{{#widget:Qwant}}

Les infirmières : l'école du dévouement (1964)

De MedFilm PPRD



Avertissement : cette fiche n'a pas encore été relue et peut se révéler incomplète ou inexacte.



Pour voir ce film dans son intégralité veuillez vous connecter.
Si vous rencontrez un problème d'affichage du film ou des sous-titres , veuillez essayer un autre navigateur.

Titre :
Les infirmières : l'école du dévouement
Série :
Année de production :
Pays de production :
Réalisation :
Durée :
42 minutes
Format :
Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Commanditaires :
Archives détentrices :
Corpus :

Générique principal

réalisation : Dominique RETY, production : Françoise DUMAYET

Contenus

Sujet

Présentation de la profession d'infirmier orientée sur les femmes qui la pratiquent.

Genre dominant

Documentaire

Résumé

Dans les hôpitaux et les cliniques, les femmes qui pratiquent la profession d'infirmier sont "à l'école du dévouement", compensant chaque jour le manque d'effectifs par un travail acharné, chargé de lourdes responsabilités. Elles témoignent des conditions de leur métier, comment elles l'apprennent, l'exercent, quelles sont les difficultés et les satisfactions. Les autorités responsables font connaître leurs projets pour l'amélioration de cette profession.

Contexte

La formation des infirmières

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, soigner est un art essentiellement pratiqué par les religieuses. Dès le XIIIe siècle, les soeurs augustines s’occupent des malades de l’Hôtel-Dieu. Elles représentent l’une des principales congrégations religieuses hos­pitalières actives dans les hôpitaux de la Charité, Beaujon (dans sa première im­plantation à Paris), Lariboisière et Saint- Louis. Les religieuses vouent leur vie aux soins apportés aux malades, traités es­sentiellement sous l’angle de la santé spirituelle. Le mouvement de laïcisation amorcé en 1878 amène au départ progressif des reli­gieuses des hôpitaux, où elles n’occupent généralement plus que les postes de sur­veillance. Sont alors formées de véri­tables professionnelles laïques pour une prise en charge médicale des malades et pour leur prodiguer les soins nécessaires à leur guérison.


La circulaire du 28 octobre 1902 qui en­courage fortement la création d’écoles de formation, précise la définition de l’infir­mière : « L’infirmière telle qu’on doit la concevoir est absolument différente de la servante employée aux gros ouvrages de cuisine, de nettoyage, etc. Elle est réser­vée aux soins directs des malades ; c’est la collaboratrice disciplinée, mais intel­ligente, du médecin et du chirurgien ; en dehors de sa dignité personnelle qu’il est essentiel de sauvegarder, elle doit éprou­ver une légitime fierté d’un état que re­lèvent à la fois son caractère philanthro­pique et son caractère scientifique. » Des écoles d’infirmières municipales existent déjà avant la parution de cette circulaire : dès 1878, elles forment éga­lement des servantes et des aides-soi­gnants. Les règles d’hygiène, les notions en petite pharmacie et l’apprentissage de l’art des pansements leur permettent d’apporter tous les soins nécessaires aux femmes en couches et aux enfants.


En 1907 ouvre l’école d’infirmières de l’Assistance pu­blique dans l’enceinte de l’hôpital Salpêtrière. Le règle­ment de l’école reprend les propositions données dans la circulaire de 1902 sur l’hébergement des élèves, ain­si que sur les modules de formation et le recrutement. Les postulantes doivent être âgées de 18 à 30 ans, avoir de bonnes capacités intellectuelles ainsi qu’une bonne condition physique. La scolarité, d’une durée de 2 ans, est gratuite : en échange, les élèves s’engagent à servir l’As­sistance publique en travaillant dans un de ses hôpitaux pendant un certain nombre d’années. Les élèves suivent un enseignement théorique la 1re an­née, puis un stage pour la mise en pratique la 2nde année. Le temps de loisirs et de repos est également prévu dans le règlement. Cette école ne remet pas en cause la création des écoles municipales : on parlera ainsi des « bleues » (en référence au manteau bleu des nouvelles élèves) et des « municipales » pour distinguer l’origine des infirmières. Dans les années suivantes, des écoles ouvrent dans les hôpitaux de la Pitié, Lariboisière, Bicêtre ou encore à l’hô­pital Franco-Musulman (aujourd’hui Avicenne). Cf. https://archives.aphp.fr

Éléments structurants du film

  • Images de reportage : Oui.
  • Images en plateau : Non.
  • Images d'archives : Non.
  • Séquences d'animation : Non.
  • Cartons : Non.
  • Animateur : Non.
  • Voix off : Oui.
  • Interview : Oui.
  • Musique et bruitages : Non.
  • Images communes avec d'autres films : Non.

Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?

De manière générale, le film cherche à combiner des registres différents de contenus et de mises en scène. Il s'attache à l'idée que l'actualité de la vie d'une profession s'adosse à une imagerie que son histoire a créée et dont, de manière fréquente, nous retrouvons des éléments en filmant sa pratique. Ainsi, capter le déroulement d'une opération vise à la montrer comme événement, mais aussi comme situation emblématique de cette pratique, qui requiert une succession protocolaire de gestes dans un environnement aux multiples repères.

