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« Mot à mot : orthophonie » : différence entre les versions
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Dans un court extrait d'interview, Suzanne Borel distingue trouble du langage et trouble de la parole, tout en précisant qu'ils peuvent être associés chez certaines personnes. (30:26)<br> | Dans un court extrait d'interview, Suzanne Borel distingue trouble du langage et trouble de la parole, tout en précisant qu'ils peuvent être associés chez certaines personnes. (30:26)<br> | ||
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''' | '''Le cas de Jérôme'''<br> | ||
Gros plan sur un garçonnet blond. Un mouvement panoramique révèle sa mère assise près de lui puis Suzanne Borel, en face de lui. Cette dernière prend un guide-langue allongé. Plan serré qui réunit les trois personnes. Suzanne Borel place le guide-langue dans la bouche de l'enfant en lui demandant d'avancer la langue comme pour un /t/. Elle lui fait travailler le son /s/ mais l'enfant n'y arrive pas très bien et elle manifeste un certain agacement. Le regard de la maman va de son fils à Suzanne Borel. <br> | Gros plan sur un garçonnet blond. Un mouvement panoramique révèle sa mère assise près de lui puis Suzanne Borel, en face de lui. Cette dernière prend un guide-langue allongé. Plan serré qui réunit les trois personnes. Suzanne Borel place le guide-langue dans la bouche de l'enfant en lui demandant d'avancer la langue comme pour un /t/. Elle lui fait travailler le son /s/ mais l'enfant n'y arrive pas très bien et elle manifeste un certain agacement. Le regard de la maman va de son fils à Suzanne Borel. <br> | ||
Ensuite, Suzanne Borel montre un livre à l'enfant. Elle lui pose des questions auxquelles il répond par un mot mal prononcé à la fois. Elle lui recommande de s'essuyer (ce que sa mère fait avec un mouchoir en papier) parce qu'il bave. Elle profite de de l'apparition de serpents dans le livre puis lui faire retravailler le son /s/ avec le guide-langue. Elle saisit le visage de l'enfant avec des gestes assez brusques.<br> | Ensuite, Suzanne Borel montre un livre à l'enfant. Elle lui pose des questions auxquelles il répond par un mot mal prononcé à la fois. Elle lui recommande de s'essuyer (ce que sa mère fait avec un mouchoir en papier) parce qu'il bave. Elle profite de de l'apparition de serpents dans le livre puis lui faire retravailler le son /s/ avec le guide-langue. Elle saisit le visage de l'enfant avec des gestes assez brusques.<br> | ||
Cette séquence illustre parfaitement ce que Suzanne Borel disait précédemment puisqu'il s'agit d'un enfant qui présente à la fois un trouble du langage, un retard de parole et des troubles d'articulation.<br> | Cette séquence illustre parfaitement ce que Suzanne Borel disait précédemment puisqu'il s'agit d'un enfant qui présente à la fois un trouble du langage, un retard de parole et des troubles d'articulation.<br> | ||
Dans un nouvel extrait d'interview, Suzanne Borel donne quelques précisions sur la situation de cet enfant : il est né "dans des conditions difficiles, avec une hémiplégie droite (...) Il a eu des troubles de la marche (...) [Il présente] une paralysie labio-vélo-glosso-pharyngée (...)" | Dans un nouvel extrait d'interview, Suzanne Borel donne quelques précisions sur la situation de cet enfant : il est né "dans des conditions difficiles, avec une hémiplégie droite (...) Il a eu des troubles de la marche (...) [Il présente] une paralysie labio-vélo-glosso-pharyngée (...) [mais] il est remarquablement intelligent."<br> | ||
Petite interview de la mère de Jérôme qui porte son fils sur ses genoux. Elle explique que la déglutition lui posait problème et qu'il a eu besoin de beaucoup de temps pour apprendre à articuler les lettres. Il a fait des progrès ces deux dernières années mais elle estime qu'il lui faudra encore travailler deux ans. (35:22)<br> | |||
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'''Le travail avec les enfants sourds'''<br> | |||
Suzanne Borel explique que certaines personnes sont empêchées de parler "pour des raisons d'ordre sensoriel", ce qui introduit une séquence sur le travail des orthophonistes avec les enfants sourds. <br> | |||
Une demie-douzaine de jeunes adolescents sont réunis dans une salle de classe. Une orthophoniste, Denise Sadek-Khalil, se tient devant un tableau portant des mots écrits dans tous les sens. L'un des élèves prononce ou lit une phrase. <br> | |||
