de phonétique.&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fin des années 1920 : Ouverture d&#039;un service de &amp;quot;rééducation de tous les troubles de la parole&amp;quot;&#039;&#039;&#039; (au Service des enfants assistés, rue d&#039;Enfer à Paris ?). Les rééducations sont assurées par Suzanne Borel. Elle crée une &#039;&#039;&#039;nouvelle consultation à l&#039;hôpital Saint-Michel&#039;&#039;&#039; (Paris) avec le Dr Veau.&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1930 : Un seul service hospitalier assure les rééducations de la voix,&#039;&#039;&#039; celui du Dr Tarneaud (fondateur de la Société française de phoniatrie) à l&#039;hôpital Lariboisière et à l&#039;hôpital Bellan. Elles sont confiées à l&#039;une des premières collaboratrices de Suzanne Borel : &#039;&#039;&#039;Claire Dinville.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1930 : À la faculté de médecine de Paris, création du premier cours de laryngologie et phoniatrie&#039;&#039;&#039; (en 10 leçons) dispensé par le Dr Tarneaud et Suzanne Borel.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1933 et suiv. : Suzanne Borel collabore avec des phonéticiens et divers médecins spécialistes&#039;&#039;&#039; (pédiatres, psychiatres, ORL, stomatologues, radiologues). Elle initie des travaux de radiologie qui déboucheront sur les &#039;&#039;&#039;&amp;quot;acougrammes phonétiques&amp;quot;&#039;&#039;&#039; (audiogrammes phonétiques) au travers de l’étude &amp;quot;d’orthodiagrammes&amp;quot; des voyelles et consonnes. Ce sont ces travaux rigoureux qui donneront naissance un peu plus tard aux &#039;&#039;&#039;guide-langues.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les stagiaires qui entourent Suzanne Borel suivent un enseignement clinique dont la durée n’est jamais inférieure à quatre ou cinq ans et elles acquièrent, à leur gré, les notions théoriques en suivant des cours (psychologie, linguistique, phonétique, etc.) dispensés au sein de l’Université.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1937 :&#039;&#039;&#039; Suzanne Borel rencontre le Dr Edouard Pichon (médecin pédiatre, psychanalyste, linguiste et écrivain) à St Vincent de Paul et s’intéresse désormais aux aspects psycholinguistiques de la communication, au développement psychique de l’enfant et de l’adolescent et au bégaiement. ils font paraître une œuvre commune : &#039;&#039;Le bégaiement, sa nature et son traitement.&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ainsi, le domaine de l’orthophonie s’élargit au langage oral et à ses troubles.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1942 :&#039;&#039;&#039; S. Borel entre en contact avec le Dr Simon, collaborateur de Binet, auteurs de &#039;&#039;L’Échelle métrique de l’intelligence&#039;&#039; (test Binet-Simon). Suzanne Borel publie de nombreux articles dans le Bulletin Binet-Simon qui lui est entièrement ouvert. Elle y publiera la quasi-totalité de ses tests.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un pilier essentiel de l’orthophonie est en train de se construire : celui du bilan orthophonique.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1946 : Suzanne Borel-Maisonny travaille sur les troubles instrumentaux des enfants&#039;&#039;&#039; (dyslexie, dysgraphie, troubles du schéma corporel) avec le neuropsychiatre [[Pers:Julian_de_Ajuriaguerra]] au sein de l&#039;équipe de recherche pluridisciplinaire en psychologie et psychopathologie de l&#039;enfant de l&#039;hôpital Sainte-Anne-Henri-Rousselle (avec M. Auzias, J. Bergès, N. Galifret-Granjon, H. Gobineau, D. Koechlin, I. Lézine, I. Santucci, G. Soubiran, M. Stambak, R. Zazzo).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1955 : Premières attestations d&#039;études d&#039;orthophonie&#039;&#039;&#039; délivrées suite aux travaux de Suzanne Borel-Maisonnby, fondatrice de cet enseignement en France. (Formations organisées à Paris puis Lyon et Marseille.)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1957 : Création de l&#039;école de formation des rééducateurs de la dyslexie&#039;&#039;&#039; à l&#039;initiative de Claude Chassagny.