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« La médecine pénitentiaire » : différence entre les versions
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Extérieur nuit. Un gardien entre dans une prison. Suivi par la caméra, il passe devant le bureau d’un de ses collègues qui se lève pour appuyer sur le bouton déverrouillant une grille. Il ouvre celle-ci, la referme après son passage et s’engage dans un couloir. Zoom avant. Il ouvre une porte et passe devant une rangée de cellules. Filmé en plan américain, il arrive devant l’une d’entre elles, regarde à travers le judas de la porte, met la clef dans la serrure, déverrouille celle-ci et l’ouvre. Après avoir jeté un bref coup d’œil à l’intérieur, il la referme, la verrouille à nouveau et repart. Le gardien arrive devant une autre porte, l’ouvre et entre dans la pièce. Une infirmière s’y lave les mains. En voix off, Pierre Desgraupes indique qu’il s’agit du bloc opératoire « ultra | Extérieur nuit. Un gardien entre dans une prison. Suivi par la caméra, il passe devant le bureau d’un de ses collègues qui se lève pour appuyer sur le bouton déverrouillant une grille. Il ouvre celle-ci, la referme après son passage et s’engage dans un couloir. Zoom avant. Il ouvre une porte et passe devant une rangée de cellules. Filmé en plan américain, il arrive devant l’une d’entre elles, regarde à travers le judas de la porte, met la clef dans la serrure, déverrouille celle-ci et l’ouvre. Après avoir jeté un bref coup d’œil à l’intérieur, il la referme, la verrouille à nouveau et repart. Le gardien arrive devant une autre porte, l’ouvre et entre dans la pièce. Une infirmière s’y lave les mains. En voix off, Pierre Desgraupes indique qu’il s’agit du bloc opératoire « ultra moderne » de l’hôpital central de la prison de Fresnes, ce qui n’a rien d’étonnant, selon lui : la population carcérale française représente celle d’une ville « de moyenne importance ». [02'11] | ||
L’inspecteur général des services de santé de l’administration pénitentiaire confirme qu’il y a en France 30 000 détenus, groupés dans 180 prisons. Il précise que l’hôpital de la prison de Fresnes accueille tous les détenus de la région parisienne et les condamnés « de toute la France » avec 350 lits à disposition et qu’il y a eu « l’année dernière 2 500 admissions, 11 000 journées d’hospitalisation et 487 interventions chirurgicales ». Il ajoute que d’autres établissements existent à Liancourt pour les vieillards, à Pau pour les asthmatiques et les emphysémateux « non-tuberculeux », à Eysses, Nîmes et Poissy pour les handicapés et à Château-Thierry et Haguenau pour la psychiatrie. Pierre Desgraupes pose alors la question de la protection sociale des prisonniers et de leurs familles. L’inspecteur répond que ceux-ci n’ont plus droit à la Sécurité Sociale, ce qui ne porte pas à conséquence car ils sont soignés « gratuitement », et que leurs proches sont aussi pénalisés, ce que le journaliste estime « un peu » injuste. Les deux hommes évoquent ensuite les soins dans l’hôpital, qui sont pour la plupart habituels à tous les établissements analogues, tout en présentant quelques spécificités dues aux particularités des patients et des conditions d’hospitalisation. [04’40] | L’inspecteur général des services de santé de l’administration pénitentiaire confirme qu’il y a en France 30 000 détenus, groupés dans 180 prisons. Il précise que l’hôpital de la prison de Fresnes accueille tous les détenus de la région parisienne et les condamnés « de toute la France » avec 350 lits à disposition et qu’il y a eu « l’année dernière 2 500 admissions, 11 000 journées d’hospitalisation et 487 interventions chirurgicales ». Il ajoute que d’autres établissements existent à Liancourt pour les vieillards, à Pau pour les asthmatiques et les emphysémateux « non-tuberculeux », à Eysses, Nîmes et Poissy pour les handicapés et à Château-Thierry et Haguenau pour la psychiatrie. Pierre Desgraupes pose alors la question de la protection sociale des prisonniers et de leurs familles. L’inspecteur répond que ceux-ci n’ont plus droit à la Sécurité Sociale, ce qui ne porte pas à conséquence car ils sont soignés « gratuitement », et que leurs proches sont aussi pénalisés, ce que le journaliste estime « un peu » injuste. Les deux hommes évoquent ensuite les soins dans l’hôpital, qui sont pour la plupart habituels à tous les établissements analogues, tout en présentant quelques spécificités dues aux particularités des patients et des conditions d’hospitalisation. [04’40] | ||
