Générique : des enfants dans des rôles d'adultes
Le générique accompagné d'une musique au synthétiseur présente des enfants et adolescents en train d'exercer des activités généralement réservées aux adultes (grimper au mât d'un voilier, travailler le bois, plaider au tribunal, nourrir un bébé, faire l'acrobate sur le dos d'un cheval). (00:35)
Séances de démutisation
Plan serré sur deux fillettes habillées de façon identique (probablement des sœurs jumelles) et une jeune femme qui tient la main de l'une des petites pour lui faire sentir son souffle lors de la production du son /f/. Les enfants ont les yeux rivés sur l'adulte. Celle dont elle tient la main imite ses mouvements buccaux. L'adulte prononce plusieurs fois la syllabe /fa/ d'une voix forte en trainant un peu sur la voyelle. Elle pose l'autre main de l'enfant sur son larynx pour lui faire sentir les vibrations correspondant à la voyelle. L'enfant réussit à produire la syllabe de façon approximative, l'adulte sourit. L'angle se resserre sur la fillette qui ne faisait que regarder jusque-là. Elle sollicite du geste la jeune femme qui commence par régler la prothèse auditive de l'enfant qui s'est mise à siffler. L'adulte fait répéter des syllabes commençant par /f/ à la fillette. L'enchainement des phonèmes n'est pas fluide et les voyelles restent imprécises. En particulier, les formes labiales ne sont pas adaptées.
Une voix off explique qu'"à la fondation Borel-Maisony, Hélène, orthophoniste, retrouve plusieurs fois par semaine ses élèves, Béatrice et Nadia, qui sont sourdes profondes." On notera l'utilisation du mot "élèves" qui seraient remplacé par "patientes" de nos jours (2023) et correspond au terme "cours d'orthophonie" encore utilisé dans les années 1980.
Ensuite, Hélène écrit la lettre t sur une feuille de papier. Elle prononce le son /t/ à plusieurs reprises en l'accompagnant d'un petit mouvement du pouce et de l'index. Les fillettes, très souriantes et investies dans l'exercice, essaient spontanément de reproduire à la fois le son et le geste. L'orthophoniste forme une toute petite boule de papier, la pose sur le dos de sa main et la fait s'envoler en prononçant le son /t/. L'objectif ici est de travailler la précision du mouvement rapide d'occlusion de la pointe de la langue contre les dents. Les fillettes considèrent manifestement l'exercice comme un jeu et le reproduisent à tour de rôle. Ensuite, l'orthophoniste leur propose un exercice de discrimination de consonnes : elle prononce une consonne et l'enfant doit montrer la lettre correspondante écrite sur une feuille de papier.
Gros plan sur le visage d'une jeune adolescente qui explique en voix off que son amie Florence et elle-même, Laure, veulent devenir orthophoniste. Elle définit brièvement la profession : les orthophonistes sont spécialisées dans la rééducation du langage. En parallèle, la séance d'orthophonie des fillettes se poursuit. (02:23)
Autre plan très serré sur l'une des fillettes et une autre orthophoniste, Françoise, qui travaillent avec un phonaudioscope. Comme précédemment (mais avec un équipement technologique évolué), l'objectif est de pallier le manque d'informations auditives perçues par l'enfant en le remplaçant par des informations visuelles (geste de la main, tracé de l'appareil) et/ou tactiles (perception du souffle).<
En voix off, Laure demande pourquoi il faut apprendre à parler à ces enfants. Sa question sous-entend une constatation simple : en principe, les enfants apprennent à parler spontanément, sans qu'on ait besoin de leur faire faire d'exercices spécifiques, surtout à un âge aussi "avancé" (Béatrice et Nadia doivent avoir 5 ans environ). La réponse qui lui est donnée insiste sur l'importance de l'audition dans l'acquisition du langage par l'enfant petit et sur l'utilité du langage : agir sur les autres, traduire sa pensée et ses sensations.