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« Mot à mot : orthophonie » : différence entre les versions
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| | |anneeDiff=1979 | ||
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|Texte=L'intervention de la voix off est assez minimale. Ce sont plutôt les extraits d'interview de Suzanne Borel qui servent de commentaire aux séances de rééducation individuelles ou en groupes qui sont montrées et qui apportent un éclairage théorique à leur sujet. | |||
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Retour sur Suzanne Borel-Maisonny assise, un stylo à la main, devant la cage de perroquet. Elle attire l'attention sur le fait qu'il n'y avait rien dans les hôpitaux "comme rééducation, sauf peut-être un peu à la Salpétrière, et plus tard d'ailleurs, pour les aphasiques. Autrement, il n'y avait rien." L'intervieweuse reformule pour préciser : "quand un enfant [...] avait un retard de parole ou un trouble de langage, on ne faisait rien." Suzanne Borel-Maisonny confirme : "Non, puisqu'on ne savait pas quoi faire. [...] On donnait quelque pilule, quelque sirop, quelque remède pas très efficace [...]" Elle explique que "ce n'est pas une affaire de traitement médical". Entre-temps, la caméra a dézoomé et on aperçoit de nouveau le perroquet qui descend le long de sa cage. (07:10)<br><br> | Retour sur Suzanne Borel-Maisonny assise, un stylo à la main, devant la cage de perroquet. Elle attire l'attention sur le fait qu'il n'y avait rien dans les hôpitaux "comme rééducation, sauf peut-être un peu à la Salpétrière, et plus tard d'ailleurs, pour les aphasiques. Autrement, il n'y avait rien." L'intervieweuse reformule pour préciser : "quand un enfant [...] avait un retard de parole ou un trouble de langage, on ne faisait rien." Suzanne Borel-Maisonny confirme : "Non, puisqu'on ne savait pas quoi faire. [...] On donnait quelque pilule, quelque sirop, quelque remède pas très efficace [...]" Elle explique que "ce n'est pas une affaire de traitement médical". Entre-temps, la caméra a dézoomé et on aperçoit de nouveau le perroquet qui descend le long de sa cage. (07:10)<br><br> | ||
'''Une première consultation orthophonique'''<br> | '''Une première consultation orthophonique'''<br> | ||
Une femme en blouse blanche et un très jeune garçon sont assis à une table sur laquelle sont posés divers papiers. Dézoom. Une jeune femme en robe à fleurs avec une fillette un peu plus âgée sur ses genoux est assise au bout de la table. IL s'agit d'une première consultation. La voix off (par dessus l'entretien entre les deux femmes) insiste sur le contraste entre la situation actuelle (1979) et le récit qui vient d'être fait : " | Une femme en blouse blanche et un très jeune garçon sont assis à une table sur laquelle sont posés divers papiers. Dézoom. Une jeune femme en robe à fleurs avec une fillette un peu plus âgée sur ses genoux est assise au bout de la table. IL s'agit d'une première consultation. La voix off (par dessus l'entretien entre les deux femmes) insiste sur le contraste entre la situation actuelle (1979) et le récit qui vient d'être fait : "Heureusement, la situation a changé", "chaque hôpital a maintenant sa consultation orthophonique". Elle précise que nous sommes à l'hôpital Saint-Vincent de Paul qui possède un service orthophonique "de premier ordre". La mère consulte pour son fils. Ils sont adressés par l'ORL. Elle a apporté l'audiogramme qui montre que le garçonnet entend bien. Le docteur [[Pers:Françoise_Kadri-Maisonny|Françoise Kadri]] (la femme en blouse blanche, qui est en réalité la fille de Suzanne Borel) donne deux jouets sonores à l'enfant qui les fait tinter d'un air ravi. Elle pose quelques questions et s'interrompt pour interagir avec l'enfant qui s'exprime dans un langage agrammatical ("Veux pas, moi", "Encore là-dedans"). On observe un décalage surprenant entre ce que le Dr Kadri dit de l'enfant ("il fait des phrases très élaborées") et ce que le spectateur peut observer lui-même, à savoir que l'enfant ne fait pas de phrase ! Cela rejoint d'ailleurs ce que dit la mère ("À l'école, il ne parle pas du tout.") (09:25)<br><br> | ||
'''Définition de la mission des orthophoniste'''<br> | '''Définition de la mission des orthophoniste'''<br> | ||