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1959 : Création du Syndicat national des orthophonistes (SNO)&#039;&#039;&#039; qui deviendra la FNO par la suite. &#039;&#039;&#039;À Strasbourg, création de l&#039;ADOPSED&#039;&#039;&#039; (Association d&#039;orthopédagogues, psychopédagogues spécialisés dans la rééducation des enfants dyslexiques et le pédagogie curative générale) par un groupe d&#039;enseignants du CMPP de Strasbourg (dont Georges Fronsacq qui assure la présidence de l&#039;ADOPSED pendant plusieurs années), afin de promouvoir les recherches sur l&#039;inadaptation scolaire et former des rééducateurs de dyslexie. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1963 : Création de l&#039;Association des rééducateurs de la parole, du langage écrit et de la voix (ARPLOEV), et de la revue &#039;&#039;Rééducation orthophonique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1964 : Statut légal de la profession.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La loi du 10 juillet institue un diplôme national : le &#039;&#039;&#039;Certificat de capacité d&#039;orthophoniste (C.C.O.)&#039;&#039;&#039;. Les orthophonistes figurent au Livre IV du Code de la Santé Publique. La profession, le titre d&#039;orthophoniste et le domaine de compétences sont protégés en France. La profession est réglementée. L&#039;orthophoniste est un professionnel de santé conventionné avec l&#039;Assurance Maladie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La même année, en réaction au refus de le SNO de prendre en compte certains diplômes pour l&#039;attribution du titre d&#039;orthophoniste par la &amp;quot;Commission de qualification&amp;quot; - notamment les formations de &amp;quot;rééducateurs de la dyslexie, dysorthographie et dyscalculie&amp;quot; assurées sous la responsabilité de Claude Chassagny à Lyon, Georges Fronsacq à Strasbourg et Roger Mucchielli à Nantes, ainsi que le diplôme de &amp;quot;technicien spécialisé en rééducation orthophonique&amp;quot; délivré par l&#039;Institut de psychologie appliquée et d&#039;hygiène mentale de l&#039;université de Clermont-Ferrand (formation assurée par le docteur Doussinet, psychiatre), les praticiens formés à Clermont-Ferrand créent le Syndicat national indépendant des orthophonistes (SNIO). Ils obtiennent gain de cause : le diplôme de Clermont-Ferrand est reconnu. Les rééducateurs de dyslexie se constituent également en syndicat : le Syndicat national des rééducateurs de dyslexie (SNRD)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1965 : Reconnaissance des formations de rééducateurs de dyslexie.&#039;&#039;&#039; Mise en place des premiers centres de formation d&#039;orthophonie dans les facultés de médecine. (NB : À Strasbourg, la formation de rééducateurs en dyslexie puis d&#039;orthophonistes à partir de 1973 a été assurée par l&#039;ADOPSED jusqu&#039;en 1985. La première promotion formée à l&#039;école d&#039;orthophonie de la faculté de médecine de l&#039;université de Strasbourg est la promotion 1987-1991)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pour une chronologie plus complète (jusqu&#039;en 2021) de la profession d&#039;orthophoniste, des textraits des textes réglementaires et quelques éléments démographiques, voir [[Crp:Corpus-2]]&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1966 : 52% des ménages possèdent un téléviseur noir et blanc. 5000 heures d’émissions ont été produites. Dans la distribution des programmes, les actualités représentent près de 20 % des émissions, le sport 7 %, les variétés 13,5 %, les films 23 % et la jeunesse 6,5 %&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film étant une émission de télévision, la présentatrice s&#039;adresse aux téléspectateurs en regardant directement la caméra, on a donc l&#039;impression qu&#039;elle nous regarde dans les yeux. Pendant les séances d&#039;orthophonie, il arrive que les enfants fixent la caméra, ou bien le trajet d&#039;un tire langue oriente le regard du téléspectateur vers la bouche de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Cette vidéo a surtout une vertu préventive, l’orthophonie y est présentée comme une solution pour les enfants ayant été opéré de division palatine, ou ayant des troubles du langage. Le statut légal de la profession a été décrétée il y a seulement 2 ans, peu de gens connaissent encore cette médecine. &lt;br /&gt;
Mme Cooperman encourage les parents à ne pas hésiter à aller chez une orthophoniste, et à suivre le parcours de leurs enfants.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=A la télévision.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Télévisuel&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-08@616.31&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Magazine_f%C3%A9minin_:_orthophonie&amp;diff=32980</id>
