{{#widget:Qwant}}
« Mot à mot : orthophonie » : différence entre les versions
De MedFilm PPRD
Aucun résumé des modifications |
(Enregistré en utilisant le bouton « Enregistrer et continuer » du formulaire) |
||
| Ligne 128 : | Ligne 128 : | ||
L'émission démarre d'emblée sur Suzanne Borel-Maisonny en plan poitrine en train de chanter la chanson d'un marchand de rue qu'elle a entendue dans son enfance (tout au début du XXe siècle puisqu'elle est née en 1900). C'est une femme déjà âgée : elle a 79 ans au moment où l'émission est tournée). Elle est de petite taille, son visage est animé et souriant. On aperçoit régulièrement en contre-champ le visage attentif de la jeune femme qui l'interroge. (Cette dernière est identifiée plus tard (13:45) par une incrustation : Melle. CASTELLENGO, Laboratoire accoustique de la faculté des Sciences. Il s'agit de [[Pers:Michèle_Castellengo|Michèle Castellengo]]). Suzanne Borel-Maisonny raconte un souvenir d'enfance amusant lié à la fascination qu'exerçaient alors sur elle les cris de la rue. <br> | L'émission démarre d'emblée sur Suzanne Borel-Maisonny en plan poitrine en train de chanter la chanson d'un marchand de rue qu'elle a entendue dans son enfance (tout au début du XXe siècle puisqu'elle est née en 1900). C'est une femme déjà âgée : elle a 79 ans au moment où l'émission est tournée). Elle est de petite taille, son visage est animé et souriant. On aperçoit régulièrement en contre-champ le visage attentif de la jeune femme qui l'interroge. (Cette dernière est identifiée plus tard (13:45) par une incrustation : Melle. CASTELLENGO, Laboratoire accoustique de la faculté des Sciences. Il s'agit de [[Pers:Michèle_Castellengo|Michèle Castellengo]]). Suzanne Borel-Maisonny raconte un souvenir d'enfance amusant lié à la fascination qu'exerçaient alors sur elle les cris de la rue. <br> | ||
Plan large, elle écrit, assise à une table, vraisemblablement à son domicile. Derrière elle un perroquet (un oiseau à qui il est possible d'apprendre à parler !) monte et descend le long de la grille extérieure de sa cage. Le générique apparait en surimpression.<br> | Plan large, elle écrit, assise à une table, vraisemblablement à son domicile. Derrière elle un perroquet (un oiseau à qui il est possible d'apprendre à parler !) monte et descend le long de la grille extérieure de sa cage. Le générique apparait en surimpression.<br> | ||
Reprise par la voix off : "Les bruits sont inoubliables quand on est doué d'une oreille exceptionnelle. Cette fascination exercée depuis la petite enfance par la musique des mots préfigurait une vocation." Tout de suite, elle annonce que la vie et l’œuvre de Suzanne Borel se confondent avec la création et le développement de l'orthophonie. Jamais dans la suite de l'émission, il ne sera fait mention des précurseurs, notamment des personnes qui ont travaillé auprès des enfants sourds ou des personnes bègues (ex. Jacob Pereire, l'abbé de l'Épée et ses élèves, les Docteurs Marc Colombat de l'Isère, André Castex et Robert Jouët, Auguste Eugène Boyer, etc.) Dès l'abord, l'émission construit et ancre un mythe : l'orthophonie démarre avec Suzanne BoreL. Une question de l'intervieweuse et la réponse de Suzanne Borel en fixent le point de départ : Mme Borel avait remarqué que la fille d'un concierge de la rue de l'École de médecine, porteuse d'un "bec de lièvre" (fente labiale) articulait très mal et était difficilement compréhensible. Elle demanda conseil à l'un de ses professeurs, l'abbé Rousselot, fondateur de la phonétique expérimentale en France, qui refusa de lui en donner et lui demanda plutôt qu'elle lui montre l'enfant avant et après avoir travaillé avec elle. L'anecdote ne va pas jusqu'au bout. On ne sait pas comment elle a travaillé avec la fillette et quels résultats elle a obtenus. Cependant, il est intéressant de noter que dans la "légende" de la profession, cette anecdote selon laquelle Suzanne Borel a commencé à travailler seule (après avoir essuyé une rebuffade de l'abbé Rousselot qui ne savait peut-être tout simplement pas quoi lui répondre) n'a pas été retenue (2:42)<br> | Reprise par la voix off : "Les bruits sont inoubliables quand on est doué d'une oreille exceptionnelle. Cette fascination exercée depuis la petite enfance par la musique des mots préfigurait une vocation." Tout de suite, elle annonce que la vie et l’œuvre de Suzanne Borel se confondent avec la création et le développement de l'orthophonie. Jamais dans la suite de l'émission, il ne sera fait mention des précurseurs, notamment des personnes qui ont travaillé auprès des enfants sourds ou des personnes bègues (ex. Jacob Pereire, l'abbé de l'Épée et ses élèves, les Docteurs Marc Colombat de l'Isère, André Castex et Robert Jouët, Auguste Eugène Boyer, etc.) Dès l'abord, l'émission construit et ancre un mythe : l'orthophonie démarre avec