Retour sur Suzanne Borel-Maisonny qui explique que "tous les troubles du langage oral et écrit font partie de la tâche officielle de l'orthophoniste reconnue par décret." Elle détaille la diversité de ces troubles en imitant certains d'entre eux. Elle cite également les troubles de la voix, les laryngectomisés, etc. Elle cite des étiologies organiques ou psychiques possibles. (10:25)<br><br> | Retour sur Suzanne Borel-Maisonny qui explique que "tous les troubles du langage oral et écrit font partie de la tâche officielle de l'orthophoniste reconnue par décret." Elle détaille la diversité de ces troubles en imitant certains d'entre eux. Elle cite également les troubles de la voix, les laryngectomisés, etc. Elle cite des étiologies organiques ou psychiques possibles. (10:25)<br><br> | ||
'''La curiosité encyclopédique et | '''La curiosité encyclopédique et technique de Suzanne Borel'''<br> | ||
Tran Van Khe, musicien et comédien vietnamien, professeur d'ethnomusicologie et directeur de recherche au CNRS, explique à Mme Borel | Tran Van Khe, musicien et comédien vietnamien, professeur d'ethnomusicologie et directeur de recherche au CNRS, explique à Mme Borel (qui l'écoute d'un air à la fois intéressé et amusé) les différentes voix du théâtre vietnamien traditionnel (en commençant par prononcer une phrase avec sa voix "quotidienne") : voix de fausset, de tête, nasale, de la gorge, de poitrine, du foie, des intestins. Il fait la démonstration de certaines d'entre elles. Il répond à ses questions sur le mode d'apprentissage de ces différentes voix. La caméra passe de l'un à l'autre, ce qui permet de voir dans le fond, différents appareils avec des cadrans et un magnétophone à bande magnétique. L'entretien se déroule manifestement dans un laboratoire d'acoustique. Cette séquence contribue à donner de Suzanne Borel l'image d'une personne dont la curiosité encyclopédique est insatiable (encore à 79 ans) et à l'ancrer, avec toute la profession, dans un environnement technique et technologique assumé et revendiqué. <br> | ||
Les voix prises par Tran Van Khe ont été enregistrées. Michèle Castellengo montre à Suzanne Borel le sonagramme obtenu à partir de la voix de fausset et de la voix naturelle du comédien. À sa demande, elle lui fournit quelques explications sur ces tracés mais elles restent assez incompréhensibles pour le profane. <br> | Les voix prises par Tran Van Khe ont été enregistrées. Michèle Castellengo montre à Suzanne Borel le sonagramme obtenu à partir de la voix de fausset et de la voix naturelle du comédien. À sa demande, elle lui fournit quelques explications sur ces tracés mais elles restent assez incompréhensibles pour le spectateur profane. <br> | ||
Retour à l'interview de Suzanne Borel qui raconte comment elle a été mise en contact avec Émile Leipp, physicien et acousticien. Elle exprime sa satisfaction quand elle a découvert que c'était un personnage facile à aborder avec qui "on pouvait parler". <br> | Retour à l'interview de Suzanne Borel qui raconte comment elle a été mise en contact avec [[Pers:Émile_Leipp|Émile Leipp]], physicien et acousticien. Elle exprime sa satisfaction quand elle a découvert que c'était un personnage facile à aborder et avec qui "on pouvait parler". <br> | ||
Suzanne Borel traverse le campus de l'université de Jussieu pour se rendre au laboratoire d'acoustique d'Émile Leipp. Il lui présente le (synthétiseur) ichophone qu'il a conçu et qu'il présente comme l'inverse du sonagraphe : il permet de transformer en parole le tracé obtenu avec le sonagraphe. Le résultat donne une impression de voix électronique mais marque probablement une étape dans les travaux sur la synthèse vocale. Ainsi ce documentaire renforce l'idée que Suzanne Borel est une personne intellectuellement dynamique qui se passionne pour les avancées technologiques et la modernité | Suzanne Borel traverse le campus de l'université de Jussieu pour se rendre au laboratoire d'acoustique d'Émile Leipp. Il lui présente le (synthétiseur) ichophone qu'il a conçu et qu'il présente comme l'inverse du sonagraphe : il permet de transformer en parole le tracé obtenu avec le sonagraphe. Le résultat donne une impression de voix électronique désagréable et difficile à comprendre mais marque probablement une étape dans les travaux sur la synthèse vocale. Ainsi ce documentaire renforce-t-il l'idée que Suzanne Borel est une personne intellectuellement dynamique qui se passionne pour les avancées technologiques et la modernité. Manifestement, elle ne reste pas bloquée dans un passé poussiéreux et révolu.<br> | ||