		<title>Magazine féminin : orthophonie</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Magazine_f%C3%A9minin_:_orthophonie&amp;diff=32980"/>
		<updated>2024-03-28T16:26:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Magazine féminin : orthophonie&lt;br /&gt;
|anneeProd=1966&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|paysProd=France&lt;br /&gt;
|languesOrigine=fr&lt;br /&gt;
|stesProd=ORTF&lt;br /&gt;
|archives=INA&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|intervenants=Lucile Cooperman&lt;br /&gt;
|duree=5&lt;br /&gt;
|Audience=Locale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Ébauche&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|diffusion=Télévision&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Oui&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Oui&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Non&lt;br /&gt;
|Animateur=Oui&lt;br /&gt;
|Voix off=Non&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Non&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|admNotice=Anna Hopp&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-2; Crp:Corpus-11&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=La rééducation du langage chez les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TEST&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Après une courte introduction, nous assistons à une séance de rééducation d&#039;un enfant ayant été opéré à la suite d&#039;une division palatine. Elle lui pose des questions, et lui fait répété des syllabes ou des nombres. On nous montre ensuite un schéma d&#039;une explication de l&#039;opération à la suite d&#039;une division palatine. Ensuite, nous assistons à une autre séance de rééducation, l&#039;enfant doit répéter des mots, des syllabes et suivre les instructions de son orthophoniste. &lt;br /&gt;
Après ces petits reportages, M.COOPERMAN remercie les orthophonistes, et parle d&#039;une association de parents qui se sont réunis pour offrir aux parents dont les enfants souffrent de troubles du langage, l&#039;aide d&#039;orthophonistes qualifiées. Elle met ensuite en garde les parents pour que ceux-ci n&#039;attendent pas trop longtemps avant d&#039;emmener leurs enfants chez une orthophoniste.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;&#039;Vers 1760 :&#039;&#039;&#039; L&#039;abbé de l&#039;Épée met au point des &#039;&#039;&#039;méthodes d&#039;éducation des enfants sourds.&#039;&#039;&#039; Il crée &#039;&#039;&#039;l&#039;alphabet dactylologique.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1795 :&#039;&#039;&#039; Le docteur Jean Itard fait les &#039;&#039;&#039;premières tentatives d&#039;éducation ou de rééducation du langage&#039;&#039;&#039; auprès de Victor, l&#039;enfant sauvage retrouvé en Aveyron.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1829 : Apparition du mot &#039;&#039;orthophonie&#039;&#039; en France.&#039;&#039;&#039; Le docteur Colombat crée l&#039;Institut orthophonique de Paris, pour le &amp;quot;redressement de la parole&amp;quot;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1925 : Le docteur Victor Veau, chirurgien à l&#039;hôpital Saint Vincent de Paul à Paris fait appel à une phonéticienne et grammairienne, Suzanne Borel&#039;&#039;&#039; pour qu&#039;elle observe les personnes porteuses de fente labio-palatine qu&#039;il a opérées et essaie de  les aider à améliorer leur articulation et leur parole. Elle commence ses premières rééducations de manière expérimentale.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1927 : Publication des travaux de Suzanne Borel dans le livre du Dr Veau, &#039;&#039;Division palatine.&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1929 : Publication des résultats des premières rééducations de Suzanne Borel dans la &#039;&#039;Revue de phonétique.&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fin des années 1920 : Ouverture d&#039;un service de &amp;quot;rééducation de tous les troubles de la parole&amp;quot;&#039;&#039;&#039; (au Service des enfants assistés, rue d&#039;Enfer à Paris ?). Les rééducations sont assurées par Suzanne Borel. Elle crée une &#039;&#039;&#039;nouvelle consultation à l&#039;hôpital Saint-Michel&#039;&#039;&#039; (Paris) avec le Dr Veau.