Suzanne BoreL. Une question de l'intervieweuse et la réponse de Suzanne Borel en fixent le point de départ : Mme Borel avait remarqué que la fille d'un concierge de la rue de l'École de médecine, porteuse d'un "bec de lièvre" (fente labiale) articulait très mal et était difficilement compréhensible. Elle demanda conseil à l'un de ses professeurs, l'abbé Rousselot, fondateur de la phonétique expérimentale en France, qui refusa de lui en donner et lui demanda plutôt qu'elle lui montre l'enfant avant et après avoir travaillé avec elle. L'anecdote ne va pas jusqu'au bout. On ne sait pas comment elle a travaillé avec la fillette et quels résultats elle a obtenus. Cependant, il est intéressant de noter que dans la "légende" de la profession, cette anecdote selon laquelle Suzanne Borel a commencé à travailler seule (après avoir essuyé une rebuffade de l'abbé Rousselot qui ne savait peut-être tout simplement pas quoi lui répondre !) n'a pas été retenue (2:42)<br> | ||
<br> | <br> | ||
'''Une séance de rééducation d'un trouble de l'articulation avec Suzanne Borel'''<br> | '''Une séance de rééducation d'un trouble de l'articulation avec Suzanne Borel'''<br> | ||
Une fillette est filmée de face. Suzanne Borel, de dos, est assise en face d'elle. On aperçoit une femme (probablement la mère de l'enfant) sur le côté. Mme Borel fait répéter des mots et des phrases contenant les phonèmes /ʃ/ ou /ʒ/ à la fillette qui présente un sigmatisme latéral (schlintement). Elle lui touche la joue périodiquement pour rectifier la position des lèvres et du maxillaire inférieur de l'enfant et s'adresse à elle de façon un peu abrupte. Gros plan sur l'enfant. (03:17)<br><br> | Une fillette est filmée de face. Suzanne Borel, de dos, est assise en face d'elle. On aperçoit une femme (probablement la mère de l'enfant) sur le côté. Mme Borel fait répéter des mots et des phrases contenant les phonèmes /ʃ/ ou /ʒ/ à la fillette qui présente un sigmatisme latéral (schlintement). Elle lui touche la joue périodiquement pour rectifier la position des lèvres et du maxillaire inférieur de l'enfant et s'adresse à elle de façon un peu abrupte. Gros plan sur l'enfant. (03:17)<br><br> | ||
'''Le récit des origines tel qu'il est passé à la postérité '''<br> | '''Le récit des origines tel qu'il est passé à la postérité '''<br> | ||
Gros plan sur Suzanne Borel qui raconte l'épisode qui est constamment cité comme l'événement fondateur de l'orthophonie (alors qu'elle-même vient de le fixer a une date antérieure, cf. ''supra'') : "on" a fait appel à elle en tant que "demoiselle venant de la phonétique" pour savoir pourquoi des personnes opérées d'une division palatine ne parlaient pas. En fait, c'est le | Gros plan sur Suzanne Borel qui raconte l'épisode qui est constamment cité comme l'événement fondateur de l'orthophonie (alors qu'elle-même vient de le fixer a une date antérieure, cf. ''supra'') : "on" a fait appel à elle en tant que "demoiselle venant de la phonétique" pour savoir pourquoi des personnes opérées d'une division palatine ne parlaient pas. En fait, c'est le docteur Veau avait convoqué "pour elle" "une quarantaine de sujets de tous les âges" qu'il avait opérés. Elle précise qu'il les avait "mis en place [...] d'une façon possible alors et qui ne serait pas possible maintenant" puisqu'il "les avait alignés dans la salle d'opération le long du mur", mettant ainsi en exergue une évolution dans la façon de traiter et de considérer les malades par le corps médical entre le début des années 1920 et la fin des années 1970. Le docteur Veau lui avait demandé de les examiner afin qu'il puisse comprendre pourquoi ces "sujets" continuaient à mal parler alors que l'intervention chirurgicale qu'il avait pratiquée était une réussite. ("Je les tous opère bien mais ils ne parlent pas tous bien.") On se trouve ici dans une situation où un médecin, homme, avoue son impuissance ou en tout cas, l'impuissance de son art, et demande de l'aide à une personne doublement extérieure au monde médical puisqu'elle est spécialisée en phonétique et que c'est une très jeune femme (elle a alors une vingtaine d'années). Cette situation inédite est l'un des éléments qui définissent et justifient à la fois implicitement et rétroactivement le statut de l'orthophonie comme '''profession paramédicale exercée par une écrasante majorité de femmes''' (chiffre ?)<br> | ||