Ensuite, Émile Leipp montre à Suzanne Borel un appareil de test fréquence/temps. Elle manipule l'appareil qui produit des sons mais là encore, la raison d'être de cet appareil reste un peu obscure pour le profane. Suzanne Borel fait le lien entre cet appareil et un enfant qu'elle suit à de moment-là qui présente une "audimutité idiopathique". Elle explique qu'il n'a pas pu apprendre parce qu'il "ne pouvait pas séparer les éléments de la parole" (17:19)<br> | |||
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'''Une séance d'orthophonie'''<br> | |||
Suzanne Borel et un jeune garçon sont assis à une table. Un homme (probablement le père de l'enfant) est assis silencieusement entre eux, un peu en retrait. Le garçon essaie de répéter les phrases que Suzanne Borel lui donne. Il bute sur le mot "attentivement". Elle écrit le mot à l'aide de l'alphabet phonétique, fait apparaître le découpage en syllabes puis en dessine le sonagramme. Elle réécrit les caractères phonétiques sous ce schéma puis lui fait taper les syllabes dans les mains, ce qu'il ne réussit pas très bien à faire. Après plusieurs tentatives, le garçon réussit à répéter le mot de façon hachée mais il ne sait pas ce que qu'il signifie.<br> | |||
De retour dans son bureau, Suzanne Borel détaille le problème de cet enfant : il présente une audimutité (on dirait aujourd'hui une dysphasie), c'est-à-dire que son audition est parfaite mais qu'il n'arrive pas à retenir les formes linguistiques qu'il entend. Elle précise que certains de ces enfants peuvent également présenter d'importants troubles de la compréhension et des troubles moteurs. (20:54)<br> | |||
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'''Une séquence de rythmique'''<br> | |||
Vu de profil sur une femme aux cheveux blancs qui joue du piano. Il s'agit de [[Pers:Claire_Dinville|Claire Dinville]], qu'un article paru en 1997 dans la revue de la FNO, ''L'Orthophoniste'', appelle "la deuxième orthophoniste de France". Sur une scène, une orthophoniste (peut-être encore en formation) travaille avec un petit garçon, tandis que Suzanne Borel les observe, assise dans un coin. L'orthophoniste fait faire au garçonnet divers gestes qui s'accordent avec la hauteur et la vitesse des accords et des mélodies qui sont joués au piano. la voix off explique que ces exercices "permettent à la fois une rééducation sonore et une rééducation motrice". Le travail se poursuit avec un tambourin, dans un "dialogue" avec le piano. (23:00)<br> | |||
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'''Une séance de groupe de langage"<br> | |||
Une dizaine de jeunes femmes en blouse blanche (probablement des "étudiantes en orthophonie) sont assises le long d'un mur d'une salle. L'une d'elle est assise à un piano. C'est le docteur Kadri qui mène le travail de groupe. Quatre enfants, dont deux fillettes qui paraissent porteuses d'une trisomie 21, constituent le groupe de langage. Les enfants sont censés frapper à tour de rôle sur un tambourin avec une mailloche mais toute la situation donne une grande impression de chaos. Les enfants se poussent, crient ou tapent. Ils obéissent peu aux consignes qu'ils comprennent peut-être assez mal. Certaines stagiaires interviennent pour tenter de canaliser certains enfants et rediriger leur attention. L'un des enfants est envoyé vers la pianiste pendant que le docteur Kadri et une stagiaire chantent "Maman, les petits bateaux" avec les trois autres enfants. Gros plan sur l'une des fillettes trisomiques qui prononce la dernière syllabe de chaque phrase de la chanson. La voix off explique que "les progrès se font très lentement" et qu'il "faut à l'orthophoniste et ses stagiaires une patience infinie". On notera que le thème de la patience nécessaire pour exercer ce métier est également abordé dans l'émission [[Orthophoniste]] à (6:00), tout en étant contrebalancé par le plaisir qu'éprouve l'orthophoniste à "voir naître un langage".<br> | |||
Le commentaire de la voix off ajoute que "les résultats sont encourageants" et que "ces enfants, il y a 9 mois, à leur arrivée dans le service, parlaient à peine". Cependant les plans qui se succèdent renforcent l'impression de chaos. Une enfant tombe, un autre se roule par terre. Les phrases du docteur Kadri sont inachevées et assez décousues, comme si elle était un peu dépassée par la situation. (26:00) <br> | |||