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Un gardien regarde à l’intérieur d’une cellule par le judas de la porte, ouvre celle-ci, la referme et continue sa ronde, dos à la caméra et en s’éloignant de celle-ci. Coupure. Gros plan de trois quarts face droite. Le premier chirurgien vu dans le reportage revient à l’image. Pierre Desgraupes évoque avec lui l’accompagnement des condamnés à mort « jusqu’au dernier moment ». Visiblement ému, le chirurgien confirme avoir accompagné deux hommes à l’échafaud. Ne voulant pas s’attarder sur ce sujet, il dit se souvenir avant tout de leur courage. Il trouve douloureux de devoir accompagner des gens vers la mort alors qu’il veut sauver des vies. Le journaliste aborde ensuite la question des naissances en prison. Gros plan de face. Le chirurgien mentionne l’existence méconnue d’un service de maternité. Les enfants restent dix-huit mois avec leur mère puis sont emmenés par les services sociaux, ce qu’il considère comme « effroyable » et nécessitant une solution. Il indique qu’il y a eu trente-deux accouchements au pavillon René Leriche en 1965. [47’02] | Un gardien regarde à l’intérieur d’une cellule par le judas de la porte, ouvre celle-ci, la referme et continue sa ronde, dos à la caméra et en s’éloignant de celle-ci. Coupure. Gros plan de trois quarts face droite. Le premier chirurgien vu dans le reportage revient à l’image. Pierre Desgraupes évoque avec lui l’accompagnement des condamnés à mort « jusqu’au dernier moment ». Visiblement ému, le chirurgien confirme avoir accompagné deux hommes à l’échafaud. Ne voulant pas s’attarder sur ce sujet, il dit se souvenir avant tout de leur courage. Il trouve douloureux de devoir accompagner des gens vers la mort alors qu’il veut sauver des vies. Le journaliste aborde ensuite la question des naissances en prison. Gros plan de face. Le chirurgien mentionne l’existence méconnue d’un service de maternité. Les enfants restent dix-huit mois avec leur mère puis sont emmenés par les services sociaux, ce qu’il considère comme « effroyable » et nécessitant une solution. Il indique qu’il y a eu trente-deux accouchements au pavillon René Leriche en 1965. [47’02] | ||
Plan fixe, zoom avant jusqu’à un plan moyen, zoom arrière et plan panoramique. Une religieuse ouvre la porte d’une salle où une mère détenue est en train de langer son enfant. Celle-ci lui remet le bébé. La nonne le dépose un instant dans un berceau puis le reprend pour le remettre sur la table à langer. Elle sort ensuite de la pièce, reforme la porte et marche dans le couloir jusqu’à la prochaine cellule. En voix off, Pierre Desgraupes présente le pavillon René Leriche où accouchent les détenues enceintes et où les | Plan fixe, zoom avant jusqu’à un plan moyen, zoom arrière et plan panoramique. Une religieuse ouvre la porte d’une salle où une mère détenue est en train de langer son enfant. Celle-ci lui remet le bébé. La nonne le dépose un instant dans un berceau puis le reprend pour le remettre sur la table à langer. Elle sort ensuite de la pièce, reforme la porte et marche dans le couloir jusqu’à la prochaine cellule. En voix off, Pierre Desgraupes présente le pavillon René Leriche où accouchent les détenues enceintes et où les nouveau-nés sont gardés « quelques mois ». L’inspecteur général des services de santé de l’administration pénitentiaire, déjà interviewé au début du film, précise que la cellule montrée ici est l’une de celles de la salle d’accouchement et que des conseils sont donnés par la religieuse à la détenue. [47’55] | ||