Une manière récurrente de mettre en scène les entretiens avec les infirmières est de les montrer au travail, puis de les solliciter par une question qui les amènera, de façon artificielle, à abandonner leur tâche pour avancer vers la caméra et y répondre. Il s'agit d'ancrer les échanges avec les infirmières interrogées dans leur environnement de travail et dans la chaîne de gestes dont elles doivent quotidiennement s'acquitter.

Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?

Ici, le film propose un double regard sur le métier d'infirmière : il s'agit d'approcher ses constantes (les qualités techniques et morales qu'il requiert) en même temps que d'alerter sur la conjoncture dégradée du milieu médical qui met en question la possibilité d'une relève par les nouvelles générations.

Diffusion et réception

Où le film est-il projeté ?

Télévision française

Communications et événements associés au film

Public

Tout public

Audience

Descriptif libre

Compétences techniques et morales

Plan général en angle plat sur un amphithéâtre remplie d'un auditoire de femmes en tenue d'infirmière. Voix off masculine d'une personne qui s'adresse à elles. PLus loin dans le film, le commentaire nous apprendra qu'il s'agit de celle du Dr. Fouquet, chef du service de Phtisiologie à La Salpêtrière : "J'espère vous avoir fait comprendre l'importance des examens que nous pratiquons. Au début de tout traitement de tuberculeux, examens qui sont la garantie d'un succès constant dans le traitement de cette maladie." Cut, la caméra change d'angle à 90° pour montrer un professeur donnant un cours. Panoramique gauche, les infirmières applaudissent, se lèvent, rangent leurs matériel de prise de notes en échangeant entre elles, quittent les travées pour gagner l'allée centrale. Alors qu'elles avancent vers la caméra, au son de leurs conversations vives s'ajoute une musique baroque, solennelle, jouée par une section de cordes. En infographie, le titre de la série apparaît : "L'avenir est à vous".

Le Dr. Fouquet, face caméra : "Les infirmières sont mal connues du grand public. On exige d'elles une connaissance technique qui est considérable et elles doivent manifester des qualités de dévouement qui sont peu communes. Il faut aimer ses malades, aimer son prochain, aimer soigner. Et c'est auprès des malades qui ne guérissent pas que le rôle de l'infirmière prend toute sa noblesse." De cette façon, le médecin insiste sur la combinaison de deux types de qualités qu'exige le métier : la connaissance technique qui permet une pratique sûre, un dévouement de tous les instants jusqu'au dernier du malade.

Conjoncture de la profession

Vue d'un bloc opératoire où des infirmières préparent les instruments, assistent le médecin qui enfile sa blouse, aident l'équipe qui amène le futur opéré sur une civière. Commentaire en off : "Si ce métier exige des qualités de dévouement, il est également de ceux qui posent au monde entier des problèmes graves." Le commentaire cite une information de l'OMS qui constate le manque d'infirmières dans les centres hospitaliers d'Europe, d'Amérique et d'Asie. Le commentaire poursuit en rappelant que si toute la France subissait cette évolution, la région parisienne davantage encore- "en raison même de la concentration de population qu'on y rencontre". Le commentaire poursuit : "A Paris, dans le cadre de l'Assistance Publique, il y a 6000 soignants au chevet des malades, alors que dès maintenant, l'Assistance Publique en aurait besoin de 4000 supplémentaires."

Pendant que le commentaire déroule son exposé, la séquence se poursuit en images sur la préparation de l'opération (disposition des instruments sur la table, orientation de la lampe scialytique...). La musique baroque qui continue accentue son aspect protocolaire, lui donne un effet de cérémonial qui dépasse l'évènement pour rendre sa mise en images représentative de l'activité, la concentration, la technicité, la vélocité gestuelle, la complémentarité des tâches, la panoplie instrumentale propres à toutes les opérations contemporaines. Le commentaire ajoute qu'une légère augmentation des effectifs depuis 1962 témoigne que l'intérêt pour la profession n'a pas diminué. "Mais on redoute les conditions de travail, ainsi que les horaires difficiles à concilier avec une vie familiale normale." Vue sur le dôme de la Salpêtrière, puis sur la cour où des infirmières marchent en groupe dans une allée où circulent également des véhicules. Le commentaire rappelle que le budget de la Santé Publique de cette année (1964) est onze fois supérieur à celui de 1958. "Et depuis octobre dernier, un plan de réforme destiné à améliorer le sort des infirmières a été mis en oeuvre." Le commentaire indique les conditions d'accès aux études d'infirmière, la rémunération prévue, le nombre de places d'internat réservées aux étudiantes "de province" à La Salpêtrière. Ici, le film propose un double registre de perception : il s'agit d'approcher les constantes du métier d'infirmière (les qualités techniques et morales qu'il requiert) en même temps que d'alerter sur la conjoncture dégradée du milieu médical qui met en question la possibilité d'une relève par les nouvelles générations. (03:56)