La séquence sur le groupe de langage est interrompue par un nouvel extrait de l'interview de Suzanne Borel qui définit le langage : un "moyen de communication entre la pensée d'un sujet et la pensée d'un autre". Elle distingue parole et langage : "s'il n'y a pas de langage dans une malheureuse tête, il n'y a pas de parole ou alors la parole ne serait plus qu'une espèce de stéréotypie, d'attitude de perroquet, où manque la pensée".<br> | |||
Retour au groupe de langage, peut-être un autre jour car l'un des enfants vu précédemment manque. Les enfants sont assis autour d'une petite table ronde, les stagiaires sont toujours assises dans le fond et une orthophoniste identifiée comme Mme Mousset fait faire des bulles aux enfants à tour de rôle. Ensuite, ils s'entrainent à visser des bouchons sur des contenants de différentes tailles. La voix off explique que les jeux ne sont pas choisis au hasard et qu'en l'occurrence, ils apprennent à l'enfant à contrôler son souffle ou à coordonner ses gestes tout en conduisant un raisonnement logique, ce qui correspond à l'aspect physiologique de la parole. "(...) petit à petit, l'intelligence se réveille chez ces enfants dont le handicap est sérieux." La séance se poursuit par un exercice moteur (sauts de grenouille) mais l'une des fillettes refuse de participer. Elle préfère jouer avec de petits schtroumpfs.<br> | |||
Dans un court extrait d'interview, Suzanne Borel distingue trouble du langage et trouble de la parole, tout en précisant qu'ils peuvent être associés chez certaines personnes. (30:26)<br> | |||
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'''Le cas de Jérôme'''<br> | |||
Gros plan sur un garçonnet blond. Un mouvement panoramique révèle sa mère assise près de lui puis Suzanne Borel, en face de lui. Cette dernière prend un guide-langue allongé. Plan serré qui réunit les trois personnes. Suzanne Borel place le guide-langue dans la bouche de l'enfant en lui demandant d'avancer la langue comme pour un /t/. Elle lui fait travailler le son /s/ mais l'enfant n'y arrive pas très bien et elle manifeste un certain agacement. Le regard de la maman va de son fils à Suzanne Borel. <br> | |||
Ensuite, Suzanne Borel montre un livre à l'enfant. Elle lui pose des questions auxquelles il répond par un mot mal prononcé à la fois. Elle lui recommande de s'essuyer (ce que sa mère fait avec un mouchoir en papier) parce qu'il bave. Elle profite de de l'apparition de serpents dans le livre puis lui faire retravailler le son /s/ avec le guide-langue. Elle saisit le visage de l'enfant avec des gestes assez brusques.<br> | |||
Cette séquence illustre parfaitement ce que Suzanne Borel disait précédemment puisqu'il s'agit d'un enfant qui présente à la fois un trouble du langage, un retard de parole et des troubles d'articulation.<br> | |||
Dans un nouvel extrait d'interview, Suzanne Borel donne quelques précisions sur la situation de cet enfant : il est né "dans des conditions difficiles, avec une hémiplégie droite (...) Il a eu des troubles de la marche (...) [Il présente] une paralysie labio-vélo-glosso-pharyngée (...) [mais] il est remarquablement intelligent."<br> | |||
Petite interview de la mère de Jérôme qui porte son fils sur ses genoux. Elle explique que la déglutition lui posait problème et qu'il a eu besoin de beaucoup de temps pour apprendre à articuler les lettres. Il a fait des progrès ces deux dernières années mais elle estime qu'il lui faudra encore travailler deux ans. (35:22)<br> | |||
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'''Le travail avec les enfants sourds'''<br> | |||
Suzanne Borel explique que certaines personnes sont empêchées de parler "pour des raisons d'ordre sensoriel", ce qui introduit une séquence sur le travail des orthophonistes avec les enfants sourds. <br> | |||
Une demie-douzaine de jeunes adolescents sont réunis dans une salle de classe. Une orthophoniste, Denise Sadek-Khalil, se tient devant un tableau portant des mots écrits dans tous les sens. L'un des élèves prononce ou lit une phrase. <br> | |||