Plan fixe, léger zoom avant jusqu’à un plan d’ensemble. | Plan fixe, léger zoom avant jusqu’à un plan d’ensemble. À travers le judas d’une porte de cellule entrouverte peut être distingué une détenue à laquelle sa petite fille dit « Maman ». La silhouette du journaliste se dessine sur la porte. Il ouvre celle-ci, entre dans la pièce et s’assoit face à la détenue, elle-même assise avec son enfant sur les genoux. Il la salue et lui demande l’âge et le prénom de sa petite fille, puis les raisons de sa détention. Son bébé aura « dix-huit mois dans dix-huit jours », s’appelle Marie-Reine et est née à la prison où elle-même est incarcérée pour le meurtre du père de celle-ci. Elle reconnaît avoir tué mais précise qu’il n’y avait pas préméditation et attend maintenant son passage en cours d’assises, sans savoir quand. Zoom avant accentué jusqu’à un plan rapproché taille. Sa petite fille lui sera enlevée « le 9 novembre », car sa famille ne veut pas s’en occuper, sa grand-mère notamment n’ayant pas les moyens financiers pour cela. Elle sera donc placée dans une institution pour enfants de prisonniers. Au journaliste qui lui demande si ne pas savoir quand elle reverra son enfant constitue un problème, elle répond par l’affirmative d’une voix sourde, marquée par l’émotion. Il la remercie, se lève, serre le poignet gauche du bébé qui lui sourit. Zoom arrière. Il sort de la cellule dont la porte se referme derrière lui. Le judas, toujours ouvert, permet d’apercevoir un moment la petite fille. [49’31] | ||
'''Les jeunes détenus''' | '''Les jeunes détenus''' | ||
Pierres Desgraupes se tourne vers la caméra et explique que le cas des jeunes détenus nécessite une présence permanente du médecin de prison. Le domaine de la délinquance juvénile offre de plus grandes chances de succès à une « société raisonnable » qui cherche à voir en la prison un traitement et non plus un châtiment. Les jeunes peuvent en effet être plus facilement récupérés que des gens « déjà âgés et déjà formés ». Plan d’ensemble, le journaliste est assis à la même table qu’auparavant avec le deuxième psychiatre. Il a face à lui un nouveau médecin auquel il demande de définir son rôle. Plan moyen. Celui-ci explique que sa tâche consiste essentiellement à trier, du fait des multiples causes de la délinquance juvénile. Les jeunes ne sont pas tous des « mauvais à punir » ou des « malades ». Gros plans de profil droit puis de face. Le journaliste en déduit que les uns doivent être distingués des autres. Le médecin confirme et précise qu’une observation normale par le psychiatre et son équipe doit permettre de déceler chez eux des problèmes sociaux, éducatifs ou médicaux, ces derniers pouvant être organiques ou psychologiques. Il faut différencier la crise d’adolescence et une psychose naissante. Le journaliste demande au médecin si la délinquance juvénile est en augmentation. | Pierres Desgraupes se tourne vers la caméra et explique que le cas des jeunes détenus nécessite une présence permanente du médecin de prison. Le domaine de la délinquance juvénile offre de plus grandes chances de succès à une « société raisonnable » qui cherche à voir en la prison un traitement et non plus un châtiment. Les jeunes peuvent en effet être plus facilement récupérés que des gens « déjà âgés et déjà formés ». Plan d’ensemble, le journaliste est assis à la même table qu’auparavant avec le deuxième psychiatre. Il a face à lui un nouveau médecin auquel il demande de définir son rôle. Plan moyen. Celui-ci explique que sa tâche consiste essentiellement à trier, du fait des multiples causes de la délinquance juvénile. Les jeunes ne sont pas tous des « mauvais à punir » ou des « malades ». Gros plans de profil droit puis de face. Le journaliste en déduit que les uns doivent être distingués des autres. Le médecin confirme et précise qu’une observation normale par le psychiatre et son équipe doit permettre de déceler chez eux des problèmes sociaux, éducatifs ou médicaux, ces derniers pouvant être organiques ou psychologiques. Il faut différencier la crise d’adolescence et une psychose naissante. Le journaliste demande au médecin si la délinquance juvénile est en augmentation. À nouveau gros plan de face. Celui-ci répond affirmativement mais précise qu’elle reste proportionnellement constante. La population juvénile ayant doublé, il est normal que la délinquance juvénile fasse de même. Nouveau retour au plan d’ensemble puis au gros plan de face. Pierre Desgraupes