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Reportage sans héros (1973)

De MedFilm PPRD



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Titre :
Reportage sans héros
Année de production :
Pays de production :
Réalisation :
Conseil scientifique :
Durée :
20 minutes
Format :
Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Commanditaires :
Archives détentrices :

Générique principal

Gén. début : Lennauchfilm / 1973

Gén. Fin : Accueil des patients par les docteurs / A. P. Thikonova - E.I. Medvedosky / Film écrit et réalisé par L. Gorin / Consultants : T.V. Vasilieb - L.A. Zlotinikov / Cameraman : E. Ratner / Commandé par le Ministère de la Santé de l'URSS

Contenus

Thèmes médicaux

Sujet

La syphilis : les risques de la contracter, ses symptômes, ses effets. Et aussi : comment l'institution médicale en URSS sensibilise les patientes et patients au danger vénérienet comment ils opèrent leurs recherches pour identifier les chaînes de contamination.

Genre dominant

Documentaire

Résumé

Suite d’entretiens médicaux qui mettent en jeu deux médecins, un homme et une femme, avec des patientes et patients atteints par la syphilis. La fin du film consiste en un dialogue entre trois médecins.

Contexte

Éléments structurants du film

  • Images de reportage : Oui.
  • Images en plateau : Non.
  • Images d'archives : Non.
  • Séquences d'animation : Non.
  • Cartons : Non.
  • Animateur : Non.
  • Voix off : Non.
  • Interview : Oui.
  • Musique et bruitages : Non.
  • Images communes avec d'autres films : Non.

Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?

« Reportage sans héros » : effectivement, ni les médecins ni les patients ne sont mis en scène comme des héros, aucun dans les deux catégories ne se prend le pas sur les autres. Cependant, les médecins ne sont pas montrés comme les patients, le film privilégie leur présence et leurs propos : nous les voyons de face, ils sont parfois isolés dans le champ, tandis que les patients se tiennent de dos au bord du cadre ; par ailleurs, leur temps de parole est beaucoup plus long. La réalisation inspire un sentiment de malaise, elle fait de l’hôpital un lieu anxiogène aux allures de commissariat, avec son noir et blanc épais et contrasté du film, la sous exposition des scènes, les interventions crissantes et dissonantes de la musique, la manière dont la médecin montre sans ménagement les clichés des malades atteints de lésions ou les bébés affligés de déformation.

Reportage sans héros fait allusion à une attitude commune aux personnes exposées à la contamination qui consiste à prendre des antibiotiques avant d'aller voir le médecin. Or l'ingestion récente d'antibiotiques fausse les résultats des examens et empêche la détection du tréponème. Il est étrange, cependant, que ce fait soit mis en scène au moment où les antibiotiques, dans l'Union Soviétique des années soixante, reste difficilement accessible à la population.

Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?

La réalisation fait de l’hôpital un lieu anxiogène aux allures de commissariat, avec son noir et blanc épais et contrasté du film, la sous exposition des scènes, les interventions crissantes et dissonantes de la musique, la manière dont la médecin montre sans ménagement les clichés des malades atteints de lésions ou les bébés affligés de déformation.

Diffusion et réception

Où le film est-il projeté ?

Communications et événements associés au film

Public

Professionnels de la Santé

Audience

Descriptif libre

Montrer le film en train de se faire

Générique début, un carton : "Lennauchfilm 1973". Plan général, entrée de dispensaire voilée par le passage d'un tram. Int. couloir, une infirmière passe l'aspirateur. Panoramique du couloir à une porte, ce mouvement de caméra laisse penser que la séquence est vue en plan subjectif, depuis le regard de quelqu'un qui cherche son chemin. Zoom brutal sur sa surface blanche, raccord avec un fond blanc de carton, musique sinistre et emphatique jouée par une section de cordes. "Les réalisateurs se sont engagés à respecter le secret médical et ne révèle en aucun cas le nom des patients dans ce reportage sans héros." Les mots du titre qui terminent la phrase sont animés, leurs lettres se dilatent sur l'écran.

La porte s'ouvre (toujours le processus du point de vue subjectif à l'oeuvre) sur un opérateur qui apprête une caméra sur pied. Commentaire d'une voix solennelle : "Nous filmerons ce cabinet médical pendant quelques semaines". Une infirmière ouvre une armoire vitrée, y place un autoclave, quitte la champ en jetant un oeil à la caméra. Son visage est sévère. Léger panoramique, deux médecins à un bureau, un homme et une femme." ici sont reçus les patients des médecins : Anastasia Petrovna Tikhonova (gros plan sur la médecin femme) et Evgeny Ionovitch Mevedovsky". Au-dessus d'un rideau fixé à un tréteau, une main brandit un projecteur : la préparation du tournage se poursuit (alors que tournage il y a déjà puisque nous voyons le film avec les images qui le montrent ; L'homme à la caméra de Dziga Vertov, en 1929, avait inauguré ce procédé du film qui montre sa propre préparation alors que le fait de le montrer nécessite une autre préparation qui, elle, ne sera pas filmée). Le film s'assume comme le résultat d'un dispositif expérimental et adopte un point de vue réflexif qui invite le public à prendre conscience que ce qu'il voit résulte d'une fabrication. Le projecteur s'allume, c'est une opératrice qui filme, appliquant un oeil à l'oeilleton de la caméra. Noir, voix en off : "Entrez". (01:33)