Plan sur Suzanne Borel qui, courbée et à petits pas, s'avance vers la caméra sur un trottoir bordé de voitures en stationnement. Elle ouvre une porte sur laquelle est affiché le nom de la Fondation Borel-Maisonny. Ce plan est quasiment identique à celui qui démarrait le reportage consacré à Suzanne Borel, ainsi qu'aux débuts et à la reconnaissance de l'orthophonie lors de l'émission [[Crp:Restez_donc_avec_nous_le_lundi|Restez donc avec nous le lundi]] diffusée le 27 février 1978 sur TF1, à la différence près qu'il pleuvait en 1978 et que les voitures en stationnement ne sont évidemment pas les mêmes. (On notera que dans les deux cas, la réalisatrice est [[Pers:Simone_Vannier|Simone Vannier]]<br> | |||
À l'aide de divers instruments sonores dont elle joue dans son dos, Suzanne Borel fait faire un exercice d'éducation auditive à un jeune garçon sourd. (Elle a notamment expliqué les principes de cette éducation auditive lors d'une conférence qu'elle a prononcé à l'occasion de la réunion du 6 février 1970 du groupe d'acoustique musicale dont Émile Leipp était le président et Michèle Castellengo la secrétaire. Cette conférence a été reproduite dans le bulletin du groupe de février 1970. Cf. le paragraphe Références ci-dessous.) Une femme adossé au mur (probablement la mère de l'enfant) assiste à la scène. Tandis que la caméra dézoome et que l'on aperçoit une autre femme assise à côté d'elle et deux enfants, la voix off précise : "À la Fondation Borel, les mères, quand elles le peuvent, assistent au cours et leur participation est constamment sollicitée." Cette phrase appelle deux remarques, l'une sur le fait qu'il paraît évident que des deux parents, ce soit les mères qui assistent aux séances (même si on a vu quelques minutes auparavant qu'un père y assistait), l'autre sur le mot "cours" qui à la fin des années 1970 et encore dans les années 1980, désigne les séances d'orthophonie. D'ailleurs, les enfants sont effectivement scolarisés à la Fondation Borel-Maisonny qui fonctionne en partie comme une école privée, en attendant qu'ils puissent intégrer ou réintégrer le circuit scolaire ordinaire.<br> | |||
Voix off : "Concept par concept, mot par mot, geste par geste, Mme Borel construit un langage à ses élèves qui sont des sourds profonds." (37:50)<br> | |||
S. Borel travaille au tableau avec une fillette sourde sur le mot ''grenouille''. Elle dessine l'animal ainsi que l'instrument en bois qui imite son cri, et écrit le mot. Elle le lui fait répéter en faisant les gestes correspondants mais s'énerve et lui donne une tape sur la joue parce que l'enfant ne regarde pas ses gestes jusqu'au bout. Malgré l'insistance de S. Borel, la fillette perçoit (et donc prononce) très mal le /n/. (38:30)<br> | |||
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'''Une époque révolue'''<br> | |||
S. Borel raconte une anecdote qui montre le chemin parcouru dans le diagnostic de la surdité et la prise en charge des troubles du langage depuis ses débuts. Elle parle d'une fois où un laryngologiste l'a appelée pour voir 2-3 "cas" (elle ne précise pas l'année). Le médecin lui précise à propos de l'un d'entre eux : "Je crois bien qu'il est sourd !" Le test de son audition consiste à examiner ses tympans et sa gorge puis à tirer un coup de pistolet dans son dos. Comme l'homme se retourne, le médecin en conclut qu'il n'est pas sourd ! S. Borel compare cette situation au fait qu'on pratique désormais des audiogrammes sur des nourrissons "à peine nés".<br> | |||
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'''La légitimation par les parents'''<br> | |||
Une femme filmée très légèrement en biais par rapport çà la caméra et identifiée comme "Mme BELIN mère de deux enfants sourds" explique que la surdité de sa fille Corinne a été diagnostiquée quand elle avait 4 ans, c'est-à-dire tard, alors qu'elle se présentait comme "très nerveuse, hypersensible et très émotive". L'enfant a commencé par refuser la rééducation puis sa personnalité a "accroché avec celle de Mme Borel" parce qu'elle a "vu qu'on allait lui apporter quelque chose de valable". "Rien n'était répressif, cette fois." Cette phrase interroge le spectateur sur la façon dont les enfants sourds pouvaient être (mal)traités avant le débuts des travaux de S. Borel. Mme Belin mentionne également le sens de l'humour de S. Borel qui lui permet d'établir un contact avec les enfants. (41:04)<br> | |||
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'''Retour à l'éducation auditive avec les enfants sourds'''<br> | |||