&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1930 : Un seul service hospitalier assure les rééducations de la voix,&#039;&#039;&#039; celui du Dr Tarneaud (fondateur de la Société française de phoniatrie) à l&#039;hôpital Lariboisière et à l&#039;hôpital Bellan. Elles sont confiées à l&#039;une des premières collaboratrices de Suzanne Borel : &#039;&#039;&#039;Claire Dinville.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1930 : À la faculté de médecine de Paris, création du premier cours de laryngologie et phoniatrie&#039;&#039;&#039; (en 10 leçons) dispensé par le Dr Tarneaud et Suzanne Borel.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1933 et suiv. : Suzanne Borel collabore avec des phonéticiens et divers médecins spécialistes&#039;&#039;&#039; (pédiatres, psychiatres, ORL, stomatologues, radiologues). Elle initie des travaux de radiologie qui déboucheront sur les &#039;&#039;&#039;&amp;quot;acougrammes phonétiques&amp;quot;&#039;&#039;&#039; (audiogrammes phonétiques) au travers de l’étude &amp;quot;d’orthodiagrammes&amp;quot; des voyelles et consonnes. Ce sont ces travaux rigoureux qui donneront naissance un peu plus tard aux &#039;&#039;&#039;guide-langues.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les stagiaires qui entourent Suzanne Borel suivent un enseignement clinique dont la durée n’est jamais inférieure à quatre ou cinq ans et elles acquièrent, à leur gré, les notions théoriques en suivant des cours (psychologie, linguistique, phonétique, etc.) dispensés au sein de l’Université.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1937 :&#039;&#039;&#039; Suzanne Borel rencontre le Dr Edouard Pichon (médecin pédiatre, psychanalyste, linguiste et écrivain) à St Vincent de Paul et s’intéresse désormais aux aspects psycholinguistiques de la communication, au développement psychique de l’enfant et de l’adolescent et au bégaiement. ils font paraître une œuvre commune : &#039;&#039;Le bégaiement, sa nature et son traitement.&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ainsi, le domaine de l’orthophonie s’élargit au langage oral et à ses troubles.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1942 :&#039;&#039;&#039; S. Borel entre en contact avec le Dr Simon, collaborateur de Binet, auteurs de &#039;&#039;L’Échelle métrique de l’intelligence&#039;&#039; (test Binet-Simon). Suzanne Borel publie de nombreux articles dans le Bulletin Binet-Simon qui lui est entièrement ouvert. Elle y publiera la quasi-totalité de ses tests.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un pilier essentiel de l’orthophonie est en train de se construire : celui du bilan orthophonique.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1946 : Suzanne Borel-Maisonny travaille sur les troubles instrumentaux des enfants&#039;&#039;&#039; (dyslexie, dysgraphie, troubles du schéma corporel) avec le neuropsychiatre [[Pers:Julian_de_Ajuriaguerra]] au sein de l&#039;équipe de recherche pluridisciplinaire en psychologie et psychopathologie de l&#039;enfant de l&#039;hôpital Sainte-Anne-Henri-Rousselle (avec M. Auzias, J. Bergès, N. Galifret-Granjon, H. Gobineau, D. Koechlin, I. Lézine, I. Santucci, G. Soubiran, M. Stambak, R. Zazzo).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1955 : Premières attestations d&#039;études d&#039;orthophonie&#039;&#039;&#039; délivrées suite aux travaux de Suzanne Borel-Maisonnby, fondatrice de cet enseignement en France. (Formations organisées à Paris puis Lyon et Marseille.)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1957 : Création de l&#039;école de formation des rééducateurs de la dyslexie&#039;&#039;&#039; à l&#039;initiative de Claude Chassagny.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1959 : Création du Syndicat national des orthophonistes (SNO)&#039;&#039;&#039; qui deviendra la FNO par la suite. &#039;&#039;&#039;À Strasbourg, création de l&#039;ADOPSED&#039;&#039;&#039; (Association d&#039;orthopédagogues, psychopédagogues spécialisés dans la rééducation des enfants dyslexiques et le pédagogie curative générale) par un groupe d&#039;enseignants du CMPP de Strasbourg (dont Georges Fronsacq qui assure la présidence de l&#039;ADOPSED pendant plusieurs années), afin de promouvoir les recherches sur l&#039;inadaptation scolaire et former des rééducateurs de dyslexie. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1963 : Création de l&#039;Association des rééducateurs de la parole, du langage écrit et de la voix (ARPLOEV), et de la revue &#039;&#039;Rééducation orthophonique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1964 : Statut légal de la profession.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La loi du 10 juillet institue un diplôme national : le &#039;&#039;&#039;Certificat de capacité d&#039;orthophoniste (C.C.O.)&#039;&#039;&#039;. Les orthophonistes figurent au Livre IV du Code de la Santé Publique. La profession, le titre d&#039;orthophoniste et le domaine de compétences sont protégés en France. La profession est réglementée. L&#039;orthophoniste est un professionnel de santé conventionné avec l&#039;Assurance Maladie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La même année, en réaction au refus de le SNO de prendre en compte certains diplômes pour l&#039;attribution du titre d&#039;orthophoniste par la &amp;quot;Commission de qualification&amp;quot; - notamment les formations de &amp;quot;rééducateurs de la dyslexie, dysorthographie et dyscalculie&amp;quot; assurées sous la responsabilité de Claude Chassagny à Lyon, Georges Fronsacq à Strasbourg et Roger Mucchielli à Nantes, ainsi que le diplôme de &amp;quot;technicien spécialisé en rééducation orthophonique&amp;quot; délivré par l&#039;Institut de psychologie appliquée et d&#039;hygiène mentale de l&#039;université de Clermont-Ferrand (formation assurée par le docteur Doussinet, psychiatre), les praticiens formés à Clermont-Ferrand créent le Syndicat national indépendant des orthophonistes (SNIO). Ils obtiennent gain de cause : le diplôme de Clermont-Ferrand est reconnu. Les rééducateurs de dyslexie se constituent également en syndicat : le Syndicat national des rééducateurs de dyslexie (SNRD)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1965 : Reconnaissance des formations de rééducateurs de dyslexie.&#039;&#039;&#039; Mise en place des premiers centres de formation d&#039;orthophonie dans les facultés de médecine. (NB : À Strasbourg, la formation de rééducateurs en dyslexie puis d&#039;orthophonistes à partir de 1973 a été assurée par l&#039;ADOPSED jusqu&#039;en 1985. La première promotion formée à l&#039;école d&#039;orthophonie de la faculté de médecine de l&#039;université de Strasbourg est la promotion 1987-1991)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pour une chronologie plus complète (jusqu&#039;en 2021) de la profession d&#039;orthophoniste, des textraits des textes réglementaires et quelques éléments démographiques, voir [[Crp:Corpus-2]]&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1966 : 52% des ménages possèdent un téléviseur noir et blanc. 5000 heures d’émissions ont été produites. Dans la distribution des programmes, les actualités représentent près de 20 % des émissions, le sport 7 %, les variétés 13,5 %, les films 23 % et la jeunesse 6,5 %&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film étant une émission de télévision, la présentatrice s&#039;adresse aux téléspectateurs en regardant directement la caméra, on a donc l&#039;impression qu&#039;elle nous regarde dans les yeux. Pendant les séances d&#039;orthophonie, il arrive que les enfants fixent la caméra, ou bien le trajet d&#039;un tire langue oriente le regard du téléspectateur vers la bouche de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Cette vidéo a surtout une vertu préventive, l’orthophonie y est présentée comme une solution pour les enfants ayant été opéré de division palatine, ou ayant des troubles du langage. Le statut légal de la profession a été décrétée il y a seulement 2 ans, peu de gens connaissent encore cette médecine. &lt;br /&gt;
Mme Cooperman encourage les parents à ne pas hésiter à aller chez une orthophoniste, et à suivre le parcours de leurs enfants.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=A la télévision.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
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|Texte=Télévisuel&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|themesMedicaux=616-08@616.31&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
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		<id>https://medfilm-pprd.app.unistra.fr/w/index.php?title=Magazine_f%C3%A9minin_:_orthophonie&amp;diff=32979</id>
		<title>Magazine féminin : orthophonie</title>