demande alors si le délit lui-même n’a pas changé dans sa forme. Le médecin estime que l’évolution des habitudes sociales en est la cause et s’inquiète de l’augmentation de la violence. Bref retour au plan d’ensemble puis à nouveau gros plan de face. Au journaliste qui demande s’il est possible aux psychiatres et sociologues d’en établir les causes, il répond qu’ils s’efforcent d’en comprendre les ressorts dans le cas de délits mineurs. Retour au gros plan de profit droit sur le journaliste qui se demande si la société et son mode de vie n’en sont pas responsables. Nouveau gros plan de face sur le médecin qui pense le contraire mais est néanmoins frappé par une « attitude permissive » de celle-ci face à certains délits et choqué par la banalisation des vols. À nouveau, plan d’ensemble, puis gros plan de profil et de face. Pierre Desgraupes se demande si l’augmentation du besoin de confort et « d’argent immédiat » chez les jeunes n’est pas le corollaire du même phénomène chez les adultes. Le médecin confirme que cela est un facteur pouvant expliquer certains délits. | ||
Le journaliste annonce l’interview de « deux jeunes délinquants » et demande au médecin qui ils sont. Celui-ci | Le journaliste annonce l’interview de « deux jeunes délinquants » et demande au médecin qui ils sont. Celui-ci présente l’un comme membre d’une bande volant des voitures et l’autre comme un récidiviste qui illustre selon lui le problème de la prévention de ce phénomène. [56’16] | ||
Le médecin et le journaliste sont assis avec un jeune délinquant dont le visage est caché dans la pénombre. Il a 17 ans et a été condamné pour vol de voiture avec coups et blessures au propriétaire. | Le médecin et le journaliste sont assis avec un jeune délinquant dont le visage est caché dans la pénombre. Il a 17 ans et a été condamné pour vol de voiture avec coups et blessures au propriétaire. À dix-sept dans une bande, ils ont volé une centaine de voitures. Lui-même en a dérobé « une vingtaine ». Ils utilisent ces véhicules pour se promener et les abandonnent quand il n’y a plus d’essence. La bande s’est constituée dans des cafés avec pour objectif le vol de voitures. Sur les dix-sept membres, deux sont des filles. Le psychiatre précise que c’est la « proportion habituelle ». Desgraupes reprend son entretien avec le jeune. Celui-ci travaillait dans une fabrique de lits depuis « un an et demi » mais le salaire ne lui convenait pas. Sa scolarité s’est arrêtée au Certificat d’Études Primaires. Selon ses dires, il n’a pas de chef dans cette bande dont tous les membres sont incarcérés. Il va au cinéma le dimanche mais rien ne l’intéresse, à part « la liberté ». Le journaliste lui fait remarquer qu’il n’est « pas gâté en ce moment » et lui demande si, seul, il aurait volé des voitures, ce que le jeune ne pense pas. Le psychiatre intervient pour souligner que beaucoup de bandes de délinquants sont composées d’individus qui commettent en groupe des délits qu’ils ne feraient jamais seuls. C’est selon lui un point essentiel de psychologie de groupe, qui « permet ce que l’individu ne se permet pas à lui-même ». S’y ajoutent des réactions de prestance, une volonté de ne pas se montrer « dégonflé » devant les copains. Pierre Desgraupes demande alors au jeune pourquoi il a frappé le propriétaire de la voiture. Il répond que c’est parce que celui-ci s’en était pris à l’un de ses copains qui avait des béquilles. Il l’aurait fait de toute façon. Le journaliste lui demande en insistant s’il regrette son acte. Le jeune répond que oui, car il aurait déjà été libéré s’il n’avait pas été violent. [59’38] | ||
Retour au gros plan de face du psychiatre. Le journaliste lui demande si le jeune était sincère lorsqu’il disait regretter son acte. Selon le médecin, il regrette surtout « la liberté perdue ». Lui et son équipe doivent savoir s’il risque de récidiver. C’est un risque fort chez un jeune qui n’a pas un métier motivant et qui est par conséquent sans argent. | Retour au gros plan de face du psychiatre. Le journaliste lui demande si le jeune était sincère lorsqu’il disait regretter son acte. Selon le médecin, il regrette surtout « la liberté perdue ». Lui et son équipe doivent savoir s’il risque de récidiver. C’est un risque fort chez un jeune qui n’a pas un métier motivant et qui est par conséquent sans argent. À Pierre Desgraupes qui lui demande quel en est le mécanisme, le médecin lui propose d’examiner le cas d’un récidiviste. [60’31] | ||