Les rôles sont inversés, c'est un enfant sourd qui fait entendre un instrument sonore à S. Borel et à l'un de ses camarades.<br> | |||
S. Borel explique comment les orthophonistes abordent le travail du langage, notamment avec les enfants sourds : "Le mot, nous le créons par ailleurs. Il faut créer d'abord l'idée puis sa représentation symbolique qui est d'une part, le mot que vous connaissez, écrit, le mot qu'ils voient sur les lèvres et qu'ils perçoivent si peu parce que c'est tout une éducation, et la représentation du mouvement à faire, c'est-à-dire en réalité le tracé vibratoire (...) Et j'ai maintenant, par un certain nombre de réussites, la certitude qu'un sourd profond commencé à temps et correctement peut arriver à parler de façon intelligible et à communiquer avec les entendants."<br> | |||
Nouvelle séquence dans la classe d'enfants sourds. S. Borel joue à la marchande et en profite pour faire travailler le nom des fruits et légumes aux enfants. Elle les prononce dans le jeu puis les reprend écrits au tableau. Un garçon a du mal à prononcer le mot ''pomme''. Une jeune femme accroupie près de lui (sa mère ? une stagiaire ?) lui demande par signes de répéter.<br> | |||
Nouvelle intervention d'une maman (Mme Bic) qui parle de la surdité de son fils et qui explique qu'elle est arrivée à la Fondation Borel-Maisonny par l'intermédiaire de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Elle assiste aux séances, "apprend comment il faut faire" et "devient un petit peu orthophoniste". Elle parle des centaines de répétition pour arriver à faire parler son fils et dit que "c'est une récompense quand il arrive à dire un mot." | |||
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|Références={{HTRéf | |Références={{HTRéf | ||
|Langue=fr | |Langue=fr | ||
|Texte=Histoire de l'orthophonie : https://www.fno.fr/ressources-diverses/histoire-de-lorthophonie/ | |Texte=Borel Maisonny, Suzanne, Orthophonie, [https://www.lam.jussieu.fr/Publications/BulletinsGAM/GAM_46-Orthophonie_Borel-Maisonny.pdf Bulletin n°46 du groupe d'acoustique musicale de la faculté des sciences], février 1970. (Consulté le 17 mars 2025.)<br> | ||
Brindeau Auguste, Labey Georges, Hennet Sophie, Alexandre Wauthier, "VEAU Victor Émile", 29 septembre 2018 https://cths.fr/an/savant.php?id=4914# (consulté le 22.01.24)<br> | |||
[https://images.cnrs.fr/video/2027 Au coeur des sons], EfferveSciences, CNRS Images, 2009. | Pellerin Denys, "Pierre Petit (1905-2002), pionnier de la chirurgie infantile moderne, et universitaire malgré lui", 1er janvier 2002 https://www.em-consulte.com/article/13043/pierre-petit-1905-2002-pionnier-de-la-chirurgie-in (consulté le 22.01.24)<br> | ||
Tain, Laurence (dir.), Le Métier d'orthophoniste : langage, genre et profession. Rennes, Éditions de l'école nationale de la santé publique, 2007.<br> | |||
Histoire de l'orthophonie : https://www.fno.fr/ressources-diverses/histoire-de-lorthophonie/<br> | |||
[https://images.cnrs.fr/video/2027 Au coeur des sons], EfferveSciences, CNRS Images, 2009.<br> | |||
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Dernière version du 20 mars 2025 à 16:55
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Titre :
Mot à mot
Pays de production :
Année de diffusion :
1979
Réalisation :
Intervenants :
Suzanne Borel-Maisonny
Julian de Ajuriaguerra
Michèle Castellengo
Émile Leipp
Tran Van Khe
Claire Dinville
Marie-Rose Mousset
Denise Sadek
Françoise Kadri-Maisonny
Pierre Petit
Julian de Ajuriaguerra
Michèle Castellengo
Émile Leipp
Tran Van Khe
Claire Dinville
Marie-Rose Mousset
Denise Sadek
Françoise Kadri-Maisonny
Pierre Petit
Durée :
52 minutes
Format :
Parlant - Couleur -
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :
Corpus :
Générique principal
Contenus
Sujet
Genre dominant
Résumé
Contexte
Éléments structurants du film
- Images de reportage : Oui.
- Images en plateau : Non.
- Images d'archives : Non.
- Séquences d'animation : Non.
- Cartons : Non.
- Animateur : Non.
- Voix off : Oui.
- Interview : Oui.
- Musique et bruitages : Non.
- Images communes avec d'autres films : Non.
Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?
Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?
Diffusion et réception
Où le film est-il projeté ?
Communications et événements associés au film
Public
Audience
Descriptif libre
Notes complémentaires
Références et documents externes
Contributeurs
- Auteurs de la fiche : Élisabeth Fuchs