Plan poitrine sur le docteur Petit qui a pris la succession du Dr Veau à l'hôpital Saint Vincent de Paul et y a exercé jusqu'en 1975 (dates reprises dans un synthé à (04:18)), qui vient confirmer de son autorité médicale et de ses souvenirs ce qui vient d'être énoncé. Il est debout à côté du schéma d'une division palatine et devant un négatoscope sur lequel sont affichées trois radios. Il ne porte pas de blouse blanche car il est peut-être à la retraite. En effet, comme il est né en 1905, la date de 1975 donnée par le synthé indique probablement la fin de son activité professionnelle. L'émission étant diffusée en 1979 (et donc probablement tournée en 1978 ou 1979), cela signifie qu'il a été replacé dans son cadre de travail antérieur (ou dans un décor qui l'évoque) pour lui redonner l'autorité attachée à sa profession. Il raconte une anecdote particulièrement poignante selon laquelle le Docteur Veau '''sur son lit de mort''' lui aurait dit : "De toute façon, je vous laisse quelque chose : je vous laisse Mme Borel." L'autorité d'un mourant, médecin qui plus est, ne pouvant certainement pas être contestée, le point de départ de l'orthophonie est fixé pour toujours.<br> | Plan poitrine sur le docteur Petit qui a pris la succession du Dr Veau à l'hôpital Saint Vincent de Paul et y a exercé jusqu'en 1975 (dates reprises dans un synthé à (04:18)), qui vient confirmer de son autorité médicale et de ses souvenirs ce qui vient d'être énoncé. Il est debout à côté du schéma d'une division palatine et devant un négatoscope sur lequel sont affichées trois radios. Il ne porte pas de blouse blanche car il est peut-être à la retraite. En effet, comme il est né en 1905, la date de 1975 donnée par le synthé indique probablement la fin de son activité professionnelle. L'émission étant diffusée en 1979 (et donc probablement tournée en 1978 ou 1979), cela signifie qu'il a été replacé dans son cadre de travail antérieur (ou dans un décor qui l'évoque) pour lui redonner l'autorité attachée à sa profession. Il raconte une anecdote particulièrement poignante selon laquelle le Docteur Veau '''sur son lit de mort''' lui aurait dit : "De toute façon, je vous laisse quelque chose : je vous laisse Mme Borel." L'autorité d'un mourant, médecin qui plus est, ne pouvant certainement pas être contestée, le point de départ de l'orthophonie est fixé pour toujours.<br> | ||
Gros plan sur la photo d'un petit enfant porteur d'une fente labiale. L'intervieweuse demande au Dr Petit d'expliquer ce qu'est une division palatine. Il répond, schémas à l'appui, en expliqua,t la différence entre une fente palatine et une fente labio-palatine. Retour sur la photo précédente qui est ensuite remplacé par la photo d'un enfant (peut-être le même) après opération. On ne voit plus qu'une petite cicatrice entre le nez et la lèvre supérieure. À l'aide d'un nouveau schéma, le Dr Petit explique le retentissement possible d'une division palatine sur la phonation et les raisons pour lesquelles l'orthophonie est "absolument indispensable". Il annonce 85 à 90 % de "bons résultats". (06:34)<br> | Gros plan sur la photo d'un petit enfant porteur d'une fente labiale. L'intervieweuse demande au Dr Petit d'expliquer ce qu'est une division palatine. Il répond, schémas à l'appui, en expliqua,t la différence entre une fente palatine et une fente labio-palatine. Retour sur la photo précédente qui est ensuite remplacé par la photo d'un enfant (peut-être le même) après opération. On ne voit plus qu'une petite cicatrice entre le nez et la lèvre supérieure. À l'aide d'un nouveau schéma, le Dr Petit explique le retentissement possible d'une division palatine sur la phonation et les raisons pour lesquelles l'orthophonie est "absolument indispensable". Il annonce 85 à 90 % de "bons résultats". (06:34)<br> | ||
Version du 12 mars 2025 à 14:33
Avertissement : cette fiche n'a pas encore été relue et peut se révéler incomplète ou inexacte.
Pour voir ce film dans son intégralité veuillez vous connecter.
Si vous rencontrez un problème d'affichage du film ou des sous-titres , veuillez essayer un autre navigateur.
Titre :
Mot à mot
Année de production :
Pays de production :
Réalisation :
Intervenants :
Suzanne Borel-Maisonny
Julian de Ajuriaguerra
Michèle Castellengo
Émile Leipp
Tran Van Khe
Claire Dinville
Marie-Rose Mousset
Denise Sadek
Françoise Kadri-Maisonny
Julian de Ajuriaguerra
Michèle Castellengo
Émile Leipp
Tran Van Khe
Claire Dinville
Marie-Rose Mousset
Denise Sadek
Françoise Kadri-Maisonny
Durée :
52 minutes
Format :
Parlant - Couleur -
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :
Corpus :
Générique principal
Contenus
Sujet
Genre dominant
Résumé
Contexte
Éléments structurants du film
- Images de reportage : Oui.
- Images en plateau : Non.
- Images d'archives : Non.
- Séquences d'animation : Non.
- Cartons : Non.
- Animateur : Non.
- Voix off : Oui.
- Interview : Oui.
- Musique et bruitages : Non.
- Images communes avec d'autres films : Non.
Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?
Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?
Diffusion et réception
Où le film est-il projeté ?
Communications et événements associés au film
Public
Audience
Descriptif libre
Notes complémentaires
Références et documents externes
Contributeurs
- Auteurs de la fiche : Élisabeth Fuchs