À nouveau, alternance de plans d’ensemble, de plans moyens et de gros plans de face et de profil. Les deux hommes sont face à un autre délinquant caché dans l’ombre. Il dit avoir « 16 ans et demi » et être condamné pour la quatrième fois. Il a d’abord volé de l’argent à un ouvrier, puis une « mobylettre » dans la rue. Il est maintenant en prison pour tentative d’effraction dans une cave. Le psychiatre intervient alors et lui fait expliquer sa situation familiale. Il n’a jamais connu son père et a porté le nom d’un homme dont il a ensuite appris qu’il ne l’était pas. Sa mère a divorcé de ce dernier car « ils se battaient tous les jours ». Il est ensuite allé dans un orphelinat avant que sa mère ne le reprenne et ne l’emmène à Paris « pour travailler ». Au médecin qui lui demande la raison de son premier vol et pourquoi il a récidivé, il répond qu’il n’a pas d’argent et que, sans cela, il ne peut pas acheter ce qui lui plaît. Pierre Desgraupes et le psychiatre se font moralisateurs et lui demandent si cela va durer « toute sa vie », et s’il ne pourrait pas s’installer et vivre normalement. Le jeune leur rétorque qu’il dort dans la cuisine. Au journaliste qui lui demande s’il travaillait, il répond qu’il a été dans une boucherie, une chaudronnerie et une menuiserie, mais que sa mère lui prenait sa paye pour qu’il ne dépense pas « tout d’un coup ». Le journaliste se tourne vers le médecin pour lui demander si la solution ne serait pas de lui laisser l’argent qu’il gagne. Son interlocuteur explique que ce problème est social et personnel puis, se tournant à nouveau vers le jeune, lui demande s’il est toujours cafardeux. Celui-ci répond que oui. Il est très seul et évite les relations qui pourraient l’entraîner à faire pire. Il n’a jamais de visites de sa mère en prison et sortira « le 29 novembre ». Le psychiatre indique qu’il va essayer de le placer dans un foyer avec un encadrement affectif, un logement et une recherche de travail, sous réserve de la décision du juge. Le jeune dit vouloir être tôlier. Ayant bientôt 17 ans, il pourra alors faire une « Formation Professionnelle Accélérée » Pierre Desgraupes demande si le suivi des mineurs continue après la sortie de prison. Le médecin répond que celui-ci se fait via des cabinets médicaux extérieurs rattachés au juge des enfants et qu’ils travaillent aussi avec le service de prophylaxie mentale de l’O.P.H.S. de la préfecture ce qui, pour un jeune ayant des tendances dépressives marquées comme celui-ci, peut être bénéfique. [64’30] | |||
'''Conclusion''' | '''Conclusion''' | ||
Dans un couloir de la prison, un surveillant fait sa ronde. Le journaliste retrouve le secrétaire général des services médicaux de l’administration pénitentiaire, maintenant en blouse blanche, dans ce couloir. En conclusion de cette visite, il lui rapporte son impression d’une médecine de plus en plus associée à l’exécution de la peine, mais encore trop spectatrice de la justice elle-même, et lui demande comment ce qu’il pense « de la justice et de son efficacité. Zoom avant jusqu’à un gros plan Son interlocuteur | Dans un couloir de la prison, un surveillant fait sa ronde. Le journaliste retrouve le secrétaire général des services médicaux de l’administration pénitentiaire, maintenant en blouse blanche, dans ce couloir. En conclusion de cette visite, il lui rapporte son impression d’une médecine de plus en plus associée à l’exécution de la peine, mais encore trop spectatrice de la justice elle-même, et lui demande comment ce qu’il pense « de la justice et de son efficacité. Zoom avant jusqu’à un gros plan. Son interlocuteur reconnaît cette situation et, dans la mesure où la médecine est de plus en plus importante avant et après le jugement, il déplore qu’il ne soit pas appelé jusqu’au bout de la réinsertion du prisonnier. Il est utile mais aussi utilisé et son avis n’est que consultatif. Il espère qu’à l’avenir, les peines ne seront plus une punition mais un traitement des détenus. Mais, pour cela, il faut d’après lui que le médecin puisse aider le juge par ses conseils, voire contribuer à la fixation de la peine. Zoom arrière et retour au plan rapproché taille. Se tournant vers la caméra, Pierre Desgraupes indique que la médecine pénitentiaire fait l’objet d’un enseignement officiel à la Faculté de Médecine de Paris. [67’24] | ||