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		<updated>2024-03-28T16:26:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Ludovic : Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ficheFilm&lt;br /&gt;
|Titre=Magazine féminin : orthophonie&lt;br /&gt;
|anneeProd=1966&lt;br /&gt;
|formatCouleur=Noir et blanc&lt;br /&gt;
|formatSon=Parlant&lt;br /&gt;
|paysProd=France&lt;br /&gt;
|languesOrigine=fr&lt;br /&gt;
|stesProd=ORTF&lt;br /&gt;
|archives=INA&lt;br /&gt;
|genre=Documentaire&lt;br /&gt;
|intervenants=Lucile Cooperman&lt;br /&gt;
|duree=5&lt;br /&gt;
|Audience=Locale&lt;br /&gt;
|etatFiche=Ébauche&lt;br /&gt;
|Orthographe=Non&lt;br /&gt;
|diffusion=Télévision&lt;br /&gt;
|Images de reportage=Oui&lt;br /&gt;
|Images en plateau=Oui&lt;br /&gt;
|Images d&#039;archives=Oui&lt;br /&gt;
|Séquences d&#039;animation=Non&lt;br /&gt;
|Cartons=Oui&lt;br /&gt;
|Animateur=Oui&lt;br /&gt;
|Voix off=Non&lt;br /&gt;
|Interview=Non&lt;br /&gt;
|Musique et bruitages=Non&lt;br /&gt;
|Images communes avec d&#039;autres films=Non&lt;br /&gt;
|corpus=Crp:Corpus-2; Crp:Corpus-11&lt;br /&gt;
|Sujet={{HTSujet&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=La rééducation du langage chez les enfants.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Résumé={{HTRés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Après une courte introduction, nous assistons à une séance de rééducation d&#039;un enfant ayant été opéré à la suite d&#039;une division palatine. Elle lui pose des questions, et lui fait répété des syllabes ou des nombres. On nous montre ensuite un schéma d&#039;une explication de l&#039;opération à la suite d&#039;une division palatine. Ensuite, nous assistons à une autre séance de rééducation, l&#039;enfant doit répéter des mots, des syllabes et suivre les instructions de son orthophoniste. &lt;br /&gt;
Après ces petits reportages, M.COOPERMAN remercie les orthophonistes, et parle d&#039;une association de parents qui se sont réunis pour offrir aux parents dont les enfants souffrent de troubles du langage, l&#039;aide d&#039;orthophonistes qualifiées. Elle met ensuite en garde les parents pour que ceux-ci n&#039;attendent pas trop longtemps avant d&#039;emmener leurs enfants chez une orthophoniste.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Contexte={{HTCont&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=&#039;&#039;&#039;Vers 1760 :&#039;&#039;&#039; L&#039;abbé de l&#039;Épée met au point des &#039;&#039;&#039;méthodes d&#039;éducation des enfants sourds.&#039;&#039;&#039; Il crée &#039;&#039;&#039;l&#039;alphabet dactylologique.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1795 :&#039;&#039;&#039; Le docteur Jean Itard fait les &#039;&#039;&#039;premières tentatives d&#039;éducation ou de rééducation du langage&#039;&#039;&#039; auprès de Victor, l&#039;enfant sauvage retrouvé en Aveyron.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1829 : Apparition du mot &#039;&#039;orthophonie&#039;&#039; en France.&#039;&#039;&#039; Le docteur Colombat crée l&#039;Institut orthophonique de Paris, pour le &amp;quot;redressement de la parole&amp;quot;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1925 : Le docteur Victor Veau, chirurgien à l&#039;hôpital Saint Vincent de Paul à Paris fait appel à une phonéticienne et grammairienne, Suzanne Borel&#039;&#039;&#039; pour qu&#039;elle observe les personnes porteuses de fente labio-palatine qu&#039;il a opérées et essaie de  les aider à améliorer leur articulation et leur parole. Elle commence ses premières rééducations de manière expérimentale.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1927 : Publication des travaux de Suzanne Borel dans le livre du Dr Veau, &#039;&#039;Division palatine.&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1929 : Publication des résultats des premières rééducations de Suzanne Borel dans la &#039;&#039;Revue de phonétique.&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fin des années 1920 : Ouverture d&#039;un service de &amp;quot;rééducation de tous les troubles de la parole&amp;quot;&#039;&#039;&#039; (au Service des enfants assistés, rue d&#039;Enfer à Paris ?). Les rééducations sont assurées par Suzanne Borel. Elle crée une &#039;&#039;&#039;nouvelle consultation à l&#039;hôpital Saint-Michel&#039;&#039;&#039; (Paris) avec le Dr Veau.