Plan sur Suzanne Borel qui, courbée et à petits pas, s'avance vers la caméra sur un trottoir bordé de voitures en stationnement. Elle ouvre une porte sur laquelle est affiché le nom de la Fondation Borel-Maisonny. Ce plan est quasiment identique à celui qui démarrait le reportage consacré à Suzanne Borel, ainsi qu'aux débuts et à la reconnaissance de l'orthophonie lors de l'émission [[Crp:Restez_donc_avec_nous_le_lundi|Restez donc avec nous le lundi]] diffusée le 27 février 1978 sur TF1, à la différence près qu'il pleuvait en 1978 et que les voitures en stationnement ne sont évidemment pas les mêmes. (On notera que dans les deux cas, la réalisatrice est [[Pers:Simone_Vannier|Simone Vannier]]<br> | |||
À l'aide de divers instruments sonores dont elle joue dans son dos, Suzanne Borel fait faire un exercice d'éducation auditive à un jeune garçon sourd. (Elle a notamment expliqué les principes de cette éducation auditive lors d'une conférence qu'elle a prononcé à l'occasion de la réunion du 6 février 1970 du groupe d'acoustique musicale dont Émile Leipp était le président et Michèle Castellengo la secrétaire. Cette conférence a été reproduite dans le bulletin du groupe de février 1970. Cf. le paragraphe Références ci-dessous.) Une femme adossé au mur (probablement la mère de l'enfant) assiste à la scène. Tandis que la caméra dézoome et que l'on aperçoit une autre femme assise à côté d'elle et deux enfants, la voix off précise : "À la Fondation Borel, les mères, quand elles le peuvent, assistent au cours et leur participation est constamment sollicitée." Cette phrase appelle deux remarques, l'une sur le fait qu'il paraît évident que des deux parents, ce soit les mères qui assistent aux séances (même si on a vu quelques minutes auparavant qu'un père y assistait), l'autre sur le mot "cours" qui à la fin des années 1970 et encore dans les années 1980, désigne les séances d'orthophonie. D'ailleurs, les enfants sont effectivement scolarisés à la Fondation Borel-Maisonny qui fonctionne en partie comme une école privée, en attendant qu'ils puissent intégrer ou réintégrer le circuit scolaire ordinaire.<br> | |||
Voix off : "Concept par concept, mot par mot, geste par geste, Mme Borel construit un langage à ses élèves qui sont des sourds profonds." (37:50)<br> | |||
S. Borel travaille au tableau avec une fillette sourde sur le mot ''grenouille''. Elle dessine l'animal ainsi que l'instrument en bois qui imite son cri, et écrit le mot. Elle le lui fait répéter en faisant les gestes correspondants mais s'énerve et lui donne une tape sur la joue parce que l'enfant ne regarde pas ses gestes jusqu'au bout. Malgré l'insistance de S. Borel, la fillette perçoit (et donc prononce) très mal le /n/. (38:30)<br> | |||
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'''Une époque révolue'''<br> | |||
S. Borel raconte une anecdote qui montre le chemin parcouru dans le diagnostic de la surdité et la prise en charge des troubles du langage depuis ses débuts. Elle parle d'une fois où un laryngologiste l'a appelée pour voir 2-3 "cas" (elle ne précise pas l'année). Le médecin lui précise à propos de l'un d'entre eux : "Je crois bien qu'il est sourd !" Le test de son audition consiste à examiner ses tympans et sa gorge puis à tirer un coup de pistolet dans son dos. Comme l'homme se retourne, le médecin en conclut qu'il n'est pas sourd ! S. Borel compare cette situation au fait qu'on pratique désormais des audiogrammes sur des nourrissons "à peine nés".<br> | |||
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'''La légitimation par les parents'''<br> | |||
Une femme filmée très légèrement en biais par rapport çà la caméra et identifiée comme "Mme BELIN mère de deux enfants sourds" explique que la surdité de sa fille Corinne a été diagnostiquée quand elle avait 4 ans, c'est-à-dire tard, alors qu'elle se présentait comme "très nerveuse, hypersensible et très émotive". L'enfant a commencé par refuser la rééducation puis sa personnalité a "accroché avec celle de Mme Borel" parce qu'elle a "vu qu'on allait lui apporter quelque chose de valable". "Rien n'était répressif, cette fois." Cette phrase interroge le spectateur sur la façon dont les enfants sourds pouvaient être (mal)traités avant le débuts des travaux de S. Borel. Mme Belin mentionne également le sens de l'humour de S. Borel qui lui permet d'établir un contact avec les enfants. (41:04)<br> | |||
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'''Retour à l'éducation auditive avec les enfants sourds'''<br> | |||
Les rôles sont inversés, c'est un enfant sourd qui fait entendre un instrument sonore à S. Borel et à l'un de ses camarades.<br> | |||