"Vous ne valez pas mieux qu'elle"

En amorce bord cadre gauche un bras qui tend un papier au médecin que le commentaire avait nommé Mevedovsky. Celui-ci prend le papier et invite l'homme à s'asseoir. L'homme entre tout à fait dans le champ et s'installe. Nous avons quitté le procédé de caméra subjective. Au médecin qui lui demande la raison de sa venue, l'homme répond d'une voix hésitante : "Je ne sais même pas comment vous le dire". Il ajoute qu'il ressent une douleur en urinant. Le médecin lui demande s'il a constaté un "écoulement purulent", le patient répond non. Le médecin l'encourage à être précis, à ne pas être timide. La franchise, qui favorise une formulation nette des faits, aide au diagnostic. Il l'invite à se déshabiller pour l'examen. Noir à l'image pour signifier une ellipse. Le patient revient s'asseoir face au médecin. celui-ci lui dit qu'il pense à une gonorrhée. "-La chaude pisse? - Oui, c'est son autre nom". Le patient informe Mevedovsky qu'il ressent une douleur depuis trois jours, qu'il espérait qu'elle passerait. IL est chauffeur routier, marié. Il a eu plusieurs partenaires sexuels pendant son déplacement, il a fait l'amour avec sa femme à son retour. L'infirmière tend un papier au médecin, celui-ci le lit et annonce que la gonorrhée est confirmée. Il poursuit son interrogatoire, il le resserre sur sa liaison avec l'inconnue mise en cause : "Quand le rapport a-t-il eu lieu? Avec qui? Où ça?" Il demande que les réponses soient données avec calme. Des faits, pas d'émotion. Des informations, pas une histoire. Il réclame du patient qu'il lui donne des signes distinctifs de la femme. Le patient a un mouvement d'humeur : "Elle est malade et elle se permet..." Mevedovsky lui rétorque : "Vous ne valez pas mieux qu'elle". Son expression ne change pas, quelle que soit le cours de la conversation. Il est impassible, maître de lui, prend un air vaguement surpris quand il recueille des informations sur des comportements qu'il désapprouve. Il dit au patient que sa femme devra être examinée. "Elle ne me pardonnera jamais", répond-il. Il hausse des sourcils pour signifier son détachement. (05:52)

Un verre d'eau pour l'apaiser

Cut, noir, une femme a remplacé l'homme. Nous devinons qu'elle est son épouse, d'autant qu'elle dit : "Qu'il aille ou il veut, mais pas chez moi". Le médecin ajoute que leur fille devra être examinée. "Vous lui donnez le bain et vous partagez probablement une éponge". La femme s'affaisse, sanglote. Le médecin regarde hors champ, demande de l'eau, l'infirmière apporte un verre qu'elle tend à la patiente. Isolé dans le champ, prenant un air grave, il lui enjoint de se calmer, la rassure en lui disant qu'elle et sa fille ne sont qu'au début de la maladie. Mais il poursuit en la mettant en garde : si elle ne se fait pas soigner et qu'elle est infectée, elle s'expose à une maladie qui attaque le corps tout entier, avec des complications sur les organes génitaux internes - l'utérus, les trompes et les ovaires. "Vous aurez des douleurs abdominales, ajoute-t-il, des saignements, et des complications comme des fausses couches, des grossesses extra utérines, et une stérilité incurable". (08:01)

Rappel de la loi

Noir, nouvelle patiente, cheveux longs, pull moulant et mini-jupe, elle se tient de profil, à l'aise et provoquante. Elle dit au médecin qu'elle ne veut pas d'enfants, elle cherche à devancer les répliques du médecin pour le dominer. Quand il lui annonce qu'elle a contracté une gonorrhée, qu'elle devra "suivre un traitement sérieux et long à l'hôpital", elle cherche encore à tourner la chose à la plaisanterie. "Une gonorrhée aussi avancée est dure à traiter", lui explique-t-il avec un froncement de sourcils significatif. Il passe au registre judiciaire en lui rappelant le contenu d'un décret du présidium du soviet suprême qui prévoit que le fait d'exposer "sciemment autrui à une contamination vénérienne est passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à deux ans, de travail correctionnel pouvant aller jusqu'à un an". Il continue la lecture des causes aggravantes, la femme cesse de tenir tête, répond "Compris" en baissant la tête. Il la regarde avec insistance en lui expliquant que cette situation l'oblige à suivre un traitement, parce que le fait d'éviter une prise en charge en se sachant contaminé est aussi passible de prison. "Veuillez signer que vous avez lu le décret", ajout-t-il en lui tendant le papier qu'il vient de lire. Elle s'exécute, tête basse, brisée par le rappel implacable de la loi soviétique qui encadre l'action sanitaire. (10:03)


Contributeurs

  • Sous-titres Anglais : Élisabeth Fuchs, Ivan Melnik, Natalia Egorova, Thibault Riegert-Messager, Vincent Zvenigorosky
  • Sous-titres Français : Élisabeth Fuchs, Ivan Melnik, Natalia Egorova, Thibault Riegert-Messager, Vincent Zvenigorosky