&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1930 : Un seul service hospitalier assure les rééducations de la voix,&#039;&#039;&#039; celui du Dr Tarneaud (fondateur de la Société française de phoniatrie) à l&#039;hôpital Lariboisière et à l&#039;hôpital Bellan. Elles sont confiées à l&#039;une des premières collaboratrices de Suzanne Borel : &#039;&#039;&#039;Claire Dinville.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1930 : À la faculté de médecine de Paris, création du premier cours de laryngologie et phoniatrie&#039;&#039;&#039; (en 10 leçons) dispensé par le Dr Tarneaud et Suzanne Borel.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1933 et suiv. : Suzanne Borel collabore avec des phonéticiens et divers médecins spécialistes&#039;&#039;&#039; (pédiatres, psychiatres, ORL, stomatologues, radiologues). Elle initie des travaux de radiologie qui déboucheront sur les &#039;&#039;&#039;&amp;quot;acougrammes phonétiques&amp;quot;&#039;&#039;&#039; (audiogrammes phonétiques) au travers de l’étude &amp;quot;d’orthodiagrammes&amp;quot; des voyelles et consonnes. Ce sont ces travaux rigoureux qui donneront naissance un peu plus tard aux &#039;&#039;&#039;guide-langues.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les stagiaires qui entourent Suzanne Borel suivent un enseignement clinique dont la durée n’est jamais inférieure à quatre ou cinq ans et elles acquièrent, à leur gré, les notions théoriques en suivant des cours (psychologie, linguistique, phonétique, etc.) dispensés au sein de l’Université.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1937 :&#039;&#039;&#039; Suzanne Borel rencontre le Dr Edouard Pichon (médecin pédiatre, psychanalyste, linguiste et écrivain) à St Vincent de Paul et s’intéresse désormais aux aspects psycholinguistiques de la communication, au développement psychique de l’enfant et de l’adolescent et au bégaiement. ils font paraître une œuvre commune : &#039;&#039;Le bégaiement, sa nature et son traitement.&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ainsi, le domaine de l’orthophonie s’élargit au langage oral et à ses troubles.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1942 :&#039;&#039;&#039; S. Borel entre en contact avec le Dr Simon, collaborateur de Binet, auteurs de &#039;&#039;L’Échelle métrique de l’intelligence&#039;&#039; (test Binet-Simon). Suzanne Borel publie de nombreux articles dans le Bulletin Binet-Simon qui lui est entièrement ouvert. Elle y publiera la quasi-totalité de ses tests.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un pilier essentiel de l’orthophonie est en train de se construire : celui du bilan orthophonique.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1946 : Suzanne Borel-Maisonny travaille sur les troubles instrumentaux des enfants&#039;&#039;&#039; (dyslexie, dysgraphie, troubles du schéma corporel) avec le neuropsychiatre [[Pers:Julian_de_Ajuriaguerra]] au sein de l&#039;équipe de recherche pluridisciplinaire en psychologie et psychopathologie de l&#039;enfant de l&#039;hôpital Sainte-Anne-Henri-Rousselle (avec M. Auzias, J. Bergès, N. Galifret-Granjon, H. Gobineau, D. Koechlin, I. Lézine, I. Santucci, G. Soubiran, M. Stambak, R. Zazzo).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1955 : Premières attestations d&#039;études d&#039;orthophonie&#039;&#039;&#039; délivrées suite aux travaux de Suzanne Borel-Maisonnby, fondatrice de cet enseignement en France. (Formations organisées à Paris puis Lyon et Marseille.)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1957 : Création de l&#039;école de formation des rééducateurs de la dyslexie&#039;&#039;&#039; à l&#039;initiative de Claude Chassagny.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1959 : Création du Syndicat national des orthophonistes (SNO)&#039;&#039;&#039; qui deviendra la FNO par la suite. &#039;&#039;&#039;À Strasbourg, création de l&#039;ADOPSED&#039;&#039;&#039; (Association d&#039;orthopédagogues, psychopédagogues spécialisés dans la rééducation des enfants dyslexiques et le pédagogie curative générale) par un groupe d&#039;enseignants du CMPP de Strasbourg (dont Georges Fronsacq qui assure la présidence de l&#039;ADOPSED pendant plusieurs années), afin de promouvoir les recherches sur l&#039;inadaptation scolaire et former des rééducateurs de dyslexie. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1963 : Création de l&#039;Association des rééducateurs de la parole, du langage écrit et de la voix (ARPLOEV), et de la revue &#039;&#039;Rééducation orthophonique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1964 : Statut légal de la profession.