Un professeur d’université est interviewé par le journaliste, lequel est hors champ et lui demande si la médecine pénitentiaire est enseignée dans les facultés d’autres pays. L’enseignant répond négativement et, à une nouvelle question sur cet enseignement, ajoute que celui-ci sera théorique, avec des notions d’administration pénitentiaire et de pathologie carcérale, et pratique avec des stages dans les prisons. Avec ce bagage, ceux qui suivront ce cursus seront selon lui de « bons médecins de prison. [68’27] | Un professeur d’université est interviewé par le journaliste, lequel est hors champ et lui demande si la médecine pénitentiaire est enseignée dans les facultés d’autres pays. L’enseignant répond négativement et, à une nouvelle question sur cet enseignement, ajoute que celui-ci sera théorique, avec des notions d’administration pénitentiaire et de pathologie carcérale, et pratique avec des stages dans les prisons. Avec ce bagage, ceux qui suivront ce cursus seront selon lui de « bons médecins de prison ». [68’27] | ||
Plan fixe. Retour sur les deux lavabos du bloc opératoire vu au début du reportage et filmé ici depuis le couloir. Zoom arrière et plan panoramique. Le gardien sort de la pièce et marche dans le couloir. Plan d’ensemble, zoom arrière et plan panoramique. Il arrive face à la caméra, referme une porte vitrée derrière lui, ouvre la grille et repasse devant son collègue. En voix off, Pierre Desgraupes conclut sur ce lieu au croisement de ces deux « misères humaines » que sont la prison et l’hôpital. Il pense y avoir compris que ce n’est pas un ghetto à l’écart du monde mais | Plan fixe. Retour sur les deux lavabos du bloc opératoire vu au début du reportage et filmé ici depuis le couloir. Zoom arrière et plan panoramique. Le gardien sort de la pièce et marche dans le couloir. Plan d’ensemble, zoom arrière et plan panoramique. Il arrive face à la caméra, referme une porte vitrée derrière lui, ouvre la grille et repasse devant son collègue. En voix off, Pierre Desgraupes conclut sur ce lieu au croisement de ces deux « misères humaines » que sont la prison et l’hôpital. Il pense y avoir compris que ce n’est pas un ghetto à l’écart du monde mais que c'est un « modèle réduit », une « arche de Noé à l’envers ». Fascinante et effrayante, elle est humaine mais pathologique et les médecins sont d’après lui « les mieux placés pour l’interpréter ». [69’25] | ||
Générique de fin. Retour à l’extérieur nuit du début. Plan général. Le gardien quitte le bâtiment et sort progressivement du champ de la caméra. | Générique de fin. Retour à l’extérieur nuit du début. Plan général. Le gardien quitte le bâtiment et sort progressivement du champ de la caméra. | ||
Dernière version du 21 février 2024 à 16:12
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Titre :
La médecine pénitentiaire
Série :
Année de production :
Pays de production :
Durée :
71 minutes
Format :
Parlant - Couleur - 8 mm
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :
Corpus :
Générique principal
Contenus
Sujet
Genre dominant
Résumé
Contexte
Éléments structurants du film
- Images de reportage : Oui.
- Images en plateau : Non.
- Images d'archives : Non.
- Séquences d'animation : Non.
- Cartons : Non.
- Animateur : Oui.
- Voix off : Oui.
- Interview : Oui.
- Musique et bruitages : Oui.
- Images communes avec d'autres films : Non.
Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?
Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?
Diffusion et réception
Où le film est-il projeté ?
Communications et événements associés au film
Public
Audience
Descriptif libre
Notes complémentaires
Références et documents externes
Contributeurs
- Auteurs de la fiche : Emmanuel Nuss, Juliette Reichenbach