"Les études sont très difficiles"

Trois infirmières s'activent dans une chambre commune. Elles vont dans le fond de la pièce où; isolées par un paravent, elles disposent des flacons sur une tablette. L'entretien collectif commence. Parmi les trois infirmières, deux sont internes "à l'école des Bleues" (cette école des « bleues » - en référence au manteau bleu des nouvelles élèves - est celle de l'AP, à distinguer des écoles d'infirmières municipales). Une des infirmières affirme qu'une bonne culture générale est nécessaire pour exercer ce métier. Elle détaille les disciplines enseignées pendant sa formation, elle estime que ces études sont très difficiles "parce que nous sommes d'abord fatiguées physiquement étant donné que nous faisons des stages le matin" avant de suivre ces cours et de retourner travailler le soir." Elle précise qu'en plus de la prise en charge des frais d'équipement, l'AP prévoit une rémunération des étudiantes de "3700 anciens francs". Le journaliste : "Comment faites-vous pour ajouter aux 37 francs de chaque mois?" L'infirmière : "Et bien on fait des veilles le samedi" " - Je croyais que c'était votre seul jour de sortie de la semaine?", " - Oui mais c'est aussi le seul où l'on peut gagner de l'argent." Le journaliste évoque l'engagement imposé par l'AP de travailler cinq ans pour cette institution en échange de la gratuité des études. L'infirmière estime que cet engagement "pose un problème": "On est jeunes, on pense à l'avenir, on voudrait se marier." Or, comme ces élèves viennent de province, et que leurs fiancés y vivent aussi, elles en sont éloignées pendant sept ans (le temps de leurs études et le temps de l'engagement). Sourire triste de l'infirmière qui ne cherche pas à cacher la difficulté de la situation qu'elle partage avec ses collègues. Des plans de coupe sur le visage des deux autres infirmières présentes symbolisent cette communauté de conditions qu'elles connaissent. Le journaliste demande à une autre des trois infirmières si elle s'est habituée "à la souffrance". Elle répond "non" avant même qu'il n'ait fini sa question, elle ajoute d'une voix calme mais ferme : "L'habitude, c'est tellement mauvais... On ne s'habitue jamais à la souffrance mais on arrive à la dépasser." Plans de coupe sur les infirmières en action dans la salle commune : l'une soutient une malade qui marche dans l'allée, deux autres réajustent la literie d'une autre malade. (07:24)

"Quand c'est bien fait, c'est remarquable"

Entretien avec une infirmière en chirurgie. Isolée dans le champ, son visage doux et gracile en gros plan, elle répond aux questions avec précision et timidité. En plans de coupe, elle est montrée poussant un chariot dans une chambre où, sous la surveillance de la malade qui la regarde avec attention, elle prépare une seringue, fait un pansement à l'aide de pinces, arrange la literie (elle parle de "nursing" parmi les tâches qu'elle doit accomplir". Elle explique que la technicité du métier d'infirmière l'a poussée à le choisir. Maîtriser celle-ci permet de travailler "rapidement, efficacement", et d'"appliquer la thérapeutique du médecin de façon parfaite". Elle ajoute : "C'est ce qui me plaît, parce que quand c'est très bien fait, c'est dur et c'est remarquable." Elle explique qu'elle aime la médecine, qu'elle a renoncé aux études en médecine à cause de leur longueur. Cette séquence fait le portrait d'une jeune femme qui aurait voulu être médecin et s'est rabattue sur le métier d'infirmier pour s'approcher le plus possible de sa pratique, priorisant la compétence technique. En montrant la passion que cette responsabilité est susceptible d'inspirer, il contrebalance l'entretien collectif avec des infirmières qui insistaient sur les conditions difficiles pour s'y préparer. (09:48)

Façade de bâtiment. Le commentaire évoque les 180 écoles de la Croix-Rouge, établissements privés qui préparent au diplôme d'infirmière. Images de couloir et de salles de soins, le commentaire précise qu'il s'agit des locaux du service de phtisiologie de la Salpêtrière. Nouvel entretien avec une infirmière qui abandonne sa tâche et avance vers la caméra pour répondre aux questions. C'est le procédé récurrent de mise en scène des entretiens depuis le début du film.

Itws d'élèves infirmières : à la question si elles souhaitent se spécialiser, la réponse et l'intérêt sont unanimes / Itw d’une infirmière - garde de nuit / Itw d'une infirmière chez elle : pense qu'être infirmière n'est pas compatible avec le mariage et fonder une famille / Itw d'une infirmière mariée : cherche son enfant à la crèche, explique travailler un dimanche sur sept, que son mari accepte son rythme de travail et l'aide beaucoup à la maison / Itws d'une infirmière spécialisée, de l'infirmière en chef / Itw d'une surveillante générale responsable du service / Itw du Pr. Sicarel : témoigne des caractéristiques de leur profession / Itw de la présidente des associations des Infirmières diplômées d’État : évoque les problèmes du personnel hospitalier

Notes complémentaires

- Emission en deux parties, la seconde est Les infirmières : la province

Références et documents externes

Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Joël Danet