S. Borel explique comment les orthophonistes abordent le travail du langage, notamment avec les enfants sourds : "Le mot, nous le créons par ailleurs. Il faut créer d'abord l'idée puis sa représentation symbolique qui est d'une part, le mot que vous connaissez, écrit, le mot qu'ils voient sur les lèvres et qu'ils perçoivent si peu parce que c'est tout une éducation, et la représentation du mouvement à faire, c'est-à-dire en réalité le tracé vibratoire (...) Et j'ai maintenant, par un certain nombre de réussites, la certitude qu'un sourd profond commencé à temps et correctement peut arriver à parler de façon intelligible et à communiquer avec les entendants."<br> | |||
Nouvelle séquence dans la classe d'enfants sourds. S. Borel joue à la marchande et en profite pour faire travailler le nom des fruits et légumes aux enfants. Elle les prononce dans le jeu puis les reprend écrits au tableau. Un garçon a du mal à prononcer le mot ''pomme''. Une jeune femme accroupie près de lui (sa mère ? une stagiaire ?) lui demande par signes de répéter.<br> | |||
Nouvelle intervention d'une maman (Mme Bic) qui parle de la surdité de son fils et qui explique qu'elle est arrivée à la Fondation Borel-Maisonny par l'intermédiaire de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Elle assiste aux séances, "apprend comment il faut faire" et "devient un petit peu orthophoniste". Elle parle des centaines de répétition pour arriver à faire parler son fils et dit que "c'est une récompense quand il arrive à dire un mot." | |||
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|Références={{HTRéf | |Références={{HTRéf | ||
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|Texte=Tain, Laurence (dir.), Le Métier d'orthophoniste : langage, genre et profession. Rennes, Éditions de l'école nationale de la santé publique, 2007.<br> | |Texte=Borel Maisonny, Suzanne, Orthophonie, [https://www.lam.jussieu.fr/Publications/BulletinsGAM/GAM_46-Orthophonie_Borel-Maisonny.pdf Bulletin n°46 du groupe d'acoustique musicale de la faculté des sciences], février 1970. (Consulté le 17 mars 2025.)<br> | ||
Brindeau Auguste, Labey Georges, Hennet Sophie, Alexandre Wauthier, "VEAU Victor Émile", 29 septembre 2018 https://cths.fr/an/savant.php?id=4914# (consulté le 22.01.24)<br> | |||
Pellerin Denys, "Pierre Petit (1905-2002), pionnier de la chirurgie infantile moderne, et universitaire malgré lui", 1er janvier 2002 https://www.em-consulte.com/article/13043/pierre-petit-1905-2002-pionnier-de-la-chirurgie-in (consulté le 22.01.24)<br> | |||
Tain, Laurence (dir.), Le Métier d'orthophoniste : langage, genre et profession. Rennes, Éditions de l'école nationale de la santé publique, 2007.<br> | |||
Histoire de l'orthophonie : https://www.fno.fr/ressources-diverses/histoire-de-lorthophonie/<br> | Histoire de l'orthophonie : https://www.fno.fr/ressources-diverses/histoire-de-lorthophonie/<br> | ||
[https://images.cnrs.fr/video/2027 Au coeur des sons], EfferveSciences, CNRS Images, 2009. | [https://images.cnrs.fr/video/2027 Au coeur des sons], EfferveSciences, CNRS Images, 2009.<br> | ||
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Dernière version du 20 mars 2025 à 16:55
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Titre :
Mot à mot
Pays de production :
Année de diffusion :
1979
Réalisation :
Intervenants :
Suzanne Borel-Maisonny
Julian de Ajuriaguerra
Michèle Castellengo
Émile Leipp
Tran Van Khe
Claire Dinville
Marie-Rose Mousset
Denise Sadek
Françoise Kadri-Maisonny
Pierre Petit
Julian de Ajuriaguerra
Michèle Castellengo
Émile Leipp
Tran Van Khe
Claire Dinville
Marie-Rose Mousset
Denise Sadek
Françoise Kadri-Maisonny
Pierre Petit
Durée :
52 minutes
Format :
Parlant - Couleur -
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :
Corpus :
Générique principal
Contenus
Sujet
Genre dominant
Résumé
Contexte
Éléments structurants du film
- Images de reportage : Oui.
- Images en plateau : Non.
- Images d'archives : Non.
- Séquences d'animation : Non.
- Cartons : Non.
- Animateur : Non.
- Voix off : Oui.
- Interview : Oui.
- Musique et bruitages : Non.
- Images communes avec d'autres films : Non.
Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?
Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?
Diffusion et réception
Où le film est-il projeté ?
Communications et événements associés au film
Public
Audience
Descriptif libre
Notes complémentaires
Références et documents externes
Contributeurs
- Auteurs de la fiche : Élisabeth Fuchs