&#039;&#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La loi du 10 juillet institue un diplôme national : le &#039;&#039;&#039;Certificat de capacité d&#039;orthophoniste (C.C.O.)&#039;&#039;&#039;. Les orthophonistes figurent au Livre IV du Code de la Santé Publique. La profession, le titre d&#039;orthophoniste et le domaine de compétences sont protégés en France. La profession est réglementée. L&#039;orthophoniste est un professionnel de santé conventionné avec l&#039;Assurance Maladie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La même année, en réaction au refus de le SNO de prendre en compte certains diplômes pour l&#039;attribution du titre d&#039;orthophoniste par la &amp;quot;Commission de qualification&amp;quot; - notamment les formations de &amp;quot;rééducateurs de la dyslexie, dysorthographie et dyscalculie&amp;quot; assurées sous la responsabilité de Claude Chassagny à Lyon, Georges Fronsacq à Strasbourg et Roger Mucchielli à Nantes, ainsi que le diplôme de &amp;quot;technicien spécialisé en rééducation orthophonique&amp;quot; délivré par l&#039;Institut de psychologie appliquée et d&#039;hygiène mentale de l&#039;université de Clermont-Ferrand (formation assurée par le docteur Doussinet, psychiatre), les praticiens formés à Clermont-Ferrand créent le Syndicat national indépendant des orthophonistes (SNIO). Ils obtiennent gain de cause : le diplôme de Clermont-Ferrand est reconnu. Les rééducateurs de dyslexie se constituent également en syndicat : le Syndicat national des rééducateurs de dyslexie (SNRD)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1965 : Reconnaissance des formations de rééducateurs de dyslexie.&#039;&#039;&#039; Mise en place des premiers centres de formation d&#039;orthophonie dans les facultés de médecine. (NB : À Strasbourg, la formation de rééducateurs en dyslexie puis d&#039;orthophonistes à partir de 1973 a été assurée par l&#039;ADOPSED jusqu&#039;en 1985. La première promotion formée à l&#039;école d&#039;orthophonie de la faculté de médecine de l&#039;université de Strasbourg est la promotion 1987-1991)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pour une chronologie plus complète (jusqu&#039;en 2021) de la profession d&#039;orthophoniste, des textraits des textes réglementaires et quelques éléments démographiques, voir [[Crp:Corpus-2]]&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1966 : 52% des ménages possèdent un téléviseur noir et blanc. 5000 heures d’émissions ont été produites. Dans la distribution des programmes, les actualités représentent près de 20 % des émissions, le sport 7 %, les variétés 13,5 %, les films 23 % et la jeunesse 6,5 %&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Direction regard spectateur={{HTDirige&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Ce film étant une émission de télévision, la présentatrice s&#039;adresse aux téléspectateurs en regardant directement la caméra, on a donc l&#039;impression qu&#039;elle nous regarde dans les yeux. Pendant les séances d&#039;orthophonie, il arrive que les enfants fixent la caméra, ou bien le trajet d&#039;un tire langue oriente le regard du téléspectateur vers la bouche de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Présentation médecine={{HTPrés&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Cette vidéo a surtout une vertu préventive, l’orthophonie y est présentée comme une solution pour les enfants ayant été opéré de division palatine, ou ayant des troubles du langage. Le statut légal de la profession a été décrétée il y a seulement 2 ans, peu de gens connaissent encore cette médecine. &lt;br /&gt;
Mme Cooperman encourage les parents à ne pas hésiter à aller chez une orthophoniste, et à suivre le parcours de leurs enfants.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Lieu projection={{HTProj&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=A la télévision.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Public={{HTPub&lt;br /&gt;
|Langue=fr&lt;br /&gt;
|Texte=Télévisuel&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
|Descriptif libre={{HTDesc&lt;br /&gt;
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}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Ludovic</